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Bénin : La contribution de la Chaîne de valeur de l’ananas à la croissance économique

0.4% de contribution au PIB national

En termes financiers, la Chaîne de valeur (CV) de l’ananas génère du revenu et de la valeur ajoutée (VA) pour tous les acteurs exerçants directement une activité dans la chaine de valeur. Au niveau des producteurs, les bénéfices nets obtenus et la génération de valeur ajoutée sont plus élevés pour les producteurs encadrés que pour les producteurs isolés dans la chaine de valeur conventionnelle principale. D’un point de vue global, ce sont les producteurs exportateurs vers l’Union européenne   (UE) et ensuite les producteurs biologiques qui obtiennent le plus important bénéfice et génèrent la plus grande Valeur ajoutée dans le maillon de production. Dans le maillon de la transformation, plus le processus de production est caractérisé par une ligne de production industrialisée, plus les bénéfices et VA sont élevés.

Mais les transformateurs sont confrontés à des problèmes d’approvisionnement en fruits frais et de contenant. Ils subissent des coûts importants car les contenants et les équipements sont importés (ils ne sont pas disponibles dans le pays). Ils utilisent aussi de la main d’œuvre qui permet de générer de l’emploi. Les commerçants fonctionnent de manière informelle, mais ils ont un pouvoir de négociation important car ils détiennent l’information sur les marchés d’écoulement et maîtrisent les prix. Ils ont la maîtrise sur l’offre. A travers les trois maillons de la CV (production, transformation et commercialisation), la valeur de la production totale est de plus de 30 milliards de FCFA.

Selon les estimations, la CV de l’ananas au Bénin contribue à la croissance économique du pays en générant une valeur ajoutée (VA) totale de presque 20 milliards de FCFA. C’est surtout la sous-filière conventionnelle principale qui génère de la VA (presque 25% pour 55% d’utilisation de la production totale), mais en termes relatifs, les sous-filières du biologique et export vers l’UE génèrent une forte VA (28% de la VA à elles deux, pour 2% de la production totale d’ananas au Bénin). Les taux d’intégration des sous-filières (SF) dans l’économie sont assez variables et reflètent ces relations entre la VA générée et la valeur de la production par SF.

 Le taux d’intégration le plus faible est celui de la SF conventionnelle de commercialisation de fruits frais dans la sous-région. Les 2 SF de fruits frais vendus localement et au Nigeria ont un taux d’intégration entre 65% et 70%, et les deux SF de transformation en jus vendu localement ou dans la sous-région ont des taux d’intégration très faibles (avoisinant les 30%). Et les deux SF biologiques et destinées à l’export sont caractérisées par des taux d’intégration supérieurs à 70%. Ces disparités entre les taux d’intégration des SF sont fortement liées à l’utilisation ou non de biens et services de consommations intermédiaires dans la SF. Les SF 13 faiblement intégrées dans l’économie le sont à cause, principalement, des importations très importantes de ces consommations intermédiaires nécessaires dans les processus de production et/ou de transformation.

La contribution de la CV au PIB national est aujourd’hui de 0,42 %. Tandis que la contribution au PIB agricole est de 1,95%. Ces taux sont plus faibles que ceux enregistrés dans le passé, mais la CV de l’ananas sort d’une période de crise et est en train de renaitre et de s’organiser. Les importations totales de biens et services intermédiaires permettant de produire les fruits frais ou le jus atteignent les 10 milliards de FCFA. Elles sont supérieures à la valeur des exportations de la CV ce qui implique que la balance commerciale de la CV est négative de 2,78 milliards de FCFA.

Avec un Coefficient de Protection Nominale (CPN) de 0,9, ce qui reflète un coût d’opportunité positif des revenus dans la CV par rapport aux revenus dans l’économie internationale ; et un Coût en Ressources Internes (CRI) de 0,4 qui illustre un coût des facteurs de production utilisés dans la CV inférieur à la valeur ajoutée qu’ils génèrent. La CV est viable et durable dans l’économie internationale. Au sujet de cet indicateur, il est intéressant d’analyser en détails quels niveaux de consommations intermédiaires et d’importations caractérisent chaque sous-filière (voir analyse économique). En effet, le coût en ressources interne ou des facteurs de production peut varier significativement entre les types de producteur, et les sous-filières de fruits frais et celles qui incluent des processus de transformation. Plus les facteurs de productions sont peu accessibles, chers et/ou importés, plus cela a un impact négatif sur le rapport entre la VA générée et le coût en ressources internes dans les sous-filières.

(Extrait du rapport : Analyse de la chaîne de valeur ananas au Bénin, VCA4D-2019)

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