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Bénin/ Relooking des produits agricoles : Des emballages de conditionnement distribués aux bénéficiaires de acma2

Bénin/ Relooking des produits agricoles : Des emballages de conditionnement distribués aux bénéficiaires de acma2

L’objectif principal du programme Approche communale pour le marché agricole (ACMA2) est d’accompagner les acteurs des pôles d’entreprise Agricoles (PEA) dans l’accroissement de leurs revenus. Pour y parvenir, plusieurs chemins sont empruntés dans une synergie d’action. Les activités de communication du programme s’inscrivent dans cette logique et appuient tous ces chemins non seulement pour la visibilité des interventions du programme mais également pour la mise à l’échelle des bonnes pratiques portées par le programme et leur pérennisation. Entre autres activités conduite par le volet communication pour accompagner les activités de facilitation du marché menées, figure le relooking : l’amélioration de la présentation (branding) des produits des acteurs. Tout part de là dit-on. 3 ans après le début de cette aventure, Olga Kokodé Nounagnon, Responsable communication Acma2 nous fait le point.

Zoom-Agro : Nos lecteurs voudraient en savoir davantage sur la raison qui justifie cette initiative

Le Programme, à plusieurs reprises, a fait participer les acteurs qu’il appui à des évènements agricoles : Foires, Salons, etc. aussi bien au Bénin qu’à l’extérieur. Et, ce que nous avons remarqué à ces différentes participations, c’est que les produits de nos acteurs sont de très bonne qualité mais, leur présentation n’était pas attractive. On a utilisé une stratégie qui consistait à leur demander de faire goûter à leurs visiteurs des stands, leurs produits.  La réaction de ces derniers a corroboré notre hypothèse. ‘’Waouh, le produit est très bon, je ne m’y attendais pas du tout, l’emballage ne m’a pas attiré’’ se sont exclamé plusieurs visiteurs après avoir gouté à divers produits. Alors, la décision a été prise d’accompagner les acteurs pour une meilleure présentation de leurs offres, parce que là résidait leur faiblesse. Ils ont de bons produits ; ça, c’est incontestable. Ainsi, pour régler ce problème, nous les avions invités à une série d’ateliers auxquels furent associés des spécialistes en graphisme design, en packaging. Une occasion pour les bénéficiaires de bénéficier de formation en marketing, de coaching sur comment conquérir le marché avec son produit, ils ont également eu l’opportunité d’examiner différents emballages et de s’exercer aux choix de l’emballage adapté à leurs produits en tenant compte du rapport qualité prix.

Parlez-nous des types d’emballages distribués

Ils varient en fonction des produits, des chaînes de valeurs. Si je prends le poisson, il y a deux types d’acteurs : les pisciculteurs (poisson frais) et les mareyeuses (poisson fumé). Pour les pisciculteurs, se sont des bacs à poisson en bois démontable et transportable, des bâches publicitaires, des sachets biodégradables personnalisés avec leurs données, des cartes de visite. Par contre, pour celles qui font le poisson fumé (mareyeuses), ce sont les caissons d’exposition vitrés, des sacs en papier kraft perforés pour la vente du poisson, des flyers etc. Pour ceux qui font l’huile de palme ou l’huile d’arachide, l’emballage c’est le bidon.

Les types d’emballages reçu par les transformatrices de manioc en gari et dérivés sont les sacs en papier kraft. Les transformatrices de piment ont droit aussi bien aux sacs en papier kraft qu’au bidon. Pour le maïs, le soja, les emballages se sont les sacs en polypropylène pour les grains et les sacs en papiers kraft pour les dérivés (farines, biscuits…). Pour le lait de soja ce sont des bouteilles en verres. Les emballages sont donc répartis selon les différents produits suivant les grammages (500g, 1kg, 5kg, 25kg et 100kg) ou volumes (1/4L, 1/2L, 1L, 5L) de conditionnement.

Les acteurs concernés et zones de distributions S’il vous plait

Il s’agit des 4 départements couverts par le Programme : Ouémé, Plateau, Zou et Collines. Sont concernés, les jeunes (moins de 35 ans d’âge), les femmes et les hommes. Etant donné que le secteur de la transformation est dominé par les femmes, cette catégorie représente 80% des bénéficiaires de cet appui. Mais il faut préciser que cette activité a pris en compte aussi bien des producteurs que des transformateurs.

Appréciez les résultats

Comme je l’évoquais précédemment, les étiquettes, les cartes de visite, les bâches publicitaires et différents types d’emballages personnalisés ont été distribués aux bénéficiaires sélectionnés pour changer l’aspect de leurs produits. Cette expérience a été testée à la foire de l’indépendance de 2018 et à la quinzaine commerciale de fin de la même année, la foire de l’indépendance du Bénin en 2019, à diverses éditions du salon Agri finance avec ces produits relookés. La différence était évidente. Le résultat était palpable. Les mêmes produits coulaient, les gens se les arrachaient. Beaucoup d’entre les acteurs se sont extasiés devant leurs étalages, émerveillés par la vitesse à laquelle leurs stocks s’épuisaient. Les acteurs étaient devenus plus fiers de leurs produits. Et nous, on était content d’être témoins de la fierté qui se dégageait des visages des acteurs et même des acheteurs. Ils ont pu nouer des relations d’affaires…

Le programme a fait participer certains acteurs à la foire de Lagos au Nigéria, et c’était la même réaction. Les Nigérians ne se sont pas faits priés.  Vous entendez par exemple, « I am proud of you », c’est-à-dire, je suis fier de vous. Ils nous confiaient : « j’achète juste pour que ça puisse rester sur ma table pour que les gens puissent voir que nous faisons du beau travail en Afrique ». Et, quand ils y goûtent, ils reviennent le lendemain avec d’autres personnes pour acheter encore et beaucoup plus. Nos bénéficiaires ont, du coup, compris l’importance des emballages et le fait d’avoir une marque pour son produit. Le merveilleux c’est quand l’acheteur appelle l’acteurs quelques temps après pour faire une commande c’est le début d’une aventure très prometteuse.

