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Découverte : Le vin d’ananas « Ariyô » made in Bénin

De pain de sucre à vin de table, l’ananas subit bien de transformations. Promoteur du Centre d’action et de recherche pour un développement agricole (Carda), Chitou Massourou nous parle de cette conversion à travers <<Ariyô>>, du vin d’ananas produit au Bénin, dans la commune d’Adjara dans le département de l’Ouémé au Sud Bénin.

Comment est né << Ariyô >> ?

L’idée était d’inciter la population à apprécier les merveilles de chez nous. C’est un appel du terroir à l’endroit des béninois, qui sont friands du vin. Du coup, Carda Sarl a cherché à démystifier le stéréotype selon lequel le vin ne peut se faire qu’avec du raisin. C’est de là qu’est né Ariyô qui, traduit du yoruba, signifie : <<tout ce qu’on a le plaisir de voir>>, comme un nouveau-né par exemple.

     Vous offrez donc aux consommateurs une alternative autre que le vin venu d’ailleurs. Mais quelle différence y a-t-il entre << Ariyô >>, vin d’ananas et le jus d’ananas ?

        C’est dans le processus de fabrication que réside toute la différence. Le vin nécessite la fermentation du fruit. <<Ariyô>>, c’est donc le jus d’ananas en premier lieu. Mais arrivé à cette étape, le jus subit d’autres transformations jusqu’à sa mise en bouteille. Et pour cela il faut un équipement adapté et différent de celui propre à la fabrication du jus d’ananas.

   Quelles sont les difficultés que vous rencontrez lors de ce processus de fabrication ?

Comme pour tous nos produits, les moyens financiers font défaut. De fait, le matériel pour accompagner la technique aussi. Nous ne disposons donc pas suffisamment d’équipements spécifiques à la production du vin d’ananas. Pour fermer les bouteilles par exemple, les bouchons en liège et les gaines thermo rétractables sont indispensables. Ne disposant pas de ces outils au Bénin, il faut se tourner vers le Nigeria, le Ghana ou encore l’Europe. Nous étions donc obligés de recycler les bouchons des bouteilles de vin importé. Je ne saurais dire combien il est difficile d’enfoncer le bouchon dans la bouteille, à main nue. Mais nous n’avions pas d’autres choix. Et ce n’est qu’une conséquence parmi tant d’autres de l’insuffisance du matériel.

    L’ananas étant la matière première, comment vous en fournissez-vous ?

       Nous collaborons avec des producteurs locaux qui nous fournissent des fruits bios. C’est donc ainsi que nous obtenons l’ananas que nous utilisons. Mais nous projetons d’amménager un périmètre pour la culture de ce fruit, de même que de tous les autres qui entrent dans la fabrication de nos différents produits, tous fait au Bénin.

Toutefois le Bénin reste un grand consommateur de vins importés. Quelle réaction suscite alors << Ariyô >> auprès du public béninois ?

   << Ariyô >> fait ‘’l’unanimité’’. Mais l’habitude étant une seconde nature, les béninois ne sont pas très demandeurs. La majorité ignorent encore l’existence de ce produit. De fait, nous n’avons pas une véritable présence sur le territoire national. C’est le lieu pour moi de remercier nos partenaires comme DEFIA et PFD qui ne cesse de nous accompagner dans la promotion de ce produit. Ceci étant, notre plus grand consommateur est le Nigeria.

Un appel à lancer ?

Ariyô est un produit innovant dans le secteur de la transformation agroalimentaire au Bénin. A cet effet, j’exhorte les consommateurs béninois à être ouverte à la nouveauté, surtout quand il est question de production locale. Et je prie le gouvernement de prendre plus de mesures allant dans ce sens, afin d’encourager non seulement la production locale, mais aussi la consommation locale.

Vidjennagni MISSINHOUN (Col)

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