• 06/07/2020
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Jna 2020 : « Il faut réconcilier les gens avec l’arbre par une nouvelle théorie que celle du carbone » Dr Barthélemy Honfoga

De 1985 à 2020. Cela fait 36 années depuis le lancement de la première Journée nationale de l’arbre au Bénin (Jna) par le Président Mathieu Kérékou. C’était dans la commune de Sèmè-Podji. Une initiative salutaire qui a posé le Bénin sur les rails de l’éconationalisme. Cette démarche de l’homme qui redonne à la terre ce qui lui a été pris, est devenue une coutume. Ainsi, chaque 1er juin, on les voit, élus locaux et responsables à divers niveaux des entreprises privées et ONG locales, sacrifier à la tradition par la mise en terre des plants. Occasion aussi pour les acteurs du secteur Environnement, de procéder à des analyses. Tant, l’écart entre les efforts déployés et les résultats, contrastent. Pour cette édition de la Jna, votre web journal de l’actualité agricole au Bénin www.zoomagro.com donne la parole à Barthélemy Honfoga, Enseignant Docteur à la Faculté des sciences agronomiques à l’Université d’Abomey-Calavi. Fsa/Uac.

Depuis 1985 jusqu’à ce jour, si l’on doit comptabiliser le nombre de plants mis en terre, le Bénin devrait déjà atteindre une efficience du point de vue du reboisement. Si tel n’est pas le cas, il faut y voir des difficultés ou des problèmes qui empêchent l’atteinte de ce résultat. Pour l’expert agroéconomiste, Dr Barthélemy Gbènoukpo Honfoga, deux raisons expliquent ce phénomène.

Il s’agit d’une part de l’imprécision des statistiques du reboisement depuis 36 ans et d’autre part, l’absence d’entretien des plants mis en terre. Il évoque le manque de sérieux et la pratique du détournement des fonds qui gangrènent le Bénin pour justifier la fausseté des statistiques et le manque de prévision budgétaire pour l’entretien des plants. 

A cet effet, comme solution, Dr Barthélemy Gbènoukpo Honfoga propose « l’implication des municipalités/mairies et la dotation suffisante de fonds nécessaire pour assurer cet entretien ». « Le tout n’est pas de crier chaque année ”Journée de l’arbre” ! Il y a ceux à qui cela profite… », notifie-t-il.

Par ailleurs, selon ses analyses, si au Bénin, les fruits du reboisement ne sont pas manifestes, ceci est dû à un problème culturel. Plus précis, la perception que la plupart des Béninois ont de l’arbre. « La population n’aime pas l’arbre ; dès le moment qu’il commence par grandir et grossir, il devient le refuge des sorciers… C’est pourquoi, on le déterre et on en fait ce qu’on veut, sans ménagement… », fait savoir-il. Pour cela, il pense « qu’Il faut alors réconcilier les gens avec l’arbre par une nouvelle théorie des bienfaits socioculturels et économiques (différente de celle du carbone) et un nouvel engagement populaire’’.

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