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Afrique : le cercle vicieux de l’importation des produits alimentaires

En faisant quelques recherches sur la possibilité de vendre des viandes produites au Bénin sur d’autres marchés africains, je me suis rendu compte que le mal dont souffre le Bénin, est panafricain. Tenez pour le cas du Bénin, le poulet morgue coûte environ 1200f le kilo. Produire localement, pour être rentable aux éleveurs, le kilo doit être vendu à 1800f en moyenne. Au Cameroun, la viande de lapin importée du Brésil coûte 7000f. Produire localement, le petit éleveur doit vendre la sienne à 13000f pour rentrer dans ses coûts de production.

Dans nos pays pauvres, peut-on convaincre le consommateur à consommer des produits locaux plus chers au lieu des viandes importées sans tête ni queue dont on ne peut pas prouver l’innocuité ? Ce luxe du consommateur écolo à la recherche des produits bio est encore réservé aux pays occidentaux dont les citoyens ont un pouvoir d’achat. Les Africains n’en ont pas un. Pire, les restaurants et les maquis qui sont portés vers le tout profit se branlent de la santé des consommateurs.

Comment joindre l’acte à la parole quand on demande aux jeunes de se lancer dans l’entrepreneuriat ?

 En effet, les institutions bancaires et de crédits sont réfractaires aux prêts aux entreprises naissantes. Pour les quelques jeunes qui émergent et réussissent à placer des produits sur le marché, il se trouve confrontés à cette concurrence sauvage des grossistes.

Promouvoir les éleveurs locaux et l’entrepreneuriat, c’est prendre des mesures courageuses. Les gouvernants de nos États doivent sortir du piège de l’immédiateté des recettes douanières au profit d’un travail sur le long terme qui sortirait définitivement entre 50 à 100 mille jeunes de la précarité. La Côte d’Ivoire et le Sénégal l’ont fait par le biais des moratoires de cinq ans obligeant ainsi ceux qui veulent investir dans ces filières à venir s’installer sur place ou à vendre même plus cher que la viande localement produite. Le Nigéria est dans cette même dynamique en ce qui concerne le riz.

Le défi est là. Il y a un prix à payer pour pousser les jeunes vers l’entrepreneuriat. Sinon l’entrepreneuriat des jeunes restera un vain slogan. Pendant que l’Afrique consacre 50 milliards de dollars à l’importation des produits alimentaires, il y a matière à réflexion surtout qu’on annonce que ce chiffre pourrait grimper à 110 milliards de dollars à l’horizon 2025 si la courbe n’est pas inversée.

J.D.B

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  1. […] alimentaire dû à la durée de vie limitée de certains produits. Ceci, grâce à la  demande des produits alimentaires répondant à certaines normes […]

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