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La crise du blé, l’Afrique ne devrait pas sourciller.

J'ai reçu la doléance d'écrire sur l'agriculture. J'avoue que c'est un sujet sur lequel je n'aime pas écrire. J'ai grandi avec un père agronome donc j'ai commencé à en entendre parler et à avoir des débats sur la question dès que j'ai eu l'âge de raison. Aujourd'hui, je n'en peux plus. Je pense qu'on a déjà tellement dit et écrit sur le sujet et tellement peu mis en pratique qu'un texte de plus ou de moins ne changera rien. On me traitera sûrement de fataliste. Ce n'est pas le cas.

Au plan africain, nous connaissons les modèles qui marchent. Des thèses dorment dans des bibliothèques. Des chercheurs se tuent à développer de nouvelles technologies et variétés tous les jours que Dieu fait.

Dans cette affaire de crise du blé, nous devrions prendre le parti d'investir davantage dans nos céréales locales, à l'heure où les européens eux-mêmes se détournent du blé pour privilégier les céréales sans gluten. Sorgho, mil, fonio, tef, et j'en passe sont autant de cultures à promouvoir en remplacement du blé. En dehors des céréales, plantain, patate douce, manioc, taro et autres cultures peuvent valablement être transformées pour des snacks au petit-déjeuner. Augmenter la productivité de ces cultures devrait être la priorité. Comment ? En mettant en œuvre les politiques agricoles qu'il faut.

Un exemple simple. On sait tous que la santé de nos sols passe par l'utilisation d'engrais organiques. Et pourtant, quelles sont les mesures prises pour faciliter l'essor des petites entreprises qui produisent ces engrais ? Comment aidons-nous les producteurs à mieux recycler la matière organique dans leurs champs ? En 2022, nous annonçons avec fierté des chiffres effarants sur certaines cultures que nous savons gourmandes en engrais chimiques, sans jamais nous poser de questions. Quelle est notre vision à long terme pour le secteur ? Je ne parle pas des strategies sur 5 ans qui se font et se défont au gré des humeurs de nos politiques pendant que les producteurs s'arrachent les cheveux.

Bien qu'étant agronome, je n'aime pas parler de l'agriculture parce que je n'ai aucun tact, aucune diplomatie et je veux vivre longtemps. J'ai la chance de travailler dans un programme dans lequel je peux apporter ma modeste contribution au système. Toujours est-il qu'il reste énormément à faire. Et parler ne changera pas cela. Nous savons tous ce qu'il y a à faire. À un moment donné, il faudra dire merde à certaines choses et nous choisir. Mais qui est prêt à le faire ? Nous aimons manger les tripes d'animaux mais les tripes, c'est ce qui nous manque le plus.

De temps en temps, je publierai sur les plantes et leurs propriétés. C'est un sujet inoffensif qui intéresse tout le monde et pas besoin de politiques agricoles pour aller chercher une plante et l'utiliser. Encore que là, avec notre nouvel amour pour les herbicides, je crains fort que bien des plantes alimentaires négligées disparaissent totalement avant qu'on ne s'en rende compte. Je m'en arrête là. Et le contenu de ce post n'engage que moi et moi seule. Il n'y en aura pas d'autre sur le sujet.

« J'ai pu lire deux textes de toi, sur le challenge en cours. Sans connaître les objectifs de ce challenge, je voudrais te demander humblement si tu pouvais orienter quelques textes sur les sujets de grandes importances pour l'agriculture ».

« Le challenge, c'est écrire un texte d'au moins 100 mots par jour pendant 30 jours. Mon challenge perso, c'est de le faire en 15 minutes. L'agriculture, j'en parlerai même si je trouve que ce sont les actions qui font avancer l'agriculture dans un pays, pas les mots ».

Deedi SOGBOHOSSOU

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