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Dégradation des Zones humides : les journalistes environnementalistes tirent la sonnette d’alarme

Les écosystèmes humides sont en souffrance au Bénin. Face à ce constat inquiétant, le magazine « Mon environnement, ma vie » du lundi 10 février 2020 a abordé la thématique. Ce rendez-vous de la radio Océan Fm a reçu Fulbert Adjimehossou du quotidien Fraternité et Romain Dékadjevi de radio Tokpa, tous deux journalistes environnementalistes pour appeler à une prise de conscience.

L’heure est grave ! Il faut agir ! Ce sont là les cris de cœur des deux invités de ce numéro du magazine porté par le thème ”Quel est le rôle des médias pour une gestion efficiente des ressources naturelles par les populations’’. Selon Fulbert Adjimehossou, les zones humides sont menacées par l’urbanisation et leur occupation anarchique par les populations qui en font parfois des dépotoirs d’ordures sauvages. Pour lui, il y a une forte régression des écosystèmes humides à Cotonou.

Allant dans le même sens, Romain Dékadjevi explique que l’espace vert d’entre temps est transformé en une couleur grisâtre. Ce qui pose une fois encore la problématique de la politique de verdissement des milieux urbains. À titre illustratif, Fulbert Adjimehossou a évoqué les infrastructures socio communautaires telles que les centres de santé, les maisons des jeunes, des collèges qui sont érigés dans ces zones. À l’en croire, le code du foncier, la loi-cadre sur l’environnement et la convention de Ramsar ne sont pas vraiment respectés.

Les médias interpellés

De ce fait, la presse qui a pour rôle de rappeler les textes régissant ces zones est interpellée. En guise de solutions, Fulbert Adjimehossou propose que les médias inversent la tendance en provoquant le changement par la diffusion des images ‘’choquantes ’’. « Aujourd’hui, je ne pense pas qu’on puisse encore continuer dans le même sens que ce qui est fait jusque-là. Il faut choquer les gens. Il faut leur faire comprendre par exemple que leur suivie sera menacée quand les mangroves vont disparaître », a-t-il laissé entendre. À l’en croire, cette action aidera à appeler les différents acteurs à leur responsabilité. Romain Dékadjevi, pour sa part suggère une coalition des efforts des professionnels des médias spécialistes des questions environnementales. Un moyen, qui selon lui fera une boule pour vraiment impacter la population. Néanmoins, le canal de diffusion des messages reste encore un problème.

À travers des propos recueillis, le doyen Didier Hubert Madafime soutient qu’en matière de sensibilisation sur la biodiversité d’une population en majorité analphabète, le recours aux langues nationales est indiscutable. « Vous savez que nous sommes à peu près 80 % d’analphabètes au Bénin. Donc si nous travaillons avec les 20 % de la population, je crois qu’on aura tout faux », précise le doyen. Pour lui, ceux qui vivent dans les milieux où se trouve encore la biodiversité sont les populations qui ne comprennent pas la langue française.

Un point de vue approuvé par les deux jeunes environnementalistes talentueux qui pensent qu’il faut mettre l’accent sur la communication à travers les langues nationales aussi bien au niveau des radios locales et de proximité qu’au niveau des télévisions nationales. De ce fait, « un renforcement des animateurs spécialistes des questions environnementales en langues nationales s’impose », a conclu Romain Dékadjèvi.

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