• 28/02/2020
Actualités

Réchauffement climatique : la baisse de rendement agricole sera plus intense à + 2°C

GREEN NEWS N* 02

Février 2019

Du 10 au 12 octobre 2018 s’est tenue à Nairobi au Kenya, la 7ème Conférence sur le changement climatique et le développement en Afrique (Ccda – VII). A l’occasion, les discussions ont été focalisées sur le contenu du rapport 2018 du Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec). Les délégués ont insisté sur la nécessité d’aller au-delà des discours et des promesses. Le temps joue contre les décideurs dans le processus de réduction du réchauffement climatique à 1,5°C. C’est ce qu’indique le rapport 2018 du Groupe Intergouvernemental des experts sur le climat (Giec). Et le millier de délégués présents à Nairobi au cours de cette 7ème Conférence s’interrogent sur ce qui se mène concrètement comme actions dans le cadre de la mise en œuvre de l’accord de Paris. « Nos dirigeants, qui ont la clé pour la mise en œuvre effective de l’accord de Paris, doivent rester concentrés et résister aux tentatives visant à disperser la voix africaine unifiée pour priver le continent d’un marché solide dans la conception du règlement de Paris », a déclaré Mithika Mwenda, Secrétaire général de l’Alliance panafricaine pour la justice climatique (Pacja).Tirer leçon des indicateurs de 2018.

Se fondant sur plus de 6 000 citations de références scientifiques, avec la contribution de milliers d’experts, ce rapport spécial donne une idée d’un certain nombre de conséquences des changements climatiques qui pourraient être évitées si le réchauffement était limité à 1,5 ºC. Dans un monde à plus de 1,5 °C, le changement climatique affectera fortement le secteur agricole. La baisse de rendement sera plus importante à + de 2°C, notamment en Afrique subsaharienne, en Asie du Sud-Est  et en Amérique latine. Les prises annuelles de poissons seront réduites  de 1,5 millions de tonnes à + de 1,5°C et à plus de 3 millions de tonnes à + de 2° C. « La conséquence néfaste entre 1,5° C et 2° C est catastrophique pour l’agriculture. Il y a une institution qui a fait des recherches sur le maïs et le blé pour les deux températures. La chute de la productivité est incroyable alors qu’en 2050, l’Afrique doit avoir presque 2,5 milliards d’habitants. On peut tout dire, si le ventre n’est pas plein, rien n’est fait », déplore Mahamadou Nassirou Ba, Agroéconomiste et expert à la Commission économique pour l’Afrique des nations-unies.  La trajectoire est mal engagée depuis la Cop 21.

Mais le risque sera encore plus grand si les Etats restent immobiles. En 2100, le niveau de la mer à l’échelle de la planète serait, si le réchauffement était limité à 1,5 ºC, inférieur de 10 cm à celui qui risquerait d’être enregistré s’il était limité à 2 °C. La probabilité que l’océan arctique soit libre de glace en été serait d’une fois par siècle si le réchauffement est limité à 1,5 °C, mais d’au moins une fois tous les dix ans s’il est limité à 2 °C. Avec un réchauffement de 1,5 °C, 70 à 90 % des récifs coralliens disparaîtraient, alors qu’avec un réchauffement de 2 °C, la quasi-totalité (> 99 %) serait anéantie. «Toute augmentation supplémentaire de la température, aussi minime soit-elle, a son importance, d’autant plus qu’un réchauffement de 1,5ºC ou plus augmentera le risque associé à des changements pérennes ou irréversibles, tels que la disparition de certains écosystèmes», a ajouté Hans-Otto Pörtner, coprésident du Groupe de travail II du Giec.

Agir !

La crédibilité de l’accord de Paris est donc en jeu. A cet effet, les délégués réunis à la Ccda VII tirent la sonnette d’alarme.  Et la Cop 24 qu’accueille la Pologne en décembre prochain est stratégique, même si elle ne sera pas aussi décisive que la Cop 21. Il revient donc aux décideurs de prendre leurs responsabilités pour limiter la hausse à 1,5 °C, au risque de voir atteindre le scénario de 3°C avant la fin du siècle. Ce qui entraînerait des catastrophes irréversibles pour l’humanité. « Les résultats de la Ccda VII vont permettre aux pays africains d’avoir des outils clés à utiliser lors de la Cop 24. Ceci permettra de mieux défendre les positions africaines”, a martelé Oloushola Olayidé, Conseillère à la Commission de l’union africaine. La limitation du réchauffement planétaire à 1,5 °C et non à 2 °C minimiserait les effets, lourds de conséquence, sur les écosystèmes, la santé et le bien-être des populations. Mais, comme l’indique Mawussé Hountondji, Directeur exécutif de Jve-Bénin, « il appartient aux climato-sceptiques et à ceux dont les positions font trainer l’évolution du processus de lutte contre le dérèglement climatique de changer de paradigme. On parle de quelque chose que l’on vit déjà. Ce n’est pas futuriste ».

Fulbert ADJIMEHOSSOU

Partager
Publicités

Publications similaires

Laissez un commentaire