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Tic4Ag/Système d’information sur le marché de ACMA2: « Déjà plus de 5000 abonnés » selon Isaac Brou

Depuis sa première phase, le Programme Approche communale pour le marché agricole ACMA contribue à l’amélioration de la productivité agricole et à l’accroissement des revenus des acteurs agricoles. Pour y parvenir, les Technologies de l’information et de la communication (Tic) sont développées pour la transformation digitale de l’agriculture béninoise notamment pour faciliter l’accès au marché. On parle par exemple du : Système d’information sur le marché (Sim). Que comprendre de son fonctionnement ? C’est à travers cette interview à nous accordée par Isaac Ebou Brou, spécialiste en système d’information et en transformation digitale certifié par MIT, Université de Massachusetts (Etats-Unis) et Responsable Tic à ACMA2.

Zoom Agro : Isaac Ebou Brou, dites-nous, quels sont les besoins auxquels répond le Sim ?

Isaac Ebou BROU : Le Système d’information du marché(Sim) répond à trois questions de grande importance pour ACMA2. Il s’agit de l’accès à l’information des prix des produits (Maïs, Piment, Huile de palme, Arachide, Poissons, Soja, Gari etc.) sur le marché, l’accès aux intrants agricoles surtout les engrais et les semences sélectionnés et enfin la meilleure organisation et rationalisation du transport ( Lire aussi…)

http://zoomagro.com/index.php/2020/11/05/acma2-tic4ag-guide-de-conseils-aux-acteurs-economiques-sur-la-plateforme-du-sim/ )

Quelle est la méthodologie de collecte de ces données ?

Au niveau du Sim, nous avons la collecte, l’analyse et la diffusion. Par rapport à la collecte des données, ACMA2 travaille avec la Fédération de l’union des producteurs du Bénin (Fupro), qui est le bras opérationnel sur le terrain. La Fupro a des agents sur le terrain, qui résident déjà dans les différentes localités où se situent les marchés couverts, et chaque jour du marché, l’agent collecteur va sur les marchés en question avant 09h pour recueillir stratégiquement (triangulation) les prix des produits ciblés. Ce qu’il renseigne à l’aide de son téléphone sur le serveur dédié à la cause. Mais avant, la date, l’heure, la position GPS de ce dernier sont renseignés pour s’assurer de sa présence effective sur le marché en question et autres.

Après cette étape, on passe à l’analyse. Ce travail est fait par des spécialistes de marché au niveau de la Fupro. Les données sont croisées et comparées pour vérifier s’il n’y a pas d’erreur, d’incohérence, d’écart, d’omission etc. Une fois ces analyses effectuées, les prix sont validés. Après cette étape, la plateforme envoie de manière automatique le message (information) aux abonnés.

Quelle est la procédure d’abonnement au Sim ?

La Fupro a des agents conseillers sur le terrain dans les différents départements. Le conseiller va se rapprocher du demandeur de service pour les formalités requises.  La première étape consiste à signer la fiche de consentement pour dire que : « j’autorise Acma à exploiter mes données personnelles » (nom, prénom, numéro de téléphone, etc…).

Une fois la fiche signée, l’agent poursuit l’enregistrement (Types d’acteurs, Nom du produit, Nom du marché à suivre, Langue de réception de l’information, format de réception de l’information. Le payement se fait via mobile money. Il est de 300 F Cfa le mois soit 3600 F Cfa l’année avec 300 F Cfa comme frais d’adhésion. Notons que ce frais d’abonnement est valable aussi pour bénéficier des services du Système d’information et de formation technique (Sift)que nous allons aborder plus en détails après. Actuellement, nous avons déjà enregistré plus de 5000 abonnés.

Qui en sont les partenaires de la mise en œuvre ?

