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Agribusiness : le calvaire du 1er producteur mondial de noix de cajou

La Côte d’Ivoire, champion mondial de noix de cajou, subit durement les impacts de la pandémie du covid-19 pour ce qui est de la filière anacarde. À l’heure actuelle, soit environ trois mois après le confinement partiel du pays et l’isolement du Grand Abidjan, épicentre de l’activité économique, le cajou ivoirien a du mal à être exporté. Pourtant, la filière noix de cajou dépend à 90% de l’exportation. Elle est surtout orientée sur le marché asiatique notamment l’Inde et le Vietnam. Malheureusement, ces pays d’Asie ont mis en place aussi le confinement, et les usines de transformation sont donc à l’arrêt. Du coup, les intermédiaires n’arrivent plus à exporter la marchandise vers ces destinations.

« Au port d’Abidjan, on estime la baisse de l’activité à au moins 15 % depuis le début de la pandémie par rapport à 2019 » rapporte Jenna Le Bras du journal le Figaro. Au même moment, à Tiébissou au centre du pays dans l’entrepôt de Soumahoro Issa les noix de cajou y sont encore. « J’ai réussi à faire partir 40 tonnes, mais il nous en reste encore plus de 80 à écouler », se désole-t-il. Une situation qui a fait chuter le prix au kilo du cajou. Pour un prix plancher fixé à 400fcfa/kg, les prix minima sont passés à 100FCfa/kg dans certaines localités au moment où le confinement était de mise. Ce qui a poussé l’État ivoirien a lancé un plan d’aide de 53 millions d’euros pour soutenir la filière. Une volonté politique qui peine à se concrétiser. Conclusion, les sacs de cajous souffrent encore dans les magasins ou font face à la poussière et à l’humidité.

Le financement, une des causes de cette situation

Pour certains spécialistes de la question, les banques ont fortement réduit leurs lignes de crédit. Les prêts ont baissé de 20% à 40% environ.  Une situation qui n’aurait pas permis aux exportateurs de préfinancer convenablement les grossistes comme d’habitude. Car, faut-il le rappeler ces derniers sont payés lorsque la cargaison est au port (prix FOB). Ainsi, donc, les capacités d’achat   de ces exportateurs sont limitées. Par ricochet, ils n’ont plus les capacités d’acheter autant de noix de cajou dans les zones de production.

Par ailleurs, « le Nigeria et le Ghana s’en sortent mieux que leurs concurrents de l’UEMOA. Leur campagne de noix de cajou est plus précoce. Et les banques ont été moins frileuses que dans la zone franc de la Communauté financière africaine (Cfa). La chute de la monnaie nigériane comme de la monnaie ghanéenne ont en outre encouragé les exportations de noix de cajou, rémunérées en dollars ».

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