Actualités

Célébration de la fête de l’igname : Pourquoi le 15 août ne doit pas être que festif

Le peuple béninois a chanté ce samedi, l’hymne de la nouvelle igname. Événement traditionnel qui réunit chaque 15 août dans la Commune de Savalou une masse humaine faite de curieux, de célébrants tant sur le plan national qu’internationnal. Les années passent, se succèdent et rien ne déteint sur l’intérêt accordé à sa célébration. Par contre, aucune politique ne semble être mise en œuvre pour que les producteurs, eux, sortent de leur précarité culturale…

On peut repenser le 15 août. Il faut repenser la fête de l’igname. Faire d’elle au-delà d’une fête coutumière, un rendez-vous de bonnes recettes pour ces producteurs qui auront laissé des gouttelettes de sueur, à force de peines, sur l’âme de chaque tubercule que vous tenez.

Des producteurs qui se meurent à l’épreuve des technologies archaïques de labour/buttage. Des techniques du temps de Matthusalem. Si, au nom de la culture, il faut faire le déplacement de la cité des Sohas, qu’au nom de celle-là même, qu’on propose des innovations pour, ne serait-ce, amoindrir les souffrances des producteurs ; eux, sans qui, le 15 août n’aurait droit de cité.

Aussi, il faut sensibiliser ceux-ci sur les bonnes variétés d’igname, penser à promouvoir la chaîne valeur igname, comme la fabrication “de farine stabilisée d’igname bien blanche, exportable vers les autres pays d’Afrique et aux quatre coins du monde”. Cela, en effet, y va de la sécurité alimentaire. En bref, il faut penser et repenser les problèmes de la filière igname. Sans toutefois lui ôter son essence parce qu’après tout, le 15 août reste une fête culturelle et cultuelle. Une fête identitaire.

Elim-Rufus AKOKLANNOU (Col)

En 2019, à cette même occasion de la célébration de la fête de l’igname, le www.zoomagro.com votre site d’information agricole, avait proposé que l’on pérennise “la fête du 15 août à travers une culture intelligente de l’igname“. Ceci, vu que la production de ce tubercule est fortement dépendante des conditions climatiques qui connaissent cependant une forte variation. Tout le Bénin étant aussi marqué par des irrégularités pluviométriques saisonnières caractérisées par des déficits hydriques suivis d’une diminution du nombre d’événements pluvieux. Cette situation climatique affecte de multiples secteurs d’activité, notamment l’agriculture dans la commune de Savalou.

Ainsi, outre le déficit pluviométrique et les températures extrêmes (1,6 °C) qui constituent les contraintes majeures auxquelles sont exposées le plus, les variétés Gangni et Laboko, la baisse de l’humidité relative (+15%) vient en troisième position et entrave la production de l’igname par l’inondation des champs d’ignames.

Le pourrissement des tubercules sous l’effet du choc thermique, la fanaison des feuilles empêchant les stomates de faire respirer la plante d’igname, favorise ainsi la multiplication des insectes dangereux à la production de l’igname.

Partager
Publicités
Le coton bio, le dernier challenge du Professeur Talon en Afrique

Publications similaires

Laissez un commentaire