• 28/02/2020
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Professeur Léocadie Odoulami dans le cadre de la JIF « La femme est une proie pour les vulnérabilités climatiques »

Les femmes font parties des couches les plus vulnérables aux changements climatiques notamment en raison de leur lien avec les ressources en eau et les activités agricoles. Sans pour autant posséder la terre sur laquelle elles travaillent, les femmes perdent leurs moyens de subsistance.  Dans le cadre de la Journée internationale de la femme, le Professeur Léocadie Odoulami, spécialiste des questions liées à l’eau nous aide à cerner ces impacts et parle de l’engagement des femmes scientifiques.

Professeur Odoulami, quel lien existe-t-il entre la femme et le dérèglement climatique ?

Comme vous le savez, le climat est déterminant dans toute activité
humaine. C’est- à- dire l’entreprise d’une activité reste fonction du
temps qui se présente et des mesures d’adaptation que l’entrepreneur
développe. La femme en général et celle du Bénin en particulier est
exposée aux intempéries climatiques. Elle se trouve au cœur de
l’organisation de son ménage et de sa survie. Il lui est arrivé
souvent de braver la pluie en saison humide et le soleil en saison
sèche. Ainsi, elle est exposée aux risques des inondations, selon le
milieu. Elle peut marcher sur des kilomètres surtout en milieu rural
pour, par exemple, aller chercher de l’eau potable pour sa petite
famille. La distance et le temps voire les obstacles de tout genre lui
deviennent des stress qui affectent sa santé mentale et physique.  La
raréfaction des ressources naturelles impacte aussi le temps de
travail des femmes.

Sur le plan économique, la femme est au premier Chef pour la recherche
des revenus nécessaire au maintien de la vie des individus de son
ménage.  En milieu rural, sous la pluie, elle au champ pour faire les
cultures vivrières pour les besoins de son ménages. De même, en temps
sec, elle se donne le devoir de s’exposer à la rude chaleur pour
honorer ses engagements ménagers,…Dans les pays appelés ”en voie de
développement”, la femme est une proie pour les vulnérabilités
climatiques. Pour prolonger la durée de vie de la femme et son
bien-être, il faut vraiment repenser l’accompagnement de la femme pour
un développement harmonieux et non destructif!

Quel est le poids du climat sur cette couche de la population déjà vulnérable ?

Les changements climatiques affectent dangereusement les ressources en
eau. L’allongement de la sécheresse a de répercussions néfastes sur
les ressources en eau dans le monde et en particulier au Bénin. La
capitalisation des ressources en eau est liée aux hauteurs de pluie
tombées. Mais, il est noté que ces hauteurs de pluie sont en
diminution ces derniers temps. Cette diminution ne permet pas la
recharge suffisante des ressources souterraines en eau et de surface.
Or, ce sont les ressources en eau souterraines qui sont les plus
sollicitées dans la sous-région africaine et au Bénin en particulier
par les ménages, les services fournisseurs d’eau potable. Les eaux de
surfaces sont les moins exploitées pour raison de la dégradation de
leurs qualités par les effluents d’origine diverse. Mais, elles sont
prélevées en temps de sécheresse par des ménages qui voient leur puits
vides pendant cette période de sécheresse. Il faut dire aussi que
certains des quelques forages réalisés dans les milieux ruraux ou
périurbains diminuent de pression et demandent l’investissement de
l’énergie humaine notamment à la femme et aux enfants qui
s’investissent plus dans la collecte de l’eau tout court ou de l’eau
potable.  L’agriculture ou les activités de maraîchage dans lesquelles
la femme s’investit avec ses enfants au même titre ou plus que
l’homme. La baisse drastique de l’eau dans le centre Bénin domininé
par les roches cristallines non perméables, la femme fait recours à
l’eau des alvéoles ou les trous à eau creusés dans les endroits
inondables et cela de manière âpre. Les changements climatiques sont
très défavorables à la femme. Il faut agir à atténuer cette peine à la
gent féminine.

S’il y a une possibilité de résilience, ça ne peut commencer sans doute que par les femmes leaders. Que peuvent les femmes scientifiques comme vous dans ce cas ?
Les femmes scientifiques maintiendront le cap aux côtés des hommes
pour la promotion de la femme au-delà de la violence faite aux femmes.
D’abord, ce sont les femmes scientifiques qui sont plus exposées aux
harcèlements mais s’efforcent à avancer dans le monde scientifique.
Nous essayons de promouvoir la relève. La jeunesse féminine reste la
cible des femmes scientifiques. Nous essayons de les encourager à
aller loin, à s’intéresser à la recherche  pour qu’elles contribuent
au développement socio économique du Bénin.
Pour nous,  l’autonomisation de la femme est très importante. La
science ressortira les modes de résilience pour atténuer les effets
des changements climatiques.  Des recherches sur ces aspects sont
faites et sont toujours en cours. Nous sommes formées pour promouvoir
les recherches pour impulser  le développement socio-économique. Les
universités ont les compétences nécessaires pour travailler en
interdisciplinarité. Les femmes sont aussi porteuses de solution dans
la lutte contre le réchauffement climatique.

Propos recueillis par Fulbert ADJIMEHOSSOU

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