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ACMA2 : Bilan exercice 2019

Le programme Approche Communale pour le Marché Agricole dans sa phase 2 (ACMA2) vise l’amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations rurales. Ceci, à travers l’amélioration de la productivité agricole et l’accroissement des revenus dans 28 communes du Sud Bénin. En 2019, l’exécution du Programme a révélé que les résultats obtenus au cours de cette année d’exercice sont élogieux bien qu’il y ait des points d’amélioration. Quels sont les indicateurs qui sous-tendent cette affirmation ? Ce dossier bilan y est consacré…

Le pilotage du programme ACMA2 est assuré par un Comité de pilotage (Copil) et un Comité de suivi (Cs). Le Copil est restreint aux membres du consortium (IFDC, CARE Bénin/Togo, et KIT) et à l’Ambassade des Pays-Bas près le Bénin. Le Comité de suivi est élargi aux principaux partenaires locaux et a pour rôle de conseiller et d’appuyer le Copil. De plus, le Programme a développé des partenariats avec d’autres programmes (PADAC, PAIA-VO, PROVAC II) pour faciliter l’atteinte de ses objectifs.

Pour aboutir à sa mission, celle d’accroître les revenus agricoles des acteurs économiques (notamment femmes & jeunes) afin de contribuer à l’amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations, la Théorie de changement (Tdc) du programme ACMA2 repose sur trois chemins. Il s’agit de l’amélioration de la productivité agricole, l’accroissement des échanges commerciaux des produits agricoles et l’amélioration du climat des affaires au niveau local.  

Amélioration de la productivité agricole

L’amélioration de la productivité agricole passe par l’accès collectif des producteurs aux intrants de qualité avec des crédits, l’utilisation des Bonnes pratiques agricoles (Bpa) et l’information stratégique (appui des TIC4Ag) pour augmenter les rendements des cultures pour une offre de produits plus accrue. En 2019, un accent a été mis sur la capacitation des producteurs hommes, femmes et jeunes à travers la mise en place et l’utilisation comme support des Champs pédagogiques de démonstration (Cpd) qui ont permis de former plus de 37 500 producteurs en Gestion intégrée de la fertilité des sols (Gifs)et la gestion Intégrée des ravageurs (Ipm).

Ces derniers ont utilisé les Bonnes pratiques agricoles (Bpa) apprises dans leurs champs. Les actions spécifiques ont permis de mettre à la disposition des producteurs plus de 1 250 kits de production de maïs (450), manioc (150), piment (200), arachide (200) et soja (250), pour un montant total tout frais compris de 50 494 000 FCFA. Ils sont composés de semences, d’engrais, de l’inoculum et d’herbicides pour l’intensification agricoles spécialement au profit des jeunes et des femmes. Cela a produit les effets attendus ; celui de l’amélioration des rendements. Le suivi des Cpd et des champs des producteurs ayant utilisé des kits, a permis de noter l’amélioration substantielle des rendements atteignant par exemple 44 % pour le soja, 48 % pour le maïs.

Accroissement des échanges commerciaux

L’accroissement des échanges commerciaux passe d’une part, par la professionnalisation des acteurs à travers leur capacitation afin que ces derniers maîtrisent les principes de base pour le développement des produits agricoles compétitifs de qualité. D’autre part, par la facilitation des liens d’affaires durables pour des échanges commerciaux sur des marchés profitables.

Trois dispositifs sont utilisés : les Pôles économiques agricoles (Pea), les Infrastructures et équipements marchands (Iem), les réseaux de groupements féminins et les groupes d’apprentissage des jeunes. Les appuis financiers (crédits) et les systèmes collectifs de mis en marché développés à travers les dispositifs mis en place se sont révélés pertinents, surtout au niveau des acteurs Pea utilisant les Iem et les réseaux de groupements féminins.

Ces appuis ont permis d’accroître l’offre de produits pour le marché et d’améliorer les revenus. La fermeture des frontières terrestres du Nigéria avec le Bénin a limité les effets des appuis du Programme et constitue un grand défi. Elle a engendré des difficultés telles que la chute des prix des produits ciblés (surtout l’huile de palme et le maïs), la résurgence des tracasseries routières et les méventes. Tout ceci, a affecté le chiffre d’affaires des acteurs. Par exemple, la vente de mais est passée de 10468 tonnes en 2018 à 7 208 tonnes en 2019. Cette tendance baissière est observée pour la plupart des cultures à l’exception du soja.

Amélioration du climat des affaires

L’amélioration du climat des affaires se matérialise d’abord à travers les infrastructures et équipements marchands (28) construits par le Programme et, la création sous la facilitation de ACMA2 des Cadres de concertation intercommunale (Ccic) entre le secteur public au niveau des communes et les acteurs des Pea (secteurs privés). A cet effet, les actions des Ccic créent le dynamisme commercial au niveau local et travaille à l’amélioration du climat des affaires afin de conduire à l’amélioration du revenu des acteurs tant souhaitée. Entre autres actions des Ccic : la réduction des tracasseries routières, la recherche de marché.

