• 19/01/2020
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ACMA2/Production du Soja: Jean Paul Atinzovè, un destin forgé

« Je ne sais pas s’il y aura un événement qui me rendrait si heureux dans ma vie».

Avec l’appui du Programme Approche communale pour le marché agricole (Acma2) dans sa spécificité ‘’promotion de la chaîne de valeur Soja’’, plusieurs acteurs agricoles ont augmenté leur rendement. Leur chiffre d’affaires indubitablement. Jean Paul Atinzovè, producteur de Soja dans le village de ‘’Boubou Sègbèya’’, Commune de Savè, reste une marque déposée. Monogame et père d’un enfant, ce jeune agripreneur de 27ans nous raconte ici sa belle aventure avec ACMA2.  C’est l’histoire d’un destin qu’imprime un Programme !

ZOOM AGRO : Vos débuts dans le domaine agricole, ça se conte…

Jean Paul Atinzovè : Bien évidemment. Après l’obtention en 2015, de mon diplôme de Licence en Technologie alimentaire à l’Ecole des sciences techniques de transformation et de conservation des produits agricoles de Sakété, j’ai commencé par travailler pour une entreprise solidaire ‘’La tendresse’’ à Parakou. C’est une entreprise qui produit la bière locale à base du mil ’’Tchoukoutou ‘’ en bouteille et les jus de fruit. Je gagnais 60 000 F Cfa. Avec ce salaire, je n’arrivais pas à couvrir mes dépenses. Ce qui fait que je contracte souvent des dettes. Un jour, après avoir perçu mon salaire, j’ai déposé ma démission. Sur place, j’ai remboursé toutes mes dettes. J’ai pris ma moto que j’avais achetée grâce à ma bourse à l’université. De Parakou, je suis rentré à Bohicon. Là, j’ai payé, une radio, une houe et une machette. Je suis revenu dans mon village à Savè avec 5 000 F Cfa. C’est avec ce capital que je me suis lancé dans la production du Soja. Mais, il faut souligner que je cultivais déjà la terre avec mes parents depuis mon bas âge. Donc la transition a été rapide.

J’ai commencé la production du soja avec les semences ordinaires sur une superficie d’un hectare et demi. Une parcelle héritée de mon père. J’y ai travaillé seul et ardemment. Ce n’était pas facile mais, j’y croyais fort. Disons que j’étais la risée de tout le monde. Car pour les parents, comment se fait-il qu’avec mon diplôme universitaire, je puisse revenir au village pour devenir cultivateur. C’est insensé. Pour eux, je ferais mieux d’être enseignant communautaire.  Ce qui ne m’intéresse en rien. Pour votre information, l’enseignant communautaire gagnait 20 000 F Cfa par mois. 

De cette campagne, j’ai pu faire une économie de 150.000 F Cfa l’année-là. C’est avec cette somme que j’ai pu doter ma femme. Actuellement, en plus du  soja, je produis le maïs, l’arachide, le coton et bien d’autres cultures. Avec la rareté de la main d’œuvre, je suis entrain de mettre en place un système de culture attelé.

Le circuit de commercialisation du soja avant l’intervention de ACMA2

Avant la construction du magasin de stockage de ACMA2, nous avons l’habitude de faire la vente groupée. Après la récolte, chaque acteur stocke sa production dans sa maison. Et c’est quand le prix de vente flambe un peu et que nous le trouvons opportun que nous procédons à la vente. Du fait que chaque producteur fait le stockage dans sa maison, on n’est pas informé à temps du jour de la vente.  De la même manière, nous n’avons pas d’entrepôt adéquat. Le mauvais état de la toiture ou des pailles empiète souvent la qualité de nos produits. De même, nous n’avons pas d’acheteur ou de partenaire fixe et sérieux.

L’aventure avec ACMA2, elle se conte tout aussi

ACMA2 est une grande opportunité pour moi. Personnellement, grâce aux formations accentuées sur les itinéraires techniques, l’éducation financière et le système de warrantage, j’ai pu augmenter ma superficie de production. Je suis en train d’augmenter progressivement la superficie que j’exploite, de 1.5 hectare je suis actuellement à 5 hectares. Aussi, en appliquant les notions de bonnes pratiques agricoles apprises au cours des différentes formations reçues, les résultats sont nets. Avant, j’étais limité à 6 ou 7 sacs de soja par hectare. Ce qui fait environ 900 kg. Avec l’appui de ACMA2, mon rendement est plus de 1,2 tonnes par hectare.

Le programme est aussi un ouf de soulagement pour ma coopérative ‘’Itchè Lere’’, qui veut dire, ‘’Le travail porte de fruit’’ dont je suis le Secrétaire. En dehors des formations de renforcement de capacité suivies, ACMA2 a construit un magasin de 200 tonnes spécialement pour nous à Boubou. Nos produits sont désormais stockés dans de bonnes conditions ; ce qui rend notre travail plus professionnel.  Cerise sur le gâteau,  grâce à ACMA2 et à sa Structure d’appui à entrepreneuriat (SAE) Sojagnon nous avons trouvé le marché des indiens pour écouler nos produits. Ceci nous a permis de signer un contrat de livraison de 200 tonnes de soja à raison de 200fcfa le kilogramme.

Le jour de notre première livraison aux Indiens, soit 43 tonnes, j’étais au cœur des opérations en ma qualité de Secrétaire de l’Union communale des producteurs de soja de Savè.  C’était une opération qui a donné la joie au cœur à toute la communauté. Personnellement, ce jour-là, j’étais tellement content que je me disais tout comme le Ministre des sports, Oswald Homeky, après la victoire du Bénin face au Maroc à la CAN 2019 «je ne sais pas s’il y aura un événement qui me rendrait si heureux dans ma vie».

« Aujourd’hui, je ne peux que dire merci à ACMA2 car, il m’a apporté un grand plus. De tous les projets, ACMA2 est celui qui touche réellement la vie des producteurs ».

Jean Paul Atinzovè
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2 comments

  1. ADJAKOTAN MARIANO dit :

    Vraiment ACMA2 est le meilleur excitant des jeunes pour l’agriculture,
    Bravo, bravo et bravo à ACMA2. Merci

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