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Protection de forêts au Bénin: une disparition en douce de l’arbre à karité

Le constat est inquiétant. Les parcs à  karité tendent vers une extinction progressive au Bénin. Ceci, malgré le cadre juridique qui régit la protection des forêts…

 D’après les acteurs de la filière karité, les parcs à karité sont abattus pour quatre principales raisons : la fabrication du mortier, du charbon, l’installation de nouvelles cultures et l’industrie du bois. Selon ‘’l’étude diagnostique des contraintes, opportunités de la législation forestière et des pratiques réglementaires pour la protection du karité’’ réalisée par l’Association Karité Bénin (Akb), « les pourcentages de destruction des parcs à karité sont de 35 % pour la fabrication du mortier, 24,43 % pour la fabrication du charbon, 16,79 % pour l’installation de nouvelles cultures, et  13, 25 % pour l’industrie du bois ». Avec comme principaux outillages, les feux de brousse et la tronçonneuse.

Le karité ou arbre à beurre (Vitellaria paradoxa ou butyrospermum parkii) est d’ailleurs classé sur la liste des espèces menacées de l’Union internationale pour la conservation de la nature (Uicn). Au Bénin, cette action anthropique que subit l’arbre à karité ne participe pas à la préservation de cette ressource forestière en raison du temps de production fruitière. En effet, il faut au moins quinze ans pour qu’un arbre à karité  donne ses premiers fruits. En plus de ce facteur, « Le karité ne bénéficie ni de lois ni de textes particuliers pour sa protection et conservation ». Ce qui contribue hautement à sa disparition. Pourtant, il y a de l’intérêt à préserver les parcs à karité.

Sauver les arbres à karité

En réalité, l’urgence de sauver les ressources forestières comme l’arbre à karité participe de la mise en œuvre des 17 objectifs de développement durable. À l’occasion de la Journée internationale des forêts édition 2020 placée sous le thème « Forêts et biodiversité », le Secrétaire général de l’Organisation des nations unies (Onu), António Guterres conviait à la mobilisation. « En 2020, la nature fait l’objet de toutes les attentions : ce doit être l’année où nous inversons la tendance de la déforestation et de la disparition de forêts », lançait-il.

L’Intérêt économique

Le karité est la troisième filière pourvoyeuse de devises pour le Bénin après le coton et l’anacarde, alors que c’est seulement 30% des noix qui sont ramassés chaque saison. La production moyenne est de 15 à 20 kg de fruits frais par arbre, soit 3 à 4 kg d’amandes sèches commercialisées pour un prix moyen de 100F/Kg.

Aussi, le karité est considéré comme ‘’l’or de la femme’’. Environ 500 000 femmes rurales vivent de ça au Bénin. Sa production couvre « plus de 20 communes dont les populations ont pour activités, le ramassage des noix, la transformation des amandes en beurre et la commercialisation des amandes de karité ».

Par ailleurs, avec l’introduction du beurre de karité dans l’industrie alimentaire, la demande mondiale en beurre de karité bio s’est accrue. D’où l’intérêt des entreprises béninoises à se positionner sur ce segment de marché. Un véritable marché de niche en pleine croissance dont la part mondiale en 2018 est estimée à plus de 100 milliards d’euros.

Sur ce, ces entreprises offrent un prix conséquent pour les noix issus des parcs à karité. Ce qui constitue une plus-value aux  femmes ramasseuses. À titre illustratif, Africa Green Corporation, société spécialisée en économie verte avec l’appui du projet Parasep met en place une unité de transformation de beurre de karité bio équitable à Ouénou à N’Dali destinée pour le marché européen et américain. De ce fait, il est important que les autorités communales de ces localités œuvrent pour une gestion durable des parcs à karité. Car, ceux-ci constitueraient aussi une source d’entrée de devises à ces communes par le prélèvement des taxes de développement local.

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2 comments

  1. KOMA BIO Issiakou dit :

    C’est vraiment desolant la situation actuelle de nos parts à Karité

  2. […] la crise sanitaire engendré par le coronavirus. Ainsi, comme le coton, le cajou et l’ananas, le karité ne pourra pas bien s’exporter cette campagne 2020. Et pour cause, la baisse continue des prix des […]

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