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Bénin/Cajou, Coton, ananas : La covid-19 détraque l’économie agricole

Alors qu’il s’égrène encore dans les usines, le coton, ‘’même déjà vendu au filateur ne part plus’’. Les cours du coton sont en chute libre sur le marché. De son côté, l’ananas à l’export est réduit à zéro. Le prix du cajou, lui, est passé au rabais et manque malgré cela d’acheteurs. Entre-temps, le transit des produits agricoles entre le Sud et le Nord s’essouffle. Bref, la pandémie de la covid-19 de par sa suite, frappe de plein fouet les agriculteurs béninois.

BÉNIN CAJOU

Campagne cajou 2020 infectée

L’exemple le plus frappant est sans doute celui des petits producteurs d’anacarde contraints pour l’instant de liquider leur cajou pour survivre face à la crise. Les prix minima sont passés à 100 F Cfa le kilogramme loin du prix plancher (325 F Cfa) dans certaines zones de production au Nord Bénin.  Les gros acheteurs étant toujours absents des marchés. Toutefois, en dépit de l’incertitude autour de la campagne, les grands producteurs préfèrent conserver leurs noix en espérant que la situation s’améliore. Or, très peu disposent de bons moyens de conservation du produit alors même que la saison des pluies s’annonce. Et, du cajou au coton rien n’est moins sûr…

Quid de la campagne coton 2021

Contrairement au cajou, les producteurs du coton ne vivent pas encore l’effet direct de la crise. Ce sont les exportateurs (négociants) qui sont entre le marteau et l’enclume. Les coûts de la fibre sont au plus bas depuis la crise de 2008. Le prix mondial de la fibre ne couvre même plus les coûts de revient. Le Bénin, premier pays producteur du coton en 2019 en Afrique, risque de sortir de  cette crise avec de graves impacts socio-économiques.

« Au Bénin, la campagne cotonnière 2018/2019 a atteint 678 000 tonnes. Cette production correspond à près de 180 milliards F CFA répartis entre acteurs (cotonculteurs, égreneurs, distributeurs d’intrants, transporteurs, Institutions de microfinances, banques etc.) », révèle l’étude sur l’importance socioéconomique du coton et développement des chaînes de valeurs à partir des co-produits.

Au regard des faits, toutes ces performances peuvent être plombées. Ceci, en raison de la chute des cours du pétrole. Conséquence, le coton fibre naturelle subit la concurrence des fibres synthétiques de coton qui sont devenues moins chères. Ainsi, avec les prévisions actuelles, le prix aux producteurs devrait baisser la saison prochaine.

L’ananas à l’export réduit à zéro

« Plus de vol, plus d’expédition aérienne d’ananas. Frontière fermée, plus d’ananas au Nigéria et dans la sous-région ». Ce fruit exotique dont la variété pain de sucre du Bénin est très prisée sur le marché européen n’arrive plus à atteindre ses consommateurs internationaux. Ce qui réduit à zéro l’exportation de l’ananas à cause de la fermeture des points d’entrée sur ces territoires.

Le hic est que la crise due à la  covid-19 coïncide avec la période de pâques qui est une bonne période d’explosion des ventes d’ananas en Europe après la période des fêtes de Noël. Les exportateurs du Bénin comptaient sur cette période pour profiter des difficultés de ses concurrents et accroître de tiers le volume à l’export de l’ananas cette année. Une ambition désormais en stand-by. Ce qui rend la situation de ces derniers très difficile. Ainsi, les difficultés ne se feront pas attendre. Il s’agit entre autres, du non-respect des engagements des exportateurs vis à vis des producteurs, des difficultés de ceux-ci d’honorer à temps leurs engagements vis-à-vis des institutions financières.

Quid de l’économie agricole

Le coton, le cajou et l’ananas contribuent à eux seuls à plus de 10% au PIB du Bénin contre 35.3% au PIB du secteur agricole. Les bonnes performances enregistrées autour de ces trois cultures phares d’exportation influent positivement sur la productivité des autres filières en particulier les vivriers. Autrement, quand le coton, le cajou et l’ananas se portent bien, les autres cultures se portent aussi bien. On en était-là avant que n’arrive l’hécatombe…

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