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Bénin-Soja : Ce que pense le jeune producteur, Anicet Adifon de la campagne 2020

L’ouverture du marché chinois au soja du Bénin a décuplé l’ardeur des producteurs qui ont augmenté les surfaces cultivables (emblavures) pour cette spéculation.  C’est le cas par exemple de Anicet Adifon, jeune producteur agricole de Glazoué qui nous livre ici son analyse de la campagne peu reluisante en cours (2020).

Producteur de soja, dans la commune de Glazoué, 26 ans, marié père d’un enfant, Anicet Adifon a fini par accepter le verdict a lui imposé par le retard des pluies pour cette campagne 2020 du soja. Pour lui, les fruits ne pourront pas tenir la promesse des fleurs. « Il n’y aura pas grand chose cette année » avoue-t-il la tête penchée d’un côté.

La réalisation du magasin de stockage de soja construite par le programme ACMA2 dans la région aura favorisé la commercialisation en peu de temps et à bon prix (225 f CFA le kilogramme) de la vente groupée de soja. Fort de cet exploit, « nous nous sommes plus investis dans le soja », confie Anicet Adifon. Ainsi, de 4 hectares en 2019, le voilà qui passe à 5 hectares en cette année (2020). « Cette campagne 2020 a bien marché si ce n’est… les aléas climatiques. Ça a marché grâce aux innovations apportées par le Programme ACMA2. Cela a fait que nous avons plus de connaissances sur la production de soja. Ces innovations nous ont permis d’avoir un rendement élevé malgré la rareté des pluies », affirme-t-il. Sur un hectare, explique-t-il, d’habitude, nous avons entre 8 et 9 sacs de 120 kg. Mais, grâce aux bonnes pratiques à nous enseignées, nous espérons au moins 12 sacs.  « Je le dis sur la base des résultats issus des champs de démonstration pédagogique (champ école paysan). Seulement, les aléas climatiques m’éloignent de ce rendement. Je n’espère désormais que 7 sacs ».

De la marge bénéficiaire…

 « Avec cette production, nous aurons une marge bénéficiaire en tenant compte du prix de vente (200 F Cfa) actuel dans mon village “malingansoé” dans l’arrondissement de “Assanté”. Pour ce qui me concerne, avec ce prix, j’estime ma marge brute de bénéfice à environ 25%.  En outre, ce prix va augmenter après la fête. Ceci, pour deux raisons. La première est due à la fête. Les producteurs seront obligés de vendre leurs stocks pour pouvoir avoir de l’argent pour faire face aux dépenses des fêtes de fin d’année.  L’autre chose concerne la faible production observée dont j’avais parlée. Ainsi, vers début janvier, on observera une forte demande ce qui fera monter considérablement le prix au-delà du prix plancher fixé par le gouvernement (175fcfa) », fait savoir Anicet Adifon.

Par ailleurs, pour lui, le développement de la filière soja au Bénin passe par le développement de l’appui au conseil agricole.  Ce que, souligne-t-il, le Programme ACMA2 fait déjà. Donc, « s’il y a autre organisation qui peut mettre ses pieds dans ceux de ACMA (répliquer le modèle …. Ndlr) ce serait bien. Il y a, en effet, d’autres producteurs qui n’ont pas encore les connaissances que nous avons dans la production du soja », estime Anicet Adifon. Qui cite en exemple, la gestion des ravageurs et de la fertilité des sols.

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1 commentaire

  1. HOUNYE PÉLAGIE dit :

    Merci bien mr Anicet. Cette année, Dame nature a joué en défaveur de la majorité des producteurs presque sur toute l’étendue du territoire national. Espérons que la saison prochaine soit la bonne.

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