Avec ces résultats, en 2019, on a élargi le nombre de bénéficiaires des formations de préparation de la participation et de relooking à 200. Cents (100) ont reçu leurs outils de branding. Et cette année (2020), l’initiative démarrée en 2019 a été finalisé par la remise des outils de relooking à la centaine d’acteurs PEA de la deuxième vague. L’innovation pour cette fois, c’est l’intégration du code QR sur les emballages, ce qui garantit la traçabilité des produits.

Certainement des impacts 

Il est important de faire noter que les acteurs qui ont bénéficié des premiers appuis ont déjà commandé à leurs fournisseurs, à plusieurs reprises, d’autres emballages et étiquettes sans l’intervention de ACMA2. De plus, ce ne sont pas que les acteurs appuyés qui pratiquent le relooking aujourd’hui. Ces derniers avaient pour mission de passer l’information à leurs pairs dans leurs communautés. Ce qui fut fait. Du coup, d’autres ont été impactés. Les superviseurs départementaux et les facilitateurs de marché du programme ACMA2 font au quotidien un travail de coaching des acteurs sur l’utilisation des étiquettes, l’apposition des étiquettes, l’entreposage des produits conditionnés, la gestion des commandes et autres. Ceci, pour faciliter l’adoption de ces bonnes pratiques de présentation de produits et packaging.

Par ailleurs, sur le plan économique, le relooking a permis d’accroître les ventes et la marge bénéficiaire sur les produits.

Sur le plan social, permettez-moi de vous faire le récit de cette dame de Dasso, un village de la Commune de Ouinhi dans le Zou. Elle m’a confié exactement ceci : « vraiment, vous ne savez pas ce que ACMA2 a fait pour moi. Moi, je suis dans un village…et je sors mon gari bien présenté et emballé. C’est le spectacle autour de moi, on me regarde avec admiration et étonnement. Et quand mon téléphone sonne et que je reçois des commandes là les miens comprennent que quand je vais à des ateliers ce n’est pas pour rien, les résultats sont là. Tout le monde m’envie ». Bref, on a plein de cas comme ça : des époux qui désormais s’activent pour aider leur femme à répondre à la demande de plus en plus grandissante, des coépouses devenus membres des mêmes groupements, coéquipières et donc partenaires en affaires

Bilan et défis

De 2017 à 2020 le programme a accompagné en tout 300 acteurs économiques agricoles dans le relooking de leurs produits. Les emballages distribués varient d’un acteur à un autre selon les produits que chacun fait. Chaque acteur PEA a bénéficié en moyenne d’une subvention de 250 000 FCFA comme coût pour les emballages répartis suivant les différents produits développés suivant les grammages ou volumes de conditionnement ces outils de relooking : emballage, carte de visite, flyers, étiquettes autocollantes ou sérigraphie, banderole sur bâche. Pour les 200 acteurs PEA ayant bénéficiés de cette expérience de 2019 à 2020 le montant de cet accompagnement s’élève à plus de 50 millions de FCFA.

De 2019 à 2020 le montant de cet accompagnement s’élève à plus de 50 millions de FCFA.

Olga Kokodé

Notre défi, c’est de voir les acteurs continuer dans cette lancée, et que chaque acteur contamine au moins trois personnes dans son environnement avec cette bonne pratique et ainsi de suite, pour la pérennisation de cette bonne pratique. C’est bénéfique pour les acteurs et également pour l’Etat. Un produit bien présenté a plus de chance d’être adopté par le consommateur. Nous avons dans le pays des acteurs économiques agricoles dont les produits sont de bonne qualité, tant que ces produits ne seront pas présentés de façon attractive, ils resteront dans l’anonymat et ne pourront pas bien se positionner sur le marché.

L’autre chose sur laquelle nous travaillons, c’est d’encourager les professionnels du graphisme, du packaging et du relooking à s’intéresser davantage à ces femmes qui sont dans les villages lointains mais qui ont de faibles revenus mais qui méritent d’aller sur ce segment de marché. Nous encourageons ces professionnels proposer des prix préférentiels à ces personnes et à ne pas faire beaucoup trop de bénéfices sur elles. Nous leur faisons comprendre que le gain est plus dans la durée et dans le nombre de personnes touchées que dans le montant à gagner tout de suite et maintenant.

Nous allons conclure. Votre mot de la fin

Accroitre les revenus des acteurs économiques agricoles c’est possible, les résultats du programme ACMA2 le montre au jour le jour. Tout ce que le Programme souhaite c’est que les acteurs soient professionnels et que les acquis, c’est-à-dire les formations, les innovations, les résultats induits ou portés par le Programme s’inscrivent dans la pérennisation. Que les acteurs puissent continuer avec ou sans nous. Ce qui moi me fait plaisir, c’est de voir que beaucoup d’acteurs sont convaincus de la chose. Je voudrais donc les inviter à saisir toute opportunité de pérennisation des acquis induit par le programme ACMA2.

A un moment où à un autre de notre vie nous avons tous besoin d’un médecin, d’un enseignant, mais c’est chaque jour que chacun de nous a besoin d’un acteur économique agricole’’. Ainsi donc, l’acteur agricole, doit savoir qu’il est un maillon très important pour le développement et donc se donner les moyens…Le programme leur a montré un chemin, qu’ils se donnent aussi les moyens de suivre ce chemin.

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