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” Savoir endogène” : Faire tomber la pluie ou l’empêcher

Au-delà des mots et des maux, dans son numéro 4, évoque un fait de société : faire tomber la pluie ou l’empêcher. Chaque détenteur de ce pouvoir a son secret. Il s’agit, notamment, de la réunion de plusieurs éléments de la nature dont les chemins ne se seraient jamais croisés dans leurs écosystèmes respectifs, qui, pourtant, sont mis à contribution pour une entreprise maléfique. La recette, elle n’est pas unique. Elle change d’un individu à un autre, diffère d’un village à un autre ou d’un clan à un autre. On peut, par exemple se retrouver dans un schéma où la grenouille est associée à un scorpion. Il peut s’agir aussi de la combinaison de petits éléments susceptibles de produire du feu dont la fumée sert d’ingrédient pour calmer le ciel. L’un dans l’autre, le secret est soigneusement gardé et n’est pas détenteur de ce ” savoir de la brousse” qui veut.

L’exercice, peut des fois, tourner à la bérézina lorsqu’il met, face à face, d’eux clans. Un cocktail explosif, dont il faut être le témoin pour mieux apprécier l’ingéniosité dans le mal sur la terre du vaudou. Cette arme, au fait, est utilisée dans toutes les circonstances et figure au rang des dispositions à prendre. Les politiciens, savent bien, ce que ça peut représenter comme ennuis, lorsqu’ils négligent cet aspect. Mais il arrive des moments, où le ciel se fâche contre ces genres d’agressions. C’est ce qui est arrivé un soir, à l’occasion d’une cérémonie d’enterrement où le ciel a minimisé les pouvoirs d’un faiseur de pluies.

Ce fut, tout comme dans cette fameuse poésie ” le Toffa et le tonnerre” que l’école primaire obligeait les “gens” de mon époque à réciter sans en maîtriser le contenu. Donc, contre incantations, fumée préparée pour diriger la pluie vers un autre horizon, l’atmosphère répondait par de violents orages, de terribles grondements de tonnerre accompagnés d’étincelles à intervalles réguliers. Contrairement à Toffa qui a vaincu le tonnerre, l’homme de ce soir-là n’a vu que du feu et s’est discrètement éloigné des lieux, laissant à la famille le soin de gérer les conséquences de son échec. Il est quand-même regrettable, que certains de ces ” savoirs de la brousse” ne sont utilisés, que pour des vilaines choses.

Or, dans un contexte de changement climatique, on peut les organiser à l’échelle d’une commune, quitte à leur faire appel, au temps chaud, comme, c’est le cas maintenant pour nous rafraîchir un peu et ensuite, pour aider à limiter les dégâts pendant la saison des pluies. Alors, Il est arrivé, le moment, où, le changement climatique doit quitter le champ scientifique et politique pour devenir un enjeu local. C’est ce que je crois.

Didier Hubert MADAFIME.

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