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Apiculture bio et sécurité alimentaire au Bénin

L’apiculture, c’est l’élevage des abeilles en combinant des techniques permettant de récolter le miel et d’autres produits de la ruche tels que le pollen, la propolis, la cire, etc. Elle est pratiquée dans le monde depuis le XIXème siècle. Dans le contexte Béninois, l’apiculture se pratique presque partout sur le territoire national, mais comment ?

Le Bénin premier producteur de coton, et après…

La production cotonnière est très exigeante en intrants chimiques de synthèse et le pays n’y va pas de mains mortes. Il se trouve que les régions de forte production cotonnière (Borgou-Alibori et Atacora-Donga) sont les zones par excellence où l’on rencontre les formations végétales favorables au développement des abeilles. L’apiculture qui se pratique dans ces zones ne pose-t-elle pas problème ? Les colonies d’abeilles qui échappent à l’extinction (par les insecticides) produiront du miel contaminé par des résidus de pesticides chimiques qui n’est pas sans danger pour la santé du consommateur.

Mais pourtant…

Les abeilles qui se déciment par l’utilisation des pesticides chimiques dans la production agricole au Bénin, sont de véritables pollinisatrices. L’agriculture biologique que l’on a tendance à minimiser peut fortement contribuer à la sécurité alimentaire. En effet, plus les abeilles butinent les fleurs, plus les arbres, les cultures, produiront des fruits de bonne qualité et en quantité (Comlan Coffi Célestin et col).

Ainsi cette fonction de pollinisateur contribue fortement à l’amélioration des rendements des cultures. Mieux, l’abeille est reconnue pour être le meilleur pollinisateur et pour cause. Une abeille est capable à elle seule de butiner 250 fleurs par heure, de stocker sur une seule patte 500 000 grains de pollen. Qu’elle soit sauvage ou domestique, l’abeille pollinise à elle seule 71 sur les 100 espèces de plantes faisant partie de nos ressources alimentaires.

L’espace Union Européenne (UE), un marché de niche

Le commerce international (surtout l’exportation des produits agricoles) n’est utile que lorsqu’il contribue véritablement à réduire le déficit de la balance commerciale. Certes la production cotonnière y participe fortement, mais au détriment de la protection de l’environnement et surtout de la sécurité alimentaire. Par la décision en date du 15 février 2018 et conformément à l’article 29 de la directive 96/23/CE du conseil, le Bénin est placé sur la liste des pays dont le miel peut être commercialisé dans l’espace UE.

Un vaste marché sur lequel le Bénin peut se positionner avec du miel exclusivement biologique. Donc promouvoir l’agriculture biologique au Bénin, c’est en même temps gagner de l’espace pour l’apiculture biologique et satisfaire le marché de niche tout en préservant notre environnement et la santé du consommateur. C’est à cet exercice que s’engage la section Béninoise de Ecological and Organic Agriculture Initiative (EOA I-Bénin).

Joachim N. SAIZONOU (Col)

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