• 03/08/2020
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Fêtes de tabaski et d’indépendance: Quand pauvreté et sobriété font front commun

Ç’aurait été un très beau week-end prolongé dès jeudi prochain. Deux fêtes majeures qui s’alignent et qui devraient mobiliser énergie et ferveur pour de moments mémorables. Seulement voilà, il n’y aura rien. En tout cas, officiellement. Et même dans les familles, la tendance est à cette même option.

Tabaski chez soi.

Tout commencera le vendredi par la fête du mouton, ou la tabaski. C’est l’occasion de la vraie réjouissance chez les musulmans qui célèbrent ainsi une fidélité à la foi dans Allah, témoignée par la volonté du patriarche Abraham d’offrir en immolation, son fils unique. Cette année, les choses ne vont pas emporter par la chaleur et la grande célébration comme à l’accoutumée. La pandémie du coronavirus a déjà fixé quelques règles. « Je ne pourrais pas sortir, aller à la plage, fêter comme je veux et tout. Je ne pourrais pas aller voir des amis et passer de bons moments en groupes comme l’année passée. C’est dur. Ça enlève quelque chose à la fête », se plaint Soumanou, musulman à Abomey-Calavi. D’ailleurs, beaucoup sont dans cette déception. Le communiqué de l’union islamique du Bénin qui a fixé les conditions de célébration, a fini par convaincre de la nécessité de respecter les gestes barrières. Porter un masque pour fêter, même si c’est la seule alternative pour rester en vie, n’a visiblement rien de jouissif.

Certains concèdent qu’il s’agit d’une situation exceptionnelle. « Ca va passer. Nous allons rattraper tout ça. C’est sûr». Rattraper, c’est possible. Mais il faut prier alors pour avoir en son temps, de quoi faire la fête. Parce qu’en plus des restrictions dues aux coronavirus, les musulmans se plaignent du manque de moyens. Un tour au marché de mouton à Calavi, et le constat saute à l’œil. Les lieux qui grouillaient de monde naguère, restent désespérément vides. Les vendeurs s’ennuient. Entre deux bâillements, Amadou vendeur de mouton du Niger, se désole. « Nous sommes mardi déjà, et je vous jure au nom d’Allah, je n’ai encore rien vendu alors que la fête c’est vendredi. Même pas l’oreille d’un mouton. Vraiment, Allah n’a qu’à avoir pitié de nous. L’argent, y’en a pas », finit-il, dans son français fortement accentué.

60 ans pour rien ?

Du côté de la fête de l’indépendance qui va se tenir le lendemain, samedi, sobriété annoncée. Du coup, rien ne bouge. Sinon presque rien, notamment à Cotonou et dans les Communes environnantes. Dans la capitale économique, on peut apercevoir sur certaines places publiques, les couleurs nationales annonçant une fête importante. Mais cela s’arrête là. « Pas de concert, pas de match. Pas de défilé. Rien de rien. C’est ce qu’ils ont dit, non ? On va faire comment ? Encore que, c’est la même routine. Vous voyez ? », confie Dénis, mi-figue mi-raisin. A Abomey-Calavi, le maire Angelo Ahouandjinou a annoncé une vaste campagne pour toiletter la ville et offrir un cadre sain aux populations pour la fête. Les couleurs nationales sont aussi annoncées pour décorer les rues et artères pour éviter que sobriété ne rime avec banalité autour d’une fête dont l’importance n’est plus à démontrer : 60 ans de marche d’une nation vers son développement.

Source : Inf’au Zénith.

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