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Fabrication de Gerbes de Fleurs à Cotonou : Une offre pas toujours généreuse

Bien d’hommes se dévouent par leur métier à honorer la mémoire des illustres disparus par la fabrication des gerbes de fleurs. Ceux-ci, en dépit de tout l’acharnement dont ils font montre n’ont pas toujours un gain reluisant. Un temps passé en leur compagnie nous en convainc. Reportage…

18h30 : heure de pointe. A Cadjèhoun, non loin du supermarché Mont Sinaï, la circulation est dense et il est impossible de rouler à une vitesse normale. Un embouteillage monstre se fait tout de suite remarquer. Les piétons attendent la mine frustrée que le feu passe au rouge afin de traverser le goudron. Non loin de cette ambiance, une femme de teint clair portant une camisole violette, les lunettes sur le nez, s’impatiente. A ses côtés se trouve Marcellin Soglo, un fleuriste qui charge des gerbes de fleurs et d’autres variétés de fleurs composées dans la malle arrière de sa voiture. Cinq minutes après, la dame paie le fleuriste et démarre le véhicule.

« Ça n’a pas toujours été ainsi… »

Une diversité de plantes florales, des gerbes exposées de part et d’autres dans cet atelier, c’est ce qui attire l’attention. Occupé à agencer des fleurs afin de répondre aux exigences d’une commande datant de deux jours, le fleuriste déclare : « Avant, on faisait juste des gerbes, il n’y avait pas de requête et on en était heureux. Ça n’a pas toujours été ainsi. Aujourd’hui, tout a changé. Les clients veulent des gerbes avec des fleurs précises », ajoute Soglo Marcellin. Tout changement implique des fonds et une garantie de la qualité. Cela n’échappe pas au jeune fleuriste. « Parfois certains clients demandent des fleurs que nous ne pouvons trouver et même quand on finit par s’en procurer, le prix auquel on l’achète est vraiment exorbitant. La crise économique n’épargne personne. Le lot de fleurs qu’on prenait à 24 000f a augmenté de prix et on le paie désormais à 30000f voir 32000f », souligne le fleuriste.

Les fleurs, une histoire de passion…..

Un peu plus loin toujours sur l’axe Cadjèhoun-Houéyiho juste avant l’échangeur se trouve Augustin Adjassoho. Accroupi devant des plants de fleurs certainement des lys et œillets, il les repique dans un autre pot et les arrose. Il refait la même opération un bon nombre de fois. « Il n’y a rien de plus beau que les fleurs. Mon père était fleuriste et moi-même je le suis. Les fleurs pour moi, c’est plus qu’une histoire de passion », affirme le jeune homme, le regard souriant. Pour lui, les gerbes de fleurs sont une de leurs spécialités car connu pour leur utilisation massive lors des enterrements, des célébrations mortuaires. « Lors de cette manifestation, les clients peuvent choisir les fleurs artificielles ou naturelles. Dans tous les cas, les prix diffèrent et eux-mêmes le savent. On n’a pas besoin de leur dire que les fleurs artificielles coûtent plus chers que celles naturelles car on ne les plante pas », explique Augustin. De son côté, Marcellin approuve. « Au moment où l’on fait les gerbes de fleurs naturelles à 10 000f par exemple, celles artificielles seront à 15 000f », précise-t-il. A l’en croire, une gerbe de fleurs artificielles n’est pas à la portée de tous.

Les gerbes, pas très rentable ?

Bec de perroquet, aster jaunes ou violet, pandanus, lys, fleurs des tropiques, roses… Voilà la plupart des types de fleurs qui entre dans la conception d’une gerbe de fleurs. « Nous utilisons différents types de fleurs pour réaliser une gerbes mais ce que nous gagnons ne suffit pas pour nourrir tout une famille. Heureusement qu’il y a d’autres marchés comme la composition de fleurs pour les anniversaires et mariages sinon on ne survivrait pas », soupire Marcellin. A la question de savoir si, faire cette composition est rentable, Augustin lève ses mains au ciel et remercie le Seigneur. « Les semaines ne se ressemblent pas chez nous. Des fois, tu peux avoir trois clients en une semaine et parfois tu peux en avoir cinq ou six. A vrai dire, ce n’est pas si rentable que ça, on apprend à s’adapter à sa situation », martèle-t-il. Il n’y a pas de sot métier mais celui de fleuriste n’est pas des plus simples surtout quand il s’agit de faire des gerbes de fleurs. Un regard dans leurs univers, ferait du bien à plus d’un.

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1 commentaire

  1. […] d’ailleurs toute sa fierté d’hériter cette passion de ses parents, puisque pour lui, les fleurs nourrissent aussi les humains. « Dans le secteur horticole, il y a de la fortune. Grâce à ce […]

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