Le Sim est mis en œuvre par ACMA2, la Fupro et Farmer line. ACMA2 joue le rôle de superviseur. Le Programme finance et supervise pour l’instant les activités. Puisque, à court terme, il va se retirer. L’idée c’est de rendre pérenne l’initiative et notre stratégie de sortie le mentionne clairement. C’est pour cette raison que la souscription est demandée pour l’abonnement.

Quelle est la stratégie de communication ?

Le programme ACMA2 a mis en place un réseau de jeunes leaders (eux-mêmes acteurs) formés auparavant sur l’utilisation des TIC dans le domaine agricole. La stratégie, c’est de travailler avec ces jeunes pour faciliter l’adoption et l’utilisation des solutions TIC développées. De plus, le Programme est en partenariat avec des médias, que ce soit de la presse écrite, audio et visuelle avec qui, il travaille pour la mise à échelle de ces résultats. Je peux citer en exemple, Zoom Agro qui est un média en ligne spécialisé en agriculture, la radio rurale Tchèti Fm, etc. Donc, ces médias sont mis en contribution pour informer, éduquer et communiquer autour de ces services.

De plus, les agents de conseils agricoles de la Fupro Bénin sont chargés aussi de faire les sensibilisations à leur niveau. A tout cela s’ajoute d’autres initiatives toujours dans le but de faire connaître plus le service aux cibles et de faciliter son adoption.

Quels sont les impacts de ces innovations ?

Pour l’instant, je pense qu’il ne faut pas parler d’impacts mais des effets. Ce serait trop tôt de donner des chiffres maintenant.  A propos, je peux vous donner l’exemple de cet agriculteur de Zangnannado au Sud-Bénin (Achille Hounlimansou, producteur de piment, bénéficiaire de la phase pilote du Sift..ndlr) qui a reçu le message par rapport au climat sur son portable. On lui a signifié qu’à tel jour et à telle heure, il va pleuvoir dans son champ. Des informations précises par rapport donc à l’acteur, son champ étant géo référencé. Il y croit.  Il prépare son champ. A son grand étonnamment, il s’est rendu compte qu’il a vraiment plu, alors que dans la zone, il y a des mois, qu’ils attendaient la pluie. Ces types de témoignage existent en vidéo.

Difficultés…

Je parlerai plutôt de défis. Certes, les défis sont inhérents à toute initiative mais, chaque fois que les défis se présentaient, l’équipe d’exécution de ACMA2 se met ensemble, réfléchit et les transcende pour avancer vers d’autres résultats. Par exemple, au départ, nous avons pensé que les SMS seraient la bonne approche, mais les feedbacks reçus des acteurs étaient qu’ils préfèrent recevoir les messages vocaux dans leurs langues respectives. Ce qui est effectif aujourd’hui. Et concourt à l’atteinte de notre objectif, celui de servir l’acteur économique et de l’aider à accroître ses revenus de manière plus professionnelle. Autre chose, les TIC sont une nouveauté dans le secteur agricole pour les acteurs avec lesquels nous travaillons. Le Défi, c’est : « comment faire pour que l’acteur puisse utiliser les outils et comprendre ce que ça peut changer dans sa vie ».

Et, en terme de perspectives ?

L’ambition est de rendre disponible tout ce que ACMA2 met en place comme solutions TIC pour que l’agriculture au Bénin puisse couvrir tout le territoire national. Pour être plus précis, il faut que le SIM soit mis à l’échelle au profit des autres acteurs de la communauté agricole en dehors des zones d’intervention du programme ACMA2. Ce qui est d’ailleurs un souhait exprimé par le Ministre de l’agriculture, Gaston Dossouhoui lors de la cérémonie de lancement officiel.

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1 commentaire

  1. Bonsoir ACMA2, vraiment quand cette information nous parvient dans cette condition nous encourage.veillez aider les jeunes leaders qui sont chargé pour la collecte des informations au près des producteurs car depuis qu’on a été envoyé sur le terrain pas de suite à nos questions.
    MERCI nos chefs.

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