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Cours ICRA Faire marcher l’agribusiness : Tout savoir sur cette formation avec Dr Toon Defoer

39 années d’expérience en tant que formateur à International Center for Development-Oriented Research in Agriculture (ICRA) dont une vingtaine en Asie et en Afrique. Nous sommes dans le domaine spécifique du coaching en agribusiness. Dr Toon Defoer, expert en innovation participative en agriculture nous conduit dans son univers. Dans cette interview, il nous en dit plus sur le cours, « Faire marcher l’agribusiness » qu’il dispense. 

Dr Toon Defoer, s’il vous était demandé de faire l’historique du cours ICRA ‘’Faire marcher l’agribusiness’’, que répondriez-vous ?

Tout d’abord, le cours ICRA, « Faire marcher l’agribusiness » vise à renforcer les chaînes de valeur agricoles en liant les producteurs aux marchés à travers des relations d’affaires durables. Et pour ce faire, l’organisation ICRA œuvre depuis 35 ans à former des coach d’affaires en agribusiness un peu partout dans le monde. Alors, en tant que professionnel des services de soutien aux entreprises, si vous souhaitez contribuer au développement de l’entreprenariat et à la sécurité alimentaire pour booster l’agribusiness de votre localité, cette formation devrait fortement vous intéresser.

ICRA ‘’International Center for Development-Oriented Research in Agriculture’’ est une initiative du Groupement consultatif pour la recherche agricole internationale, crée en 1981 (40 ans).  Cette organisation émane d’une fondation basée aux Pays-Bas. Avec le temps, ICRA est devenu un nom dont le crédo est « Building Trust », c’est-à-dire « Construire la confiance ».

Au début, c’était une formation de longue durée (06 mois). Chaque année, les participants faisaient 03 mois de cours présentielle à Montpellier en France ou à Wageningen aux Pays-Bas et ,02 mois de terrain quelque part dans un pays du sud.  Après cette phase, ils (environ une vingtaine de participants) revenaient à leur lieu de formation théorique (Universités) pour écrire leur mémoire.

Depuis 2005, les choses ont changé : on a commencé à réduire petit à petit la durée de la formation. Depuis une dizaine d’années environ, l’ICRA fait donc des formations de 02 à 03 semaines en présentielle. Par ailleurs, la délocalisation du cours ‘’Faire marcher l’agribusiness’’ a commencé pour la première fois au Nigéria en 2017 et après au Kenya. Notons que l’expérience francophone (premier cours en français) a commencé au Bénin, précisément à Grand-Popo en 2019.

Malheureusement, à cause de la pandémie de la Covid-19, la 2ème édition (qui était prévue en mars 2020) a été annulée. Le Bénin a été choisi pour abriter le cours en français parce que ICRA y a déjà une bonne implantation. En effet, le responsable en charge de la coordination des projets de l’organisation en Afrique de l’Ouest, est au Bénin. De plus, au Bénin, il y a plusieurs projets de l’ICRA en cours sur les clusters (chaînes de valeur locales, par l’entremise de la RAD-ONG. Pour la petite histoire, RAD-ONG est une initiative de trois anciens participants béninois de l’édition de 2007 de l’ICRA à Montpellier. Leur objectif à l’époque était de mettre en pratique tout ce qu’ils avaient appris au cours de cette formation.

 Et, malgré les restrictions imposées par la pandémie de la Covid-19 vous maintenez le cours. Votre source de motivation…

En fait, c’est la Covid-19 même la motivation, c’est une contrainte ! (sourire) C’est typiquement ce qu’on apprend dans le cours même. Quand on a une contrainte, une difficulté, il faut innover. Sans cette contrainte (la Covid- 19) nous n’aurions certainement pas à ce jour encore proposé de formation en ligne. Cela nous a obligé à penser différemment et on a constaté qu’il a de nombreuses personnes extrêmement intéressées à suivre des cours en ligne, d’où la recherche de l’ICRA pour une plateforme d’apprentissage, comme ‘’Learning Stone’’ pour faire la formation à distance (en ligne).

Et pour y arriver, on a retransformé tous les modules existants sur cette plateforme et on a tout adapté en fonction de ça. Certes, la formation en ligne ne remplace pas totalement le présentiel. Ce n’est pas la même chose, on ne peut pas faire le terrain par exemple. Mais d’un autre côté, ça a été un succès aussi bien en terme de motivation des participants, que la motivation de l’équipe de formation (Toon Defoer, Mariette Gross, Jean Boudillon, Océane Frey, Christophe Kinha, Jeanne Agbazagan etc.).

Au début, j’avais quelques réticences : les participants vont-ils avoir des difficultés à suivre la formation ? J’ai été agréablement surpris. Tous ont été assidus et ont su facilement s’adapter à ce format de cours. Cela m’en vois ravi. C’est d’ailleurs l’occasion pour moi de remercier les partenaires financiers notamment la NUFFIC qui a octroyé 15 bourses pour cette 2ème édition.

Dr Toon Defoer, pour nos lecteurs qui souhaiteraient candidater à une prochaine session du cours ICRA, en quoi consistera le processus et quels sont les critères de participation ?

