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Développement de la Chaîne de valeur banane plantain: Athiémé porte aux nues le projet Avlanto-Bénin

La mise en œuvre du projet Avlanto-Bénin a donné l’occasion aux femmes des zones productrices de bananes plantain identifiées, d’être formées sur la transformation de ce fruit. Trois mois après leur formation, des initiatives ont pris corps. À Athiémé, le constat est épatant.

Jeudi 23 janvier 2020 à Don Agbodougbé, village situé à environ 6 km du centre-ville d’Athiémé au Sud-Ouest du Bénin. Sur place, dans cette localité secouée en décembre dernier par le phénomène d’artésianisme (Phénomène de jaillissement d’eau souterraine à la surface du sol), tout est calme. De loin, un étalage force notre regard. La propriétaire, dame Joséphine Amoussou, la trentaine, nous ouvre ses bras. Entourée des siens et assise derrière l’étalage de chips et de farine de banane, elle donne l’air d’une commerçante accomplie. Curieux d’en savoir sur son parcours, nous l’abordons et c’est avec entrain qu’elle se confie à nous.

« Tout a commencé après ma formation sur la transformation de banane organisée par le projet Avlanto. Un jour, j’ai coupé un régime de banane que je voulais vendre à une collectrice. Cette dernière a proposé 800 F CFA comme prix de cession. Vu la grosseur des bananes, j’ai décliné l’offre. Du coup, l’idée m’est venue de les transformer. J’ai donc déboursé 1200f pour payer un litre et demi d’huile. Et, avec un couteau, du fagot de bois et autres matériels dont je disposais déjà dans ma cuisine, j’ai fait ma toute première application des connaissances apprises sur la transformation de la banane non mûre en chips », nous confie-t-elle.

Mais, durant ce processus de transformation, tout n’aura pas été rose pour notre novice. Très tôt, elle s’est heurtée à la découpe fine des rondelles de banane. « La découpe ne faisait pas partie de mes habitudes. Ça a été très fastidieux pour moi. Mais avec la volonté, je me suis appliquée et ça en valait le coup. La preuve, voyez mes chips de banane croustillants qui n’attendent que les palais pour se fondre entre les dents », laisse entendre Joséphine, enthousiaste.

chips de banane

Des chips, la population d’Athiémé en raffole

Passée cette étape, elle a tout de suite mis le cap sur le conditionnement de ses produits. « Ils ont été conditionnés pour être vendus à 100 FCFA l’unité. En deux jours, j’ai pu écouler ma production. Ce qui m’a permis de faire un chiffre d’affaires d’environ 6000 FCFA », fait-elle savoir. L’engouement à la cause n’est pas anodin. L’anecdote se raconte. Aux dires de Joséphine Amoussou, elle est allée au centre social d’Athiémé le jour de la dernière distribution des Moustiquaires imprégnées d’insecticide longue durée (Mild) aux populations. En ce lieu, il lui a fallu à peine trois acheteurs des chips pour que la vente commence par grimper. « Un des acheteurs me disait “Akouékouénon” (vendeuse de banane en langue fon), si tu n’enlèves pas ta marchandise de mes yeux, je risque de bouffer tous mes jetons. Ce qui a fait rire l’assemblée. Du fond de moi, j’étais fière de moi-même. Un sentiment de fierté que je dois au projet Avlanto, initiateur de cette formation reçue à Zê », martèle-t-elle. Ainsi Joséphine concrétise le proverbe selon lequel, goutte à goutte, l’eau creuse la pierre.

« Je vends un régime de banane transformé en trois jours»

Depuis son expérience au centre social, la désormais vendeuse de chips est adulée. Athiémé est conquise. Vieux, vieilles, adultes, jeunes et enfants en deviennent des mordus. Le marché, Joséphine l’étendra aussi aux élèves.

« J’ai commencé par proposer mon chips de banane aux élèves aux heures de pause et par moment, je fais la vente ambulante. Petit à petit, le nombre de mes clients augmente. Actuellement, quand je reste sur mon lieu de vente, en trois jours, je vends un régime de banane transformé.  Ce qui fait une source de revenu de plus pour moi. C’est important », conclut Joséphine.

La farine de banane plantain, une réalité à Athiémé

À 50 m de Joséphine, Angèle Agbati. Des chips à la farine de banane, la chaîne de valeur plantain a enflammé Athiémé. « Quelques jours après la formation, je me suis lancée dans la production de farine de banane conformément à la technique apprise. C’était une innovation. Depuis la formation, j’avais hâte d’essayer. Je voulais être pionnière dans ce domaine d’activité. C’était là, toute ma motivation », fait-elle comprendre. En entrepreneure avertie, sa première production, elle va la soumettre à l’appréciation de sa famille avant son élargissement à la clientèle.  « Mes enfants ont aimé la bouillie surtout quand j’y ajoute un peu de lait. Pour la pâte, mon mari m’a confié qu’elle est tendre et appétissante. De plus, pour ne pas trahir les secrets, elle est tonifiante… », confie Angèle le sourire large.

Seulement, relate-t-elle, les rares clients qui se sont procuré de la farine dans le village ont témoigné de la qualité nutritionnelle et organoleptique du produit. Mais, pour ces derniers, et la plupart des prospects, le coût est relativement élevé comparativement à la farine de maïs. Il faut donc agir et, la panacée, elle ne tardera pas à la trouver. « J’ai dû me tourner vers le marché de Lokossa ; ville située à 20km environ de Athiémé. À ce niveau, la clientèle se développe petit à petit.  Ceux qui se sont intéressés très tôt à ce produit commencent à l’adopter. Ainsi, certains m‘appellent et me demandent de l’amener au marché le jour du prochain marché », argue l’innovatrice. À l’en croire, sa commercialisation augure de bonnes perspectives. Même les difficultés liées à l’étiquetage ne la désarment pas. Angèle Agbati reste confiante. Avlanto aura conquis son cœur.

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5 comments

  1. Bien vouloir revoir le témoignage de Dame Angèle agbati… Lokossa fait 7 km d’athiémé et non 64km.. merci
    Au passage je souhaite du courage a toutes les deux femmes et prie le projet avlanto de bien vouloir élargie son champs d’oeuvre car athiemé est une mine d’or pour l’agriculture Béninoise…

  2. Asshoudji dit :

    C’est très cool. Ce prpjet a vraiment reveillé l’esprit de ses transformatrices qui disposaient de la matiére premiere mais n’avaient pas l’idée de la transformer pour augmenter ça valeur ajoutée. Merci à l’initiative AVLANTO BENIN.

    • ZOOM AGRO dit :

      merci de vous abonner à notre boite de notification pour être informé de l’actualité agricole en temps réel

  3. Cet article est l’un des meilleurs articles sur lesquels j’ai lu: Développement de la Chaîne de
    valeur banane plantain: Athiémé porte aux nues le projet
    Avlanto-Bénin
    J’ai trouvé un secret japonais qui m’a aidé à perdre 1 kg en seulement 3 heures
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    Bisous! 🙂

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