• 25/02/2020
Actualités

Agriculture urbaine à Cotonou et environs: Fierté et peines de maraîchers pour nourrir la ville

Les populations de Cotonou ne vivent pas que de céréales et de produits manufacturés. Une bonne partie raffole des légumes et des crudités. Une aubaine que tente d’explorer les maraîchers de Cotonou, mais non pas sans difficultés.

Deux arrosoirs en mains remplis d’eau, pieds nus, Ghislain, 28 ans, redonne vie à ses plants. Titulaire d’une licence, il n’a guère honte de passer sa vie entre les légumes. « Je n’ai pas trouvé un emploi à exercer. J’ai donc négocié ce site. Aujourd’hui, je ne me plains pas. Grâce à ce que je fais, ceux qui adorent les carottes et les légumes arrivent à s’en procurer à proximité. Je me rends ainsi utile », confie-t-il.

Si ici à Abomey-Calavi, Ghislain partage son site avec deux collaborateurs, à une vingtaine de kilomètres, les maraîchers s’imposent. Juste à côté de l’aéroport international de Cotonou, sur un site de 17 ha, ce matin du 10 décembre 2019, c’est l’air frais et la verdure semée par des hommes, femmes, vieux qui charment. Déjà à l’entrée, rien ne manque pour s’offrir un repas riche en légumes.

Des laitues, de la carotte, du chou, du poivron, de la betterave, du poireau, de l’aubergine, de l’oignon vert, du persil etc., tout est soigneusement entretenu. « Beaucoup viennent se ravitailler sur ce site parce qu’ils sont un peu rassurés que c’est produit sur place », confie une des vendeuses.

Les peines, derrière le vert

Plus loin, à l’intérieur, à peine venu sur son lieu de travail, dans un habillement modeste, Isaac Mededa s’ouvre à nous sur les difficultés rencontrées au cours des différentes saisons de l’année. « En saison pluvieuse, nos cultures ne bénéficient pas suffisamment des produits utilisés pour se développer. L’eau les dissout. Et en saison sèche, les produits prennent du temps à se développer », nous confie-t-il.  A l’en croire, l’eau peut être un facteur destructeur ou producteur pour les maraîchers et seule la passion peut maintenir dans le métier. A 80 mètres de ce dernier, nous avons rencontré Julien Areba, qui confirme ce point de vue fier de ces 20 ans d’expériences.

Cette année, l’abondance des pluies et même contre saisons a été un facteur qui a pénalisé bon nombre de paysans du Nord au Sud du pays. Ce jardin situé en milieu urbain n’a pas échappé à ce phénomène. Julien Areba se désole de l’inondation de certains de ses  champs qui sont maintenus sous son embargo jusqu’à l’heure actuelle.

Le maraîchage vit de l’eau. Très tôt le matin et le soir, ces maraîchers sacrifient presque inévitablement à la tradition. Pour s’y prendre ces derniers ont mis en place. Des puits, des forages, chacun y va de ses moyens. Mais le plus dur pour eux semble être des arrosoirs transportables.

Surprise en pleine séance d’arrosage avec des vieux instruments, Afiavi Zannou, l’air essoufflé, exprime le besoin d’avoir des motos pompes pour l’assister dans la mission. Pour elle, cette activité épuise énormément du fait de sa régularité pour protéger les cultures.

Et puis, malgré tout, quand les maraîchers arrivent à produire, il faut néanmoins rechercher de la clientèle. Dans une agglomération urbaine de plus d’un million de consommateurs à Cotonou et environs, les produits verts ne résistent pas encore aux réalités du marché. La mévente et la cherté  des produits utilisés pour le maraîchage constituent aussi des casse-tête. Une situation qui peut être résolue par une quelconque subvention selon Julien Areba. En attendant un tel soulagement, les maraîchers comptent se battre nuit et jour pour des lendemains meilleurs.

Partager
Publicités

Publications similaires

Laissez un commentaire