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ACMA2/Finance digitale : l’innovation pour booster l’inclusion financière des petits acteurs

Dans le but de faciliter l’accès au financement inclusif et sécurisé à tous ses bénéficiaires, le Programme Approche Communale pour le Marché Agricole (ACMA2) a opté pour la finance digitale. Alors que la deuxième phase du programme touche à sa fin, Colette Kiki Houézé-Biga, spécialiste de ce domaine d’intervention au sein du Programme, nous présente ici quelques résultats de la mise en œuvre de cette innovation.

Le numérique domine le monde d’aujourd’hui et le Programme ACMA2 en profite, pour faire connaitre à ses bénéficiaires les nombreux avantages qu’il présente. Dans un premier temps, le Programme ACMA2, en collaboration avec les Systèmes financiers décentralisés partenaires (Unacrep ; Alidé…), les opérateurs de téléphonie mobile (Mtn ; Moov) a procédé à la sensibilisation de ses acteurs pour leur faire toucher du doigt le bien-fondé de la finance digitale. Il s’agit entre autres de la sécurisation des transactions financières, du gain de temps et de la transparence dans les répartitions des crédits de groupe.

Débuts et challenges

En réalité, la finance digitale est l'utilisation des services financiers (crédit, épargne, assurance, transfert d'argent) à l'aide des technologies numériques mobiles (téléphone mobile, tablette). Appliquée aux acteurs (producteurs, transformateurs et commerçants), elle permet d’accélérer le taux d’inclusion financière et d’éviter l’insécurité liée à la circulation du cash. C’est alors que le Programme, dans son ambition d’atteindre un plus grand nombre d’acteurs situés dans des zones parfois difficiles d’accès, a motivé ses Sfd partenaires ; ceci, en les dotant techniquement d’un minimum de matériel et d’équipement pour mener les campagnes de sensibilisations de masse. Par suite, le Programme a procédé à une phase pilote avec les acteurs qui font le warrantage de l’huile de palme dans les Communes de Adjohoun, de Bonou, et d’Avrankou dans le département de l’Ouémé et dans la Commune de Sakété, dans le département du Plateau. L’évaluation de cette expérience menée avec Unacrep a fait ressortir les contraintes qui entravent l’émergence de cette innovation.

On peut noter, entre autres, 4 grandes contraintes à savoir : l’analphabétisme, la faible couverture des réseaux dans certaines localités, la non-possession de pièces d’identité chez certains acteurs et les frais de retrait jugés élevés par certains acteurs.

En effet, parmi les acteurs, peu sont véritablement en mesure de manipuler correctement un téléphone portable et d’autres oublient leurs mots de passe ou les confient carrément à une tierce personne qu’ils jugent de confiance. Aussi, la non-possession de pièces d’identité complique l’enregistrement de ces derniers lors des achats des cartes SIM. En outre, les frais de retrait sont jugés élevés par certains acteurs qui oublient de prendre en compte le gain de temps. A tout ceci s’ajoute, la faible couverture des réseaux dans les localités, ce qui démotive parfois ceux qui veulent adopter cette innovation.

Les résultats

Eu égard à tout ce qui précède, sur un crédit warrantage de 165 millions, seulement 12 millions ont pu être décaissés via le téléphone sur les comptes des coopératives. En dépit des difficultés ressorties de l’expérience pilote, le Programme ACMA2 a continué les actions de promotion, avec une forte implication des opérateurs de téléphonie mobile qui n’ont pas hésité à renforcer les réseaux dans certaines communes d’intervention du Programme.  Ce qui a incité les communautés de ces zones à faire leurs opérations de retrait et de dépôts via les canaux numériques en toute quiétude. C’est ainsi que Alidé, grâce à son produit ‘’Bank To Wallet’’ a octroyé du « crédit fonds de roulement » à plus d’une centaine de coopératives dans les communes de Ouesse, Kétou, Bonou, Zagnanado, Savalou pour un montant total de 312 millions. Cela a permis à ces groupements de vite saisir l’utilité de la finance digitale et de l’adopter. Aujourd’hui, ces derniers partagent leurs expériences pour créer le déclic chez ceux qui continuent d’être réticents.

En outre, la mise en place des services financiers a permis aux acteurs agricoles de lever certaines contraintes liées au financement agricole qui entravaient leurs activités. Ainsi, les Sfd ont permis aux acteurs agricoles de gagner du temps et de se concentrer davantage sur les activités, en évitant les déplacements vers les agences pour diverses raisons. Par exemple, par le passé, la non-disponibilité d’un signataire ou plusieurs membres du bureau était un facteur de blocage dans la mise en place du crédit.  Contrairement à ce qu’on observait, la finance digitale a permis aux bénéficiaires de disposer de la totalité du crédit sans que les leaders des groupements n’opèrent des retenues fantaisistes ; de bénéficier de la discrétion et de la sécurité dans la mise en place des crédits. Par le passé, les acteurs étaient obligés de se rendre dans les guichets. Au-delà de l’insécurité, cette situation occasionne aussi d’autres faits sociaux comme la sollicitation des parents et amis…

Les perspectives

Dans sa dynamique de faciliter l’accès au financement à travers le digital, le programme travaille à influencer la prise de décision des bénéficiaires, jusque-là indécis. Ceci passe par le développement d’une stratégie qui va amener les acteurs à constituer des dépôts préalables pouvant permettre d’apurer les frais de retrait en douceur. Aussi, des manuels de formation sur la finance digitale seront mis à disposition des coopérants pour faciliter la compréhension des risques liés aux transactions numériques et les dispositions à prendre pour les minimiser.  

Par ailleurs, ACMA2 prendra fin dans quelques semaines pour laisser place à la troisième phase (ACMA3). Et pour ce qui est de la finance digitale, l’assurance est qu’elle se poursuivra et sera, en matière de financement, le mot d’ordre pour tout bénéficiaire désirant coopérer avec le Programme. Désormais, seuls les sfd disposant d’un système de finance digitale pourront être partenaires du programme. Car, le numérique finira par s’imposer à tous.

Prince BAMIGBOLA (Col)

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