Les résultats obtenus

De façon globale, des progrès importants ont été réalisés selon les données de résultats des indicateurs à mi-parcours. Les revenus ont augmenté en particulier pour les femmes et les jeunes qui ont mené des activités à valeurs ajoutées, par exemple, la transformation des produits agricoles (gari, huile de palme, huile d’arachide, piment séché etc.)

Dans le détail, il a été observé que 6 % des ménages ont vu leur sécurité alimentaire s’améliorer, 70 % ont pu maintenir la situation à l’identique de celle d’avant le démarrage de ACMA2 malgré les chocs exogènes observés ces dernières années, précisément la dévaluation du Naïra et la fermeture récente des frontières terrestres du Nigéria avec le Bénin. Une étude sur les effets du Programme a aussi rapporté que ACMA2 a permis de réduire le nombre de jours d’insécurité alimentaire dans le mois qui est de 9 jours pour les bénéficiaires du Programme alors qu’il est resté à 11 jours pour les non bénéficiaires. Cette réduction est plus significative pour les bénéficiaires depuis la première phase du Programme (ACMA1), où la réduction a atteint 8 jours.

De façon spécifique, les résultats obtenus par le Programme en 2019 ont révélé entre autres qu’au cours de l’année, ACMA2 a organisé plus de 3600 activités prenant en compte plus de 100 000 acteurs agricoles. 16 024 tonnes de produits agricoles à savoir : l’huile de palme, la noix palmiste, le maïs, le soja, l’arachide, le piment, le manioc et ses dérivés (gari, tapioca, lafun, cossettes), et le poisson (frais et fumé) ont été vendus par les acteurs pour un chiffre d’affaires de trois milliards (3 461 401 136 FCFA).

Par ailleurs, 12 Infrastructures marchandes composées de magasins et d’unités de transformation sont érigées dans le département des Collines par le programme ACMA2 à raison de deux (2) par communes pour un coût total de 1 224 589 126 FCFA FCFA. À titre d’exemple, à Lowo, dans la Commune de Savalou, il s’agit d’un Parc à Gari (147 775 112 FCFA) doté d’un magasin de stockage de 500 tonnes, de hangar de vente, de bureau et de salle de réunion. Par contre, à Dassa dans le village de Itagui dans l’arrondissement de Kèrè, c’est un site maraîcher d’une valeur de 130 356 980 FCFA qui a été aménagé pour la production du piment. Le site s’étend sur 19 ha. Il est doté d’un magasin de stockage, de bureau et de salle de réunion.

En outre, le nombre de producteurs, transformateurs, commerçants impliqués à travers les Pea appuyés dans les chaînes de valeurs développées dans le but d’améliorer des rendements de même que les revenus ont atteint des niveaux impressionnants, soit près de 109 %. Ce sont, les jeunes (203 %), les femmes (217 %), à travers le maillon transformation (249 %) qui ont été les plus concernés par ces performances dans les revenus. Les résultats obtenus laissent comprendre que les appuis du Programme ont produit les effets attendus d’amélioration de la productivité et d’accroissement des revenus même si des facteurs externes n’ont pas permis d’atteindre certains seuils fixés.

Les difficultés

L’une des raisons qui expliqueraient l’écart des seuils (objectifs) non atteints serait la fermeture des frontières terrestres entre le Nigéria et le Bénin avec la conséquence de la stagnation des prix des produits constatés au cours du dernier trimestre 2019. Une période habituellement favorable pour les ventes avec des prix rémunérateurs surtout pour l’huile de palme. Les Pea huile de palme (Sakété et Avrankou) qui ont toujours gardé de gros volumes de leurs produits en warrantage n’ont pas pu les vendre tous en 2019 car les gros acheteurs nigérians ne venaient plus. Ils les ont gardés en stock en espérant une évolution des prix à la hausse en 2020.

Par ailleurs, la prévalence de facteurs environnementaux hors de la portée du Programme notamment les aléas climatiques (sécheresses ou inondations selon le cas) ont également influencé la productivité dans certaines régions.

Que faire ?

La deuxième rencontre du Comité de suivi tenue en septembre 2019 est assortie de recommandations pour la mise en œuvre du plan de travail 2020 du Programme. Entre autres recommandations formulées par le comité, d’une part, la mise en œuvre d’un mécanisme de diversification des marchés d’écoulement des produits compte tenu des décisions de fermeture des frontières. D’autre part, la prise des mesures, en collaboration avec les bénéficiaires et les élus locaux pour faciliter le démarrage effectif des activités des Infrastructures et équipements marchands sur de solides bases de gestion avec la prise en compte des différentes catégories d’acteurs hommes, femmes, jeunes. De plus, il s’agira aussi, de définir au plus tôt, le cadre institutionnel pour la composante Technologie de l’information et de la communication pour l’agriculture (Tic4Ag) etc.

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