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Agribusiness : ” le gari chinois et le mal béninois”

Au-delà des mots et des maux spécial, numéro 13 ” le gari chinois et le mal béninois. Il a circulé ces derniers jours, sur les réseaux sociaux un emballage à l’apparence d’un sac de jute mal rempli, sur lequel, on peut lire très nettement, gari, tout en rouge écrit. Ce gari, il n’est ni de Savalou encore moins de Panhouian. Tenez-vous bien sur vos sièges, il est chinois. On découvre l’horreur en continuant à lire les saletés, écrites sur ce sac, à savoir ” gari from china, assia’s finest food”. Je ne suis pas fort en anglais mais cela se comprend aisément. ” gari de la Chine, la meilleure nourriture de l’Asie. Depuis quand ” gari” est entré dans la langue chinoise ? Ce produit qui porte ce nom et qui a nourri plusieurs générations, les chinois veulent en faire leur bizness, au nez et à la barbe des propriétaires de ce label. Ils sont comme ça. Dès qu’on leur donne la main, c’est le bras qu’ils attrapent.

Après la colonisation française, bienvenue à celle chinoise mais cette fois-ci dans le domaine commercial. Bientôt, les chinois vont proposer, après le gari, des produits qui vont porter le nom ” afintin”. Vous aurez d’ici peu ” le fon man”, made in china. Dès produits sur lesquels, ils peuvent aller déposer des brevets à l’OMPI, Organisation Mondiale de la Propriété intellectuelle pour donner la preuve qu’ils font partie de leur patrimoine avec les conséquences de droit qui vont avec. Les beninois sont fatalistes. Certains diront, qu’est-ce que ça fait si le chinois vend le gari ? D’abord, les femmes, dont les parents ont transmis ce savoir-faire, celui de fabriquer le gari vont finir par ranger leurs outils de travail et les commerçantes de ce produit leurs étalages. Elles ne pourront pas supporter la concurrence chinoise. On aura, ensuite à faire face à des gari de toutes sortes. Certains commerçantes de mauvaise foi, pour gagner davantage vont vous proposer les mélanges de tous genres et ce produit authentique va finir par disparaître. Partout où les chinois sont passés, ils ont fait effondrer tous les secteurs d’activités qu’ils ont croisé, notamment le textile. Les béninois ne vont pas les laisser jouer avec leurs ventres et regarder détruire leur tissu économique, qui est encore à l’étape primaire. Il faut tout de suite le holà des associations de consommateurs pour refuser aussi bien la vente de ce gari sur le sol béninois mais aussi l’utilisation du nom gari. Ce n’est pas du tout une haine pour les chinois. Il s’agit de nous protéger et de protéger notre patrimoine culturel et alimentaire.

Mais au cas où le gari chinois, viendrait à s’imposer, les béninois, sont ce qu’ils sont, ils sont faibles devant ce qui arrive de l’extérieur, qu’il soit bon ou mauvais. Le burkinabè a la preuve, ses aubergines, carottes, concombres, tomates, choux sont vendus comme des petits pains à Cotonou , un pays mordu par le soleil. Dans ce cas, le ministre béninois du secteur concerné, n’aura d’autre choix, que de prendre quelques sacs sur ces épaules et faire le tour des quartiers de Cotonou en criant ” china’s gari is back” et le tour est joué. Je ne sais pas s’il faut vous dire encore à dimanche.

De toutes façons, c’est moi, Didier Hubert MADAFIME, agréable semaine à chacun de vous !

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