• 23/09/2019
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35e anniversaire de la Journée nationale de l’arbre au Bénin : Vers quel horizon avançons-nous ?

Économie verte ! Voilà deux mots qui perlent aux lèvres de nombreux cadres politiques et responsables d’ONG et de sociétés, pendant qu’ils sacrifient tous les 1er juin de chaque année, des centaines de milliers d’âmes de plants à la terre de nos aïeux. Ce credo constamment répété, peine toutefois à prendre corps au niveau local, malgré toutes les campagnes de reboisement organisées et les millions de francs qu’elles impliquent. En effet, que deviennent tous ces plants mis en terre chaque année ? À quoi sert tout ce remue-ménage médiatique à chaque Journée nationale de l’arbre (Jna) si aucun suivi n’est garanti par la suite ? Serait-ce 35 ans d’engagement écologique ou 35 ans d’une tradition qui perd de son essence au fil des ans ?

Un bon départ

Il n’est plus un secret pour personne que notre planète brûle. Cette métaphore traduit si bien l’ampleur du dégât qui nous menace. Au Bénin, les forêts laissent place à des savanes arides. Ainsi, au réchauffement climatique, s’ajoutent la dégradation et la diminution drastique des ressources forestières due à la pression démographique et à la baisse de la pluviométrie.

La solution, expliquent Jean-François Bastin et Thomas Crowther, deux chercheurs suisses, consiste à planter massivement des arbres, afin d’enrayer l’évolution de ce phénomène. Leurs études ont permis de déterminer exactement la quantité d’arbres à planter afin de parvenir à des résultats concrets. Ce nombre est estimé à 1200 milliards d’arbres nécessaires pour réduire de deux tiers, les 300 gigatonnes de carbone produites depuis 1800. À l’instar de plusieurs autres pays du monde, le Bénin a pris conscience des enjeux planétaires liés au reboisement.

ACTUALITE AGRICOLE AU BENIN JNA PARAKOU 35ème Journée nationale de l’arbre dans le Borgou : 2100 plants mis en terre à Nikki-Kpérou
ACTUALITE AGRICOLE AU BENIN JNA PARAKOU 35ème Journée nationale de l’arbre dans le Borgou : 2100 plants mis en terre à Nikki-Kpérou

De 1985 à 2019, cela fait en effet 35 années depuis le lancement de la première journée de l’arbre au Bénin (Jna) par le président Mathieu Kérékou dans la commune de Sèmè-Podji. Cette initiative salutaire a posé notre pays sur les rails du développement durable. Cette démarche de l’homme qui redonne à la terre ce qu’on lui a pris est devenue une habitude  dans notre pays. Ainsi, chaque 1er juin, on les voit, élus locaux et responsables à divers niveaux des entreprises privées et ONG locales sacrifier à cette tradition.

Afin de promouvoir cet effort de reboisement et de préservation de la nature, plusieurs projets ont été initiés. Au nombre des projets les plus récents, nous avons d’abord le projet « 10 millions d’âmes 10 millions d’arbres » lancé en 2013 à Zopah dans la commune d’Abomey-Calavi, ensuite le projet d’appui aux actions nationales d’atténuations des effets néfastes du changement climatique (Paacc) lancé en 2015 avec pour ambition la plantation de 5 millions d’arbres sur tout le territoire national.

Ainsi, depuis 1985 jusqu’à ce jour, si l’on doit comptabiliser le nombre de plants mis en terre, le Bénin devrait déjà atteindre une efficience du point de vue du reboisement. Si tel n’est pas le cas, il faut y voir des difficultés ou des problèmes qui empêchent l’atteinte de ce résultat.

Des difficultés qui empêchent l’évolution

Si l’on doit considérer le nombre de plants mis en terre chaque 1er juin depuis 1985, la logique voudrait que notre pays soit devenu un pays forestier. Le constat est cependant en deçà de l’espérance ! Une différence obvie se remarque entre la volonté et la réalité du terrain. D’où vient le problème ?

Deux explications s’imposent aisément à l’esprit de tout citoyen éclairé. La première explication tient dans le fait que les chiffres du nombre de plants mis en terre par chaque société, organismes ou institutions publiques manquent peut-être cruellement de justesse. La seconde explication concerne le manque de soins et d’entretien vis-à-vis des jeunes plants  mis en terre.

La première explication, même si elle n’est pas vide d’intérêt et de logique, souffre néanmoins du manque de preuves. À défaut, la simple réflexion peut toutefois nous pousser au questionnement : les chiffres que nous livrent certaines institutions privées ou publiques n’entrent-ils pas dans un cadre purement communicationnel de recherche de visibilité et de légitimité sociale ?

La réponse à cette interrogation doit être personnelle et donnée à la mesure de l’amour que l’on porte pour son pays et la biodiversité qu’elle abrite. Quant à la seconde explication, elle rejoint le désappointement sincère de bon nombre d’écocitoyens, soucieux de faire du Bénin, un pays vert.

En effet, le manque d’entretien des plants mis en terre à chaque Jna est une tare qui mine notre pays et ruine les différents projets de reboisement élaborés à coups d’argent. Sur les centaines de milliers d’arbres plantés chaque année, rares sont ceux qui subsistent aux hostilités de la nature et croissent convenablement s’ils ne sont pas purement et simplement éliminés par le facteur anthropologique pour des raisons économiques et sociologiques.  

ZOOM AGRO 34è Journée nationale de l’arbre
ZOOM AGRO 34è Journée nationale de l’arbre

Un exemple illustratif est celui qu’a donné Célestin Wankpo, un officier conservateur des eaux et forêts au sujet de la destruction de l’arbre planté des mains du président Mathieu Kérékou au cours de la première édition des Jna. Un symbole perdu, pour des raisons d’extension de la Zone franche industrielle.

Ce manque aigu de soins aux plants mis en terre, assombris le tableau des campagnes de reboisement organisées et dépeins hideusement tous les efforts fournis. Cette carence lève un coin de voile sur la véritable identité du Béninois, source de belles initiatives, mais vide d’actions pragmatiques. Le Bénin devient pour ses voisins, un vivier de réflexions, une banque à idée qui ne profite pas lui-même de ses propres initiatives.

C’est cette praticité que recherche Yédomohan Hounnapkon, conservateur de l’herbier national, quand il explique que 10 arbres bien entretenus valent énormément plus que dix milles ou un million d’arbres sans résultats évaluables. Il urge pour endiguer le mal, de recentrer le débat et d’adopter des solutions pratiques allant dans le sens de la promotion des différentes politiques de verdissement et de lutte contre la désertification qui sont mises en place depuis 1985.

Travailler à la relance

Diverses solutions s’imposent en vue de réduire l’écart croissant qui existe entre les données sur papier et la réalité sur le terrain. La première solution, la plus importante,  reste la…Lire la suite sur www.zoomagro.com /35e anniversaire de la Journée nationale de l’arbre au Bénin :Vers quel horizon avançons-nous ?

Mahoukèdè Thaddeus LISSAGBE

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