Tout le monde peut être candidat à cette bourse qu’offre la NUFFIC (Organisation néerlandaise /Renforcement des capacités dans les pays en développement) mais il y a quelques critères pour être bénéficiaire. Nous choisissons des candidats qui sont sur le terrain, avec les agripreneurs, les organisations de producteurs, des structures d’appui entrepreneurial. Ensuite, notre sélection passe à l’Ambassade des Pays-Bas qui fait à son tour une sélection par entretien afin de s’assurer qu’il s’agit du candidat idéal. Outre cette forme de participation (bourse), il y a aussi des projets qui offrent cette formation à leurs personnels. Nous avons également parmi les participants, des personnes qui investissent dans cette formation à titre individuel. Ainsi, pour cette 2ème édition, il y a 15 boursiers de NUFFIC, et 9 participants dont les sources de financement sont diverses (ONG-LDLD, ENABEL, 2SCALE …). Pour la prochaine session qui se déroulera du 17 mai au 09 juillet 2021, la demande de bourse a déjà été clôturée depuis le 20 décembre 2020 et 36 candidats ont été retenus. Néanmoins, il y a toujours de la place pour les étudiants libres. Par ailleurs, outre les canaux de  communication digitaux de l’organisation, le dossier de candidature au cours peut être aussi téléchargé sur le site du journal d’information agricole Zoom Agro ‘’ www.zoomagro.com ‘’.

Nous disposons déjà des supports de cours et du matériel des formations en présentiel. Puisque le contexte a changé, ces outils ont été digitalisés et de nouveaux ont été conçus pour l’adapter à cette nouvelle situation. Ce qui a débouché sur deux formats d’apprentissage des cours, à savoir : la forme synchronique et la forme asynchronique. Cette dernière, est disponible sur la plateforme Learning stone et le participant peut suivre à son rythme durant un temps donné. La session synchronique quant à elle est une session en directe (live) sur Zoom. Au cours de cette session, les participants font des exercices individuels, des exercices en groupe etc.

Pour ce qui concernent l’approche de l’ICRA, on vous fait faire des exercices via des études de cas, des supports vidéos, des audios, des écrits ; c’est comme cela que vous réfléchissez et que vous apprenez, par la mise en pratique.  Et lors de la session Zoom, on échange ensemble et on fait la synthèse et la conclusion de ce qu’on a appris…

Quelques résultats …

Pour cette formation en ligne, qui s’est déroulée du 15 janvier au 12 mars 2021, il y a 24 participants, dont 15 originaires du Bénin, les autres proviennent du Niger, du Mali, du Burkina Faso et du Burundi. Elle s’est déroulée en 13 sessions Zoom de 2 heures environ pour les 08 modules enseignés (création de la valeur marchande, construction des relations d’affaire, art d’écouter, négociations, développement de contrats, les services d’appui entrepreneurial). L’objectif final est de former des coachs capables de stimuler les agripreneurs au niveau d’un cluster pour solutionner les problèmes, ensemble avec les acteurs. Le coach est un facilitateur, un conseiller ; il n’est pas là pour résoudre les problèmes techniques, mais pour soutenir les agripreneurs dans la co-construction d’une confiance mutuelle et ainsi faciliter tout ce processus, afin que la chaîne de valeur fonctionne mieux.

Des obstacles lors de cette première expérience en ligne ?

Comme je l’ai dit précédemment, dès le démarrage, nous n’avions pas espéré un tel succès de la formation en ligne. J’ai été agréablement surpris de la convivialité, de l’ambiance de l’assiduité et de la proactivité des participants. Encore une fois, cela ne remplacera pas une formation ni de ‘’ face à face’’ ni de terrain mais, c’est une bonne alternative pour ces temps difficiles. Et puis, nous espérons organiser, avant la fin de l’année 2021, une session de cours en présentiel, au Bénin.

Aussi, je pense que l’équipe de formation et les participants ont été enthousiasmés par l’aspect convivial de nos échanges tout au long de la formation. Malheureusement, il y a quand même eu de multiples problèmes de connexion. Lors des élections présidentielles au Niger par exemple, il y a malheureusement certains participants qui ont été empêchés de suivre correctement la formation en raison d’une connexion internet coupée pendant plusieurs jours. Pour parer à cela, (difficultés de connexion), les sessions Zoom sont enregistrées, ce qui permettaient aux participants de visualiser le cours après, pour mieux s’approprier les connaissances développées.

Perspective ?

La perspective actuelle c’est de retourner sur le terrain pour un apprentissage mixte.  Ce qu’on appelle en anglais « blended Learning ». Dans l’avenir, je vois le cours se dérouler ainsi : une partie des modules est dispensée en ligne, puis une semaine de terrain est programmée, enfin, chacun retourne dans son pays et pour travailler sur les modules restants, on retourne en ligne. En résumé, j’imagine un format de cours ‘’en ligne – en présentiel et en ligne ‘’. Ainsi, nous allons capitaliser l’efficacité acquise grâce au cours en ligne.

C’est dans cette logique et malgré la Covid-19, qu’une visite de terrain sera organisée uniquement pour les participants du Bénin pour cette 2ème promotion. Elle sera conduite par le formateur Christophe Kinha, Directeur exécutif de la RAD-ONG.

En attendant cette visite, nous allons conclure cette interview. Dr Toon Defoer, votre mot de la fin

La formation n’est pas une fin en soi. Ce cours n’est qu’un outil, ce n’est qu’un moyen pour rester en contact avec les participants et pour faire des actions réelles de développement sur le terrain.  A cet effet, l’ICRA développe des liens au Bénin avec des structures comme Africa Green Corporation (Economie verte – Agribusiness Ecoresponsable), la RAD ONG, COTEF, LDLD, etc. Ces dernières constituent en un sens, des partenaires avec lesquels l’organisation déploie ses services. Ainsi, nous travaillons actuellement sur des projets au Bénin (Proagri4, Défia,), par l’entremise de ces derniers. Merci à vous pour le canal. Plein succès.

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