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Bénin/ Fête de Tabaski : Les autres raisons de la mévente des caprins selon Saheed Tairou

La filière élevage notamment de caprins a connu tout comme la filière agricole, son lot d’infortunes cette année 2020. Et c’est la fête de Tabaski qui nous la révèle. A travers ce reportage de votre Web journal, Saheed Tairou, promoteur de la ferme de production animale Source of help farm (SHF) nous explique ici, les raisons,outre celles liées à la pandémie du Coronavirus, de la mévente des moutons observée lors la célébration de l’al-Eid kébir 2020.

31 juillet 2020, c’était la célébration par la communauté musulmane de la fête de tabaski communément appelée fête de mouton au Bénin.

Un rendez-vous annuel qui marque chez les croyants musulmans leur fidélité à la foi d’Allah. Fidélité manifestée par le patriarche Abraham qui offrit en immolation, son fils unique. Mais outre l’aspect religieux de sa commémoration, la Tabaski se veut également un rendez-vous économique pour les éleveurs d’accroître leur chiffre d’affaires. Seulement, cette année, le navire des dividendes n’a pu être maintenu à flots. La pandémie du coronavirus aura pris par là. Mais celle-ci reste un pan de la mévente enregistrée vu la morosité économique qu’elle a engendrée et qui a influencé la commercialisation des moutons.

En effet, au lendemain de cette fête, votre Web journal d’information et d’analyse agricole a rencontré Saheed Tairou Spécialiste de l’économie de la production animale sur sa ferme située dans les encablures du carrefour Djèffa à Sèmè, Commune frontalière au Nigéria. Une ferme de production animale ou s’effectue l’élevage des poulets, de cailles, de lapins et surtout de moutons de race très prisés pour le sacrifice de la Tabaski. Coïncidence ! c’était au moment où l’homme faisait le bilan de ses recettes.

Sur la cour de la ferme, les invendus de moutons sont attachés à des supports en fer fixés dans le sol. Pendant ce temps, leurs abris étaient en train d’être nettoyés par des ouvriers occasionnels commis spécialement pour cette tâche.

Les raisons ignorées de la mévente

Pour Saheed Tairou notre spécialiste, la mévente de cette année se présageait déjà du fait de la Covid-19. “C’est une évidence face à laquelle on ne devrait pas être surpris”, rappelle ce jeune agri preneur béninois. Mais outre ce fait, “la part du marché destinée aux éleveurs béninois sur quoi nous comptons n’a pas été malheureusement acquise, ceci, pour deux raisons.

La première, il y a eu ce que je qualifierais d’entrée incontrôlée des caprins venant de nos voisins du Nord-Bénin, notamment le Niger. Ces derniers une fois sur le marché avec leurs bêtes, se sentent obligés de les liquider dès les derniers jours qui précèdent la fête puisque cela représente pour eux un surcoût de les convoyer à nouveau dans leur pays. Or, cette année, le marché s’est animé à quelques jours près de la fête. Ce qui a créé une mévente pour ceux qui n’étaient pas en mesure de brader leurs produits.  La deuxième raison est liée au coût actuel du Naïra. Dans ce contexte, les nigérians qui venaient faire leurs achats ici, ne sont plus venir en nombre. Au contraire, certains de nos compatriotes ont effectué leurs achats au Nigéria. Sûrement à cause du prix qui leur est relativement abordable. C’est la loi de l’offre et de la demande. Et c’est le business. Cela a plus affecté nous qui vendons les moutons de races. Les prix ont chuté de 10 à 40%. Par exemple, j’ai été obligé de vendre un mouton qui coûterait en temps normal 300 000f à 230 000fcfa”, fait-il observer.

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