• 06/07/2020
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Côte d’Ivoire: Le marché de Cajou subit un changement des règles de commercialisation

En Côte d’Ivoire, le marché de l’anacarde est quasiment à l’arrêt et marqué par un changement des règles de commercialisation. Suite à la décision du gouvernement de garantir à tous les producteurs le prix minimum de 400 FCFA/kg à travers une subvention de 35 Milliards de Francs CFA (60 Millions de Dollars US) pour atténuer l’impact économique du COVID 19, les agréments d’achats de la noix de cajou brute ont été retirés à la majorité des acheteurs.

Seuls les acheteurs travaillants sous la tutelle d’un transformateur ou d’un exportateur membre du GIE-GEPPA agrées pour recevoir et gérer la subvention (et respecter les prix minimum) sont autorisés à continuer les achats en pratiquant un prix de 400 FCFA/kg bord-champ. Cette décision annoncée la semaine dernière a commencé à être appliquée sur le terrain cette semaine.

Dans ces conditions, les ventes de noix de cajou se font très rares au niveau bord-champ et les producteurs détenteurs de stocks et qui n’ont pas de besoins urgents attendent qu’un acheteur vienne prendre leur produit à 400 FCFA/kg. D’après les estimations du gouvernement ce programme doit permettre l’achat de 350 000 tonnes de noix de cajou brute qui resteraient disponible dans le pays à 400 FCFA/kg.

Ces derniers jours, les prix bord-champ restaient entre 200 et 400 FCFA/kg mais avec très peu de transactions. Les prix gros oscillaient toujours entre 225 et 425 FCFA/kg et les prix portuaires ont varié entre 285 et 484 FCFA/kg. Dans ces conditions, nous espérons que le gouvernement va lancer au plus vite ce programme d’achat des stocks résiduels au risque de voir la qualité des noix se dégrader fortement. Nous recommandons aux producteurs de bien prendre soin de leurs derniers stocks d’ici le démarrage du programme.

Le point de vue de l’analyste, Pierre RICAU

La grosse nouveauté de cette semaine est clairement l’interruption de la commercialisation en Côte d’Ivoire. Même si plus de la moitié de la production du pays a déjà été acheté et exportée (ou est en cours d’exportation), les stocks restants disponibles dans le pays ne sont pas négligeables environ 350 000 tonnes d’après le Conseil du Coton et de l’Anacarde (CCA), entre 275 000 et 300 000 tonnes selon nos estimations. Comment vont être mis en vente ces stocks, payés à prix un prix élevé malgré le fait qu’ils sont probablement d’une qualité très médiocre (45 lbs/sac voire moins) ? Le flux d’exportation déjà nettement retardé par le COVID et plus lent que les années passées va-t-il ralentir encore d’avantage ? Une partie de ce stock va-t-il être conserver pour l’approvisionnement des usines ivoiriennes qui n’ont pas réussi à obtenir suffisamment de financements dans un contexte de grande frilosité du secteur bancaire ?

Cette nouvelle politique publique de la Côte d’Ivoire renforce l’incertitude mais aussi à notre avis le potentiel de hausse des prix de l’amande de cajou sur la deuxième moitié de l’année. Pourtant, jusqu’à présent, les prix pratiqués restent extrêmement bas et l’industrie vietnamienne continue de liquider ses stocks d’amande de cajou à très bas prix… le marché est vraiment très difficile à anticiper cette année.

Pour les producteurs ivoiriens, si cette politique débouche rapidement sur des achats réels et massifs à 400 FCFA/kg, il pourrait s’agit d’une excellente nouvelle. Pour les autres producteurs de la sous-région, la grande majorité des stocks ayant été vendu, l’impact sera très limité.

Enfin, pour les producteurs de noix de cajou de Guinée-Bissau, seul pays qui conservent encore d’importants stocks producteurs avec la Côte d’Ivoire, une hausse de la demande voire des prix internationaux risque de n’avoir qu’un impact limité car après 3 semaines de campagnes, les capacités d’achats des exportateurs diminuent et le manque de financement risque de rester un frein durable à la concurrence sur le terrain.

 Nous recommandations pour cette semaine

– Aux producteurs qui ont encore des stocks : de ne pas prendre trop de risque et de vendre la totalité de votre production là où la campagne se fini mais aussi en Gambie et au Sénégal où les prix sont élevés. Nous conseillons aux producteurs de Guinée-Bissau de vendre la majorité de leur production lorsque le prix de 325 FCFA/kg leur est proposé.

– Aux commerçants et exportateurs : de ne pas s’engager sur de trop gros volumes, de ne pas trop stocker, pour ne pas subir la volatilité haussière comme baissière.

 – Aux transformateurs : de finir rapidement votre approvisionnement. D’accepter les engagements à moyen terme (jusqu’à août/septembre) si le prix proposé est égal ou supérieur à 2.9 USD/lbs pour l’amande WW320 mais de ne pas vous engager à moins de 3.1 USD/lb sur le dernier trimestre 2020 (octobre-décembre) étant donné la baisse de l’offre attendue pour cette période.

SOURCE : N’KALO

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