• 16/07/2019
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Une si douce répression !

C’est sans doute un rêve inachevé. La guérilla attendue contre les sachets plastiques ne s’est pas fait remarquer toute la saison. Sur un trône de laisser-aller et de concurrence déloyale, règne encore chez nous la bête noire de tous les temps. En effet, il y a un an, une répression se pointait à l’horizon. De toute façon, la loi 2017-39 du 26 décembre 2017 en a voulu ainsi. Le délai de grâce étant de 6 mois, selon l’article 18, importateurs, détenteurs et vendeurs tombent sous le coup de la loi. Une psychose, c’en était une de vrai.

Certains ont pensé que l’imperturbable rupture ne tolérait plus la moindre présence de ce corps étranger dans notre environnement. D’autres ont par contre juré que telle l’essence Kpayo résiste à la volonté de l’Etat de la supprimer, ces emballages feront autant. Au lendemain de la journée mondiale sans sachets plastiques, on est en droit de se rappeler ce que nous savons tous déjà.

 Certes, le Bénin est arrivé au bout d’un véritable marathon à se doter d’une loi. Cela nous aura coûté deux décennies de discours, de sensibilisation et même d’incertitude. Cependant, si répression il y en a eu, on se rend compte qu’elle est inconnue du grand public, au point d’être confondue à une éternelle sensibilisation. Primo, on ne saurait comprendre que nos frontières soient légalement hostiles aux sachets plastiques et que sur le marché, il y a en abondance.  Tout comme le Kpayo, ces emballages ont certainement trouvé eux aussi les chemins de résilience et de la résistance.

Secundo, à l’heure de la peur du gendarme et que l’on s’attendait à des alternatives, le marché de dupe s’est invité pour enfin s’imposer à tous. L’ingéniosité dans la tricherie a poussé certains à associer le nom du Chef de l’Etat à des sachets dont on peine à se convaincre de la nature biodégradable. Ainsi, le markéting commercial a réussi à détourner les attentions et même à avoir raisons de la campagne autour du vrai bio.

Tertio, emportés dans une campagne contre les sachets en plastique, les activistes ont tôt fait de mettre au second rang le débat sur l’accessibilité des alternatives. Visiblement, on se rend compte que personne ne s’était vraiment préparé à dire adieu à ces bêtes multicolores qui asphyxient l’environnement et dégradent silencieusement la santé des populations. On a beau vouloir sauter sur l’occasion pour en faire des opportunités d’emplois verts, sur le marché, la concurrence déloyale entre le vrai et le faux est un obstacle.

Alors, où en sommes-nous ? Heureusement, nous avons quitté le quai, parce que nous avons la loi. Cependant, la phase d’application d’une loi est comme une traversée de marées hautes. Nous avons encore tant de vagues à surmonter. La répression n’aura d’effet que quand elle sera effective, visible, tangible et moins douce.  Les populations ne sont pas moins conscientes. Rendons disponibles et accessibles à moindre coûts les emballages légaux.   Faisons comprendre que les alternatives existent dans notre environnement immédiat, et quand viendra le temps de la vive répression, la sagesse suivra sans doute.

Fulbert ADJIMEHOSSOU

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