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Bénin/ Vallée du Sitatunga : une biodiversité d’exception à quelques Km de Cotonou

À cheval sur les communes d’Abomey-Calavi, de Sô-Ava et Zè, la vallée du Sitatunga épate par son paysage magnifique. De la flore à la faune en passant par les produits agroalimentaires naturels, elle est devenue une destination touristique incontournable avec son animal mythique : “le Sitatunga’’.

À perte de vue, une verdure imposante. De près, à Zinvié sur le site d’accueil de la vallée du Sitatunga, le visiteur semble retrouver la paix. Ainsi en était l’état de la vingtaine de jeunes venus faire, le 30 novembre 2019, la découverte de cette biodiversité, située à 30 km de Cotonou. « Quelle nature ! Je ne m’attendais pas à de pareilles merveilles si proches de Cotonou », s’exclame Hugues Diogo, un des visiteurs. Sur place, tout est calme. C’est le contraste avec le paysage urbain traversé du centre-ville de la capitale économique en passant par la cité dortoir Abomey-Calavi.

En face de cette ambiance naturelle, l’admiration prime dans les regards qui attendent justement de tout savoir des explications de notre guide Modeste Hodonou dont le sens de l’humour cache bien son expertise. « La vallée du Sitatunga est caractérisée par des vallons et un écosystème marécageux. La présence d’habitations, de marécages et d’animaux et de végétation traduit le lien entre les Hommes et l’écosystème », explique-t-il.

Promue par le  Centre Régional de Recherche et d’Education pour un Développement Intégré (CREDI-ONG) depuis 2007, la Vallée du Sitatunga est un Parc naturelle de près de 70.000 hectares. Elle s’étale sur trois communes, onze arrondissements et regroupe plus de 1 000 espèces végétales et animales.

Un refuge animalier

« Plus près de vous ». C’est un circuit qui conduit droit au temple de la faune. On y retrouve le crocodile nain, un ovipare qui vit dans les marécages. Dans un compartiment derrière la salle de réception  est logé une dizaine d’aquariums soigneusement rangée qui porte chacun le nom scientifique d’un échantillon de poisson parmi la cinquantaine d’espèces que l’on peut retrouver dans la Vallée.

Dans le rang, on distingue nettement l’Hémichomis rouge mâle qui séduit par son teint brillant.  De là à une autre antichambre, les différents rongeurs composés de rats de Gambie, souris domestiques, rat brun, loir africain, rat rayé, l’athérure africain, l’aulacode, l’écureuil font leur petit malin. Un sublime reptilarium gardé par sa majesté le jeune roi Python de plus de 4 m nous révèle une richesse herpétologique imense. Mais l’espèce qui semble le plus retenir l’attention, c’est le Sitatunga, l’animal qui prête son nom à la vallée. « C’est le plus gros gibier du Sud Bénin qui peut faire  jusqu’à  1m30 au garrot et qui a cette capacité de vivre dans l’eau. C’est la seule antilope inféodée aux zones marécageuses », confie Modeste Hodonou.

Une flore diversifiée

« Andansonia digitata ». Connue sous le nom de Baobab, cette espèce devient de plus en plus rare. Certains, voire la majorité des visiteurs ne l’ont découvert pour la première fois que dans cette vallée. Pourtant, c’est une espèce qui a traversé, selon notre guide, plus de cinq siècles. De la plantation d’ananas au centre de production halieutique, les plantes médicinales dominent cet espace.

Sauver le Sitatunga

Si le parc communautaire offre tant de merveilles, il n’est pas encore assez soutenu pour contribuer à rendre le monde plus vert et bleu comme le visent les promoteurs. Les difficultés d’accès au foncier et de moyens financiers sont les obstacles auxquels, ils sont heurtés. « Il faut disposer d’espace pour pouvoir donner de meilleures conditions de vie aux animaux et de terrains d’expérimentation des pratiques de certaines techniques agricoles. Aussi, le nerf de la guerre étant l’argent, cela nous pose un gros souci. Car, plus de 80% de nos ressources sont externes », se désole notre guide. Pourtant, cette vallée est si attrayante qu’elle peine à relâcher ses visiteurs. Le temps d’une courte pause pour reprendre la route, on finit par être emportée par le sommeil. Puisque, « il est si doux ce milieu ».

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1 commentaire

  1. […] jeudi en début d’après-midi, nous avions donc rendez-vous pour visiter la réserve naturelle communautaire de la vallée du sitatunga, du nom d’une antilope aquatique vivant en zone humide, présente sur le site. Nous avons pu […]

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