• 21/10/2019
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Commerce transfrontalier: Quand il pleut au Nigéria, le Bénin est mouillé

Depuis la fermeture des frontières nigérianes, les échanges entre les deux voisins sont en berne. Pour mesurer l’impact de cette dictature économique, votre journal d’information agricole Zoom Agro vous invite à une lecture croisée de la situation.

Patrice TOKPOHOZIN

Depuis des décennies, Sèmè, ville far-west où les braquages de banques font partie du quotidien est le symbole des intenses échanges économiques entre les deux pays. Mais, depuis le 20 juin 2016, moment choisi par la Banque centrale du Nigeria pour laisser flotter la monnaie nationale, l’entraînant de facto dans une dévaluation, rien ne va plus. Le naira, qui s’échangeait à 2,90 F CFA (0,004 euro) avant la décision nigériane, vaut désormais moins de 2 F CFA au taux officiel.

De moins en moins de consommateurs nigérians

« Avant, on vendait nos poissons cher sur le marché nigérian, je faisais un important chiffre d’affaires par jour. Aujourd’hui, il nous arrive de ne rien vendre du tout », se plaint Clément Affo pisciculteur à Hounsa à Porto-Novo. Même son de cloche avec Valentin Ogoubi, transitaire des véhicules d’occasions. « Très peu de Nigérians arrivent pour faire des achats de véhicules d’occasions, le taux de change du Naira ne favorise plus le business. La situation a créé beaucoup de chômage dans nos rangs», se désole-t-il par la suite.

Difficultés d’accès au marché nigérian Les e-citoyens béninois font des propositions au gouvernement

 La baisse de la valeur du naira a totalement bouleversé le paysage économique, car les Nigérians ont moins d’intérêts à venir consommer au Bénin. Une conjoncture difficile, qui s’accentue encore plus avec la fermeture des frontières nigérianes

Le marché des produits agricoles frappés de plein fouet

La fermeture brusque des frontières nigérianes intervenue le 20 août 2019, a littéralement frappé le secteur agricole béninois. Du coup, La mévente s’installe dans le rang des producteurs dont leurs produits sont orientés vers le marché nigérian. L’impact s’est fait senti de facto sur les produits maraîchers. 

Bénin : Le prix du panier de tomate passe de 2500f à 5000f à Glo-Djigbé

Le prix de la tomate chute drastiquement

En l’espace de deux semaines, le kilogramme de tomate a été vendu à 7fcfa à Kétou, commune frontalière avec le Nigéria, dans le département du Plateau. Les maraîchers de cette région ont enregistré d’énormes pertes post récoltes. La tomate étant une denrée périssable, cette fermeture brusque des frontières  coïncide avec la période de production. Du coup, l’offre a  surpassé la demande.  De ce fait, une situation de mévente s’installe dans les zones frontalières, étant donné que ces derniers sont orientés exclusivement sur le marché nigérian. Dans le Mono, le constat fut le même. Les maraîchers de cette zone ne sont pas épargnés. C’est le pavillon de l’agrobusiness de produits maraîchers.  Outre la tomate, la carotte, le chou sont aussi concernés. En guise de consolation, le ministre du commerce et son homologue du commerce    a effectué une descente pour réfléchir avec les maraichers le 17 septembre 2019 à Grand-Popo des solutions à court, moyen et long terme. Le gouvernement du régime de la rupture arrivera-t-il à trouver les mesures adéquates ?

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