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Bénin/Jna : De 1985 à ce jour que sont devenus les arbres plantés ?

(L’opinion de Koffi Djidodo Bogué)

Planter de l’arbre devient de plus en plus un devoir civique que tout citoyen conscient et soucieux des menaces climatiques est appelé à remplir.

Les plants mis en terre depuis l’institution de la journée nationale de l’arbre au Bénin en 1985 jusqu’à ce jour suffisent pour faire du pays une forêt dense. Mais que deviennent les arbres que nous plantons chaque année ?

En effet, la journée du 1er juin décrétée journée nationale de l’arbre (JNA) au Bénin depuis 1985 est l’occasion de rappeler à tous l’utilité et la nécessité de planter des arbres. Dès lors, les acteurs de tous bords sensibilisent leurs communautés et accomplissent cet acte citoyen avec engouement et détermination au point où, si le Bénin devrait compter tous les arbres mis en sa terre depuis l’institution de cette journée, il sera nécessaire de fournir quelques efforts, pour voir la face du soleil. Mais nous sommes loin de cette heureuse contrainte !

Une enquête réalisée par CRAPER BENIN dans douze (12) établissements scolaires de la commune de Dangbo, département de l’Ouémé, en mai 2020, a révélé que 92% des plants mis en terre à l’occasion de la Jna 2019 dans ces lieux se sont soustraits de la course à la maturité par suite de manque d’entretien et d’agressions diverses.  Ce phénomène illustre le sort des plants mis en terre chaque année, qui répondent absents au suivant rendez-vous du 1er juin pour manque de suivi et d’entretien, créant un cercle vicieux dans lequel, même les quelques rares plants qui arrivent à survivre aux aléas, n’ont pas toujours une longévité garantie. Même l’arbre-symbole des journées nationales de l’arbre au Bénin, planté des mains du Président Mathieu Kérékou au cours de la première édition le 1er juin 1985 n’a pas pu faire abstraction à la règle.  Un symbole perdu, pour des raisons d’extension de la Zone franche industrielle.

La présence constante des menaces de l’avancée du désert, du réchauffement planétaire et des anomalies climatiques nous interpelle à prendre nos responsabilités quant à la protection de notre environnement.

Le reboisement n’est effectif que quand les objectifs qui le motivent sont atteints. L’engagement doit alors durer pendant plus d’une journée pour porter des fruits.

Pour insuffler une nouvelle dynamique à cette noble cause, le thème autour duquel s’est déroulée la campagne de sensibilisation et de reboisement organisée par CRAPER BENIN appuyé par ses partenaires locaux à l’occasion de la célébration de la 36ème journée nationale de l’arbre au Bénin fut : “Faut-il seulement planter des arbres ?[2]

Dans le but d’accroître le sens de responsabilité des uns et des autres en vue d’augmenter les chances de survie des plants qui sont mis en terre chaque année, CRAPER BENIN a fait le choix, à l’occasion de la célébration de cette journée, de sensibiliser durant tout le mois de juin, les populations au reboisement et à l’entretien des arbres. Ce n’est qu’à travers cet exercice que nous pourrons arriver à créer une “économie verte dans une nation verte”.

La cible privilégiée choisie pour cette action fut constituée des apprenants des enseignements primaire et secondaire, pour leur capacité à relayer l’information dans leurs environnements, dans un contexte marqué par les diktats du nouveau coronavirus, et aussi pour le fait que la destinée de notre planète est entre leurs mains.

Au vu des promesses faites lors des JNA d’entretenir les plants, mais qui ne sont souvent pas accompagnées d’effets, il s’avère indispensable d’éduquer et responsabiliser la population à l’entretien des arbres. L’intégration des notions environnementales et écologiques dans l’éducation, tant des jeunes que celle des adultes, permettra d’avoir des impacts plus tangibles.

Le choix des essences de plants et des sites occupe également une place importante dans leur entretien et ne doit jamais se faire sans la collaboration étroite des communautés autochtones.

Rappelons que les bienfaits de l’arbre sont inestimables pour l’existence et la création. C’est pourquoi, à la création du monde, Dieu plaça l’homme au milieu du jardin d’Eden, et lui en confia l’entretien. Cette responsabilité est d’autant plus d’actualité que notre subsistance sur la terre en dépend.

Par Koffi Djidodo Bogué, chercheur, directeur du centre de recherche agricole et de promotion des expertises rurales – CRAPER BENIN

[1] https://zoomagro.com/index.php/2019/09/09/35e-anniversaire-de-la-journee-nationale-de-larbre-au-benin-vers-quel-horizon-avancons-nous/

[2] https://drive.google.com/file/d/1E7w1bkZ6raiPkErzWlusq4dqPGttnvls/view?usp=sharing

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