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Projet Avlanto-Bénin : Vers une disponibilité permanente du matériel de plantation de plantain

(La mise en place des germoirs se concrétise)

Modernes ou artisanales, petites ou grandes, chacun s’y est investi selon ses moyens. Et, c’est la mise en place des germoirs qui se concrétise ainsi. Ceci, pour la multiplication  massive de vivo-plants de bananiers et plantains par la méthode ’’Plants issus de fragments’’ de tige (Pif).  Une initiative du Projet Avlanto-Bénin dans les zones productrices de bananes au Sud du Bénin. Ce reportage est réalisé trois (03) mois après chez les pépiniéristes formés à cet effet par ledit projet.

Avédji, dans le département du Mono, ce 23 janvier 2020. Nous sommes à une vingtaine de mètres de la voie goudronnée Athiémé-Lokossa non loin du siège de l’ONG international The Hunger Project. Dans les environs, le domicile de Néto Cocou Kuakuvi.

A l’entrée de cette maison non clôturée exposée aux regards, se trouvait une mini construction. Pour les non-initiés, il s’agirait d’un abri pour élevage. Mais à y voir de près, nous sommes en face d’un germoir de matériel de plantation de plantain.

De forme rectangulaire de deux (02) mètres de long et un (1) mètre de large, se dresse ce germoir qui force l’admiration de par sa présentation et la simplicité de sa structure architecturale. D’une superficie de 2m2, ce mini bâtiment de multiplication des bananiers porte une toiture à double pente. Le tout est recouvert de film plastique blanc transparent. Les poteaux, la charpente, tout comme le sous bassement, sont en bois.
A l’intérieur, se trouvaient des explants de trois variétés de banane plantain ensemencées il y a deux jours dans la sciure de teck qui sert de substrat.  « Ce germoir répond aux critères techniques », nous confiait Jean-Baptiste Adimou, Coordonnateur de Germe ONG, membre du consortium Avlanto. Ces propos ont enthousiasmé notre hôte qui, profite pour nous confier ses ambitions à court-terme. « Je vais exposer mes plants de bananier plantain, ici », nous indiquait–il du doigt. Pour dire, pas très loin du germoir au bord du goudron. Mais avant, “les plants qui seront issus de cette première expérience seront repiqués dans mon champ”, a-t-il poursuivi.
Germoir de Néto Cocou Kuakuvi quelques semaines après notre reportage
De Athièmé en faisant un tour à Zê (Atlantique), le constat reste tout aussi épatant. L’enjeu économique que représente actuellement la banane plantain dans cette zone est à la hauteur des investissements consentis dans la mise en place des germoirs. Ceci, peut s’expliquer par la proximité de cette zone de la ville de Cotonou (Capitale économique du Bénin), où la demande en plantain est forte.
Les visites effectuées auprès des 05 pépiniéristes formés par le projet Avlanto-Bénin dans cette commune ont révélé l’engouement que porte chacun d’eux au développement de cette chaîne de valeur à haute valeur ajoutée. C’est le cas de Raymond Akovoélé, pépiniériste du village de Sèdjèse. Il dispose d’un germoir, un abri de 4m2 en construction pour abriter les variétés de bananier plantain.
A tout point de vu, ce dernier n’a pas hésité à mettre les moyens pour lancer la construction de son germoir construit en matériaux définitifs et respectant les normes réglementaires. Les poteaux sont en béton armé. Le plancher légèrement en pente est cimenté avec une sortie de tuyau en PVC. Ce dernier sert d’évacuation d’eau d’arrosage ou de drainage du surplus d’eau aménagé. Ici, ce qui compte, martèle-t-il, « c’est la largeur de 1m qui doit être respectée rigoureusement, ceci, pour permettre de faire passer librement de part et d’autre la main pour faire les travaux d’entretien. La longueur importe peu ». 

A partir d’un seul rejet de bananiers, on peut produire 30 à 100 vivo-plants vigoureux et sains

pépinière de bananiers AVLANTO BENIN
Comme ses pairs supra cités, dans le département du Plateau précisément à Tatonnonkon (Adja-Ouère)  Gilbert Tankpinou, lui aussi pépiniériste, s’est aussitôt mis à l’œuvre après la formation. Seulement, il y est allé avec les matériaux locaux .  L’adage fon qui stipule que ‘’c’est avec le bâton qu’on a qu’on tue le serpent qui surgit’’, se vérifie bien ici. C’est un grand panier qui constitue le socle de son germoir. A l’intérieur, des bâtons piqués dans le substrat servent de charpente qui soutient le sachet blanc transparent qui couvre le tout. Perches et branches de palme ont servi à construire l’ombrière. Cette dernière a permis de maintenir une température élevée favorable à la germination des explants ensemencés. Ce qui crée un environnement favorable pour la cause.
Déjà, à coté de ce germoir, sont dressés les plants de bananiers en sachet prêts pour la vente. Autrement, le business de pépiniériste a pris corps déjà. Et, ceci, avec un dispositif rudimentaire mais efficace. 
pépinière de bananiers plantain
En somme, tout se met en place pour une disponibilité permanente des plants des différentes variétés de bananiers plantain dans les zones productrices de bananes au Sud Bénin. C’est dans cette perspective qu’une collection des diverses accessions de bananier plantain disponible au Bénin a été installée sur le site expérimental de la Faculté des sciences agronomiques (Fsa) sis à Sékou par le projet Avlanto. Objectif, distribuer gratuitement ces différentes variétés aux pépiniéristes formés en vue de faciliter la diffusion et la commercialisation des variétés performantes de banane plantain.
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PATRICE TALON GREEN NEWS

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