• 05/07/2020
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Covid-19/Soutien de l’état béninois aux entreprises : Aucune mesure spécifique au secteur agricole !

Au Bénin où l’agriculture occupe plus de 70% de la population active, aucune mesure n’a été apportée pour soutenir ses acteurs face aux affres de la Covid-19. Alors même que…

Ce n’est plus un secret. Des 74 et quelques milliards de Francs Cfa prévus par le Gouvernement de la République du Bénin pour manifester la solidarité nationale envers les acteurs des secteurs touchés de plein fouet par les effets du coronavirus, pas un kopeck aux acteurs du secteur considéré comme fer de lance de l’économie béninoise. L’agriculture.

Et dire, selon les chiffres de l’INSAE qu’elle participe à hauteur de 32,7 % en moyenne au PIB, 75 % aux recettes d’exportation, 15 % aux recettes de l’État et fournit environ 70 % des emplois tout en contribuant surtout à assurer la sécurité alimentaire du pays.

En effet, en parcourant de fond en comble les décisions issues du Conseil des ministres du mercredi 10 juin 2020, on se rend à l’évidence. L’agriculture a été oubliée. Pourtant, elle n’a pas été épargnée par cette pandémie mondiale. A l’instar des autres secteurs, elle a reçu son lot d’infortunes.

Déjà, avec la fermeture des aéroports, des ports et des frontières, le commerce international s’est vu plombé. L’exportation, elle, réduite. Pour sa part, le Bénin n’arrivait plus à exporter son ananas (produit périssable). Les exportateurs se retrouvant face aux obligations de réduire leurs déplacements. Nous étions pourtant dans la période d’explosion de la vente d’ananas en Europe (marché cible). Dans le même temps, la campagne de cajou 2020 a été soumise à de rudes épreuves au point où les petits producteurs d’anacarde ont été contraints de liquider leur cajou pour survivre face à la crise. Les prix minima sont passés à 100 F CFA le kilogramme loin du prix plancher (325 F CFA) dans certaines zones de production au Nord Bénin. Et, ce ne sont que quelques exemples. Des réalités face auxquelles beaucoup espéraient la main forte de l’Etat. Mais en lieu et place, rien ne sera fait.

Pendant ce temps…

Contrairement au Bénin, certains pays ont apporté des subventions spécifiques au secteur agricole. Dans la sous-région, la Côte d’Ivoire a mis en place un plan de soutien de 650 milliards de F CFA à l’économie, dont F CFA 300 milliards dédiés aux filières agricoles soit environs 46%. Le Mali, quant à lui, a accordé une subvention de 50 F CFA sur le kilogramme du coton ce qui implique une incidence financière chiffrée à 35 milliards de F CFA. Et ceci, c’est sans compter les autres filières.

Dans le même contexte, comme plan de riposte agricole-Covid19, le voisin de l’Ouest, le Togo, propose un crédit intrant à taux zéro. Ailleurs, au Japon, 4,5 milliards d’euros sont destinés pour le secteur agricole et agro-alimentaire. Faut-il donc comprendre que sous nos cieux, les acteurs agricoles ne valent pas le pet d’un lapin ? qu’ils n’ont aucun mérite ?

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2 comments

  1. Ahouangnihoué Esther dit :

    Merci pour tout ce que vous faites pour LA bonne marche de l’agriculture

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