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Bénin/Economie agricole: Analyse de la chaîne de valeur ananas

Analyse de la chaîne de valeur ananas au Benin ZOOM AGRO

L’analyse des chaînes de valeur (Cv) aide à la décision dans le dialogue politique et les opérations d’investissement. Elle permet de situer le développement agricole dans la dynamique des marchés et de déterminer l’impact des chaînes de valeur sur les petits producteurs et les entreprises. La Commission Européenne a élaboré une méthode d’analyse standardisée qui vise à comprendre dans quelle mesure la chaîne de valeur contribue à une croissance inclusive et est durable socialement et pour l’environnement.

L’ananas, une filière prioritaire pour le PAG volet agriculture

Le Gouvernement du Bénin investit dans la transformation de son secteur agricole, suivant une stratégie combinant l’approche territoire et l’approche filière, dans des zones homogènes ou « Pôles de Développement Agricole » pour valoriser les potentialités locales. Dans ce cadre, un accent particulier a été mis sur le développement des filières à haute valeur ajoutée dont l’ananas. L’amélioration durable de la production, la productivité et la compétitivité de l’ananas est promue depuis 2016 avec le Programme National de Développement de la Filière Ananas (PNDFA).

Au Bénin, l’ananas est l’une des principales cultures à potentiel pour l’exportation après le coton et l’anacarde. Les zones de production d’ananas se situent principalement dans les régions du sud et du centre du pays. 83 % de la production nationale est concentrée autour du plateau d’Allada dans le Département de l’Atlantique. De nouvelles zones d’extension de la production émergent progressivement.

Contribution à l’économie nationale

La valeur ajoutée totale de la Cv est de 20 milliards de FCFA (30 millions €). Les sous-filières conventionnelles créent 72% de la valeur ajoutée directe (VAD). Avec l’utilisation de 2% de la production totale d’ananas frais, les sous-filières biologique et export arrivent à créer 28% de la VAD. Les producteurs créent 51% de la VAD. La CV est dépendante d’un niveau élevé d’importations pour la production agricole de fruits frais mais surtout pour leur transformation en jus (différents types d’emballage). Ces importations constituent une perte de VA pour l’économie nationale car d’une part, elles coûtent cher et réduisent ainsi les revenus d’exploitation des acteurs de la CV, et d’autre part, ces consommables pourraient générer de la VA indirecte s’ils étaient produits dans le pays.

La CV représente 0,42 % du PIB national et 1,95% du PIB du secteur agricole. Ces taux sont plus faibles que par le passé car la CV garde encore les séquelles de la crise de l’éthéphon traversée il y a quelques années (interdiction d’exportation d’ananas vers l’Europe à cause de la présence de résidus de pesticides). La balance commerciale de la CV est négative de 4,17 millions d’€ en raison des importations d’intrants supérieures aux exportations d’ananas. Concernant la contribution aux finances publiques, les acteurs ne reçoivent pas de subventions et les taxes perçues sont insignifiantes car les activités pour beaucoup sont informelles. Viabilité dans l’économie internationale Le Coefficient de Protection Nominale (CPN) est de 0,9. Cela signifie que les acteurs de la CV bénéficient d’un revenu légèrement inférieur à celui qu’ils auraient sur le marché international. Le ratio de Coût en Ressources Internes (CRI) est de 0,5 démontrant que la CV a un avantage comparatif dans la mesure où elle utilise moins de facteurs de production domestiques qu’elle ne génère de valeur économique calculée aux prix internationaux.

Contribution de la chaine de valeur à la croissance économique

La contribution de la CV au PIB agricole la contribution de la CV au PIB agricole (<2%) est actuellement assez faible. Les sous-filières les moins intégrées dans l’économie nationale (de l’ordre de 55%) sont celles qui comportent un processus de transformation qui fait appel à des consommations intermédiaires importées. Il pourrait être pertinent de proposer des substituts domestiques à ces importations (essentiellement emballages) qui peuvent être très coûteuses et représentent une perte pour l’économie nationale

SOURCE : Rapport VCA4D de la Commission Européenne

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