• 27/05/2019
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BENIN/ENVIRONNEMENT : Marc Sêwayi et Marcellin Agossou Aïgbè sur l’émission Terre d’ici et d’ailleurs au sujet des espèces végétales menacées en voie de disparition

GREEN NEWS, Le Magazine de l’économie verte

Les activités humaines sont à l’origine des problèmes environnementaux qui affligent la planète et les êtres humains. La déforestation contribue autant à l’épuisement de la ressource arboricole qu’à la destruction de l’habitat forestier. Dans le lot de ces espèces végétales  menacées nous pouvons citer : le ougotin, le kininoutin, le kpassatin, le amassou et le golotin. Marc Sêwayi, Paysagiste et  Directeur des secrets des plantes et Marcellin Agossou Aïgbè, Professeur de Naturophatie et Chercheur en ressources naturelles endogènes, à travers  l’émission Terre d’ici et d’ailleurs nous parlent de  leur intérêt pour les populations, des menaces de leur disparition et la possibilité qu’on puisse les recréer. 

 La déforestation contribue au réchauffement planétaire, à la dégradation des sols et à l’érosion de la biodiversité. A quoi devrait ressembler notre environnement futur si il n’y a plus d’arbre? Pas facile de répondre à cette question. En revanche, on sait, à peu près, ce qu’il fut. A savoir, qu’Athiémè, signifie (Atinwémè), littéralement, ” au cœur du bois blanc”. Aujourd’hui, presque plus de bois blanc. Aux générations futures de cette commune, il leur sera conseillé les manuels de sciences naturelles pour connaître l’histoire de leur région. A savoir, également, que ” Atinkanmè” littéralement ” au milieu des arbres “, a existé sous nos yeux, à Cotonou, une niche écologique, longtemps disparue. A savoir, aussi, que, ” awhouassa”, littéralement, ” sous l’arbre de néré “, a lui attribué, comme nom, n’a pas été le fait d’un hasard. Aujourd’hui, point de néré et pourtant, ce quartier de la commune de Bohicon, continue de porter son nom. A savoir, en fin, que, zoungoudo et zounzonmè, sont deux noms de quartier de l’arrondissement d’Avogbanna, choisis en fonction d’un écosystème qui n’a pas résisté aux caprices des hommes. Et j’en oublie. Mais au-delà de ces faits, ce qui choque, c’est la position géographique du Bénin. Notre pays ressemble un gros coup de poing enfoncé dans l’Afrique, dans une zone qui porte le fameux nom de ” Dahomey Gap”. Moins arrosé est la caractéristique de ladite zone et donc moins de forêt comme c’est le cas en Afrique Centrale. Une faiblesse naturelle mal gérée avec à la clé, la disparition d’une partie de sa végétation. Parmi ces espèces figurent  par exemple le ougotin qui a disparu totalement sous les feux et les flammes d’une activité, à tel point qu’on se demande si les autres ne subiront pas le même sort ? A cette interrogation  à en croire Marcellin Agossou Aïgbè, Professeur de Naturophatie et Chercheur en ressources naturelles endogènes, cela arrivera un jour si on n’y prend garde. Pour lui : « Un jour à l’autre on va tout décimer et puis la terre nourricière sera dépourvue de ces espèces et rendez-vous les dégâts » ; a-t-il laissé entendre. En effet, selon lui, on évolue sans savoir que demain est là. La révolution en a aussi fait dans son temps où on a coupé les arbres sous prétexte qu’ils en cachent des esprits mauvais. Une idée partagée par son collègue  Marc Sêwayi, Paysagiste et  Directeur des secrets des plantes. «  Il y a aussi la non maîtrise de l’écologie par nos élus politiques et  qu’on veut faire tout en béton. Ce qui à suscité le feu Kérékou  en 1985 à instaurer la journée de l’arbre » ; à-t-il ajouté. L’autre raison de la disparition de ces espèces  soulevée par les deux invités de Didier Hubert MADAFIME est la l’oisiveté  et la faible orientation  du monde rural sur le développement  de ces chaines de valeurs de nos ressources naturelles. Car selon eux, le jeune diplômé déscolarisé sans emploi et certains des paysans dont les terres sont lessivées  puis le rendement n’est plus au rendez-vous dans l’exploitation agricole essaient de décimer ces espèces pour en faire du charbon. En plus de ça, les fabriquant des mortiers, de pilons et certains forestiers sont à l’origine de la disparition de ces arbres.

 Propriété pour les populations…

Le ’’ Ogoutin’’ en français le ‘’Karité’’, une espèce qui se retrouve au Nord du Bénin joue un rôle très important comme le palmier à huile. De bourgeon jusqu’ à la racine, cette plante guérit des maladies telles que l’asthme. Ces feuilles  régénèrent le sol. Donc un avantage pour les paysans. Elles sont aussi utilisées dans l’ancien temps pour faire le bain aux cadavres. Son fruit contenant de l’ammate contient du magnésium. La noix quant à elle, est utilisée pour la fabrication du beurre de karité.

 Le ‘’kininoutin’ ’en français  Le ’’ neem’’   une plante qui pousse dans le désert et qui n’a pas besoin d’eau est utilisée comme cuire dent.  

Le ‘’kpassatin’’ en français le ‘’baobab’’, surnommé l’arbre du pharmacien joue un rôle très important dans la médecine traditionnelle, et presque toutes les parties de l’arbre (le fruit, la pulpe, les feuilles…) ont une fonction thérapeutique. Il est à la fois un fébrifuge, un analgésique, un anti-diarrhéique. Il est même utilisé pour soigner les personnes atteintes de variole et de rougeole. L’huile de baobab protège la peau des vergetures ; elle atténue les brûlures et accélère la cicatrisation des plaies.

Le ‘’amassou’’  en français le ’’ Dartrier’’ est une plante dont les feuilles peuvent servir de complément nutritif ou pour une mauvaise digestion car elles renferment des flavonoïdes.

Le  ‘’golotin’’ en français le ‘’ kolatier ’’, est  une plante  originaire d’Afrique de l’Ouest.

 La noix de cola est, depuis des siècles, un remède traditionnel africain destiné à lutter contre la fatigue physique et intellectuelle, en améliorant la vigilance et les performances cognitives (les alcaloïdes présents dans le cola sont des stimulants du système nerveux central) ou à servir d’aphrodisiaque lié à l’effet stimulant de la caféine.

Ils ont pour finir souhaité une replantation de ces espèces en voie de disparition par localité et interpellent chaque acteurs étatiques ou non étatiques, gouvernement et populations de veiller  à la protection de celles qui sont encore là.

Fabrice Avocevou

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