Actualités

Sous le couvert d’aménagement, que sont devenues les niches écologiques de nos principales villes?

Aux arbres ! Les révolutionnaires de 1972 avaient un peu de ” John bri” dans leurs comportements. Il s’agit de ce personnage violent qui a été mis en scène dans un clip ivoirien. Comme lui, les révolutionnaires n’avaient d’égards pour personne, encore moins pour la nature. Sous le couvert d’aménagement ou autres arguties, ils ont fait disparaître, l’une après l’autre toutes les niches écologiques de nos principales villes, notamment Cotonou.

Les arbres à Atinkanmè ont été dépeuplés en un quart de tour, un peu comme les hautes herbes de Gbégamey (gbégagamê). Hlazounto (littéralement, la lisière de la forêt de l’hyène n’existe aujourd’hui que de nom. Or, la nature, elle est, ce qu’elle est. Tôt ou tard, elle te fait payer tous les coups portés contre elle. Quand les révolutionnaires se sont rendus compte de leurs erreurs, c’était déjà trop tard. Nos villes continuent d’en porter les stigmates. Elles sont nues comme des vers de terre. Voilà, comment, sommes-nous arrivés au 1er juin.

Pour remédier aux dégâts, il faut, planter, planter encore et encore. Malheureusement, les fruits n’ont pas tenu la promesse des fleurs. L’initiative, très bonne à l’origine a été tout simplement un fiasco. Le verdissement attendu n’a pas été au rendez-vous. A son retour en 1996, son initiateur avait souhaité une réflexion autour de l’organisation de cette journée. Elle n’est jamais arrivée. Dans la foulée, il y a eu d’autres initiatives par exemple “10 millions d’âmes, 10 millions d’arbres et le reboisement massif. Elles n’ont été que du vent. La seule chose qui a changé, c’est à partir de 2016.

Le Président Talon ne s’associe pas au spectacle de la journée nationale de l’arbre comme ses prédécesseurs. La seule fois qu’il a évoqué l’arbre, c’était de nous proposer une loi retirant à son propriétaire le droit de couper l’arbre qu’il a planté. Ils vont loin dans certains pays en achetant carrément l’arbre pour qu’il ne soit pas coupé. On ne peut pas mourir à côté d’un arbre sous prétexte qu’on protège la nature. Le béninois porte, à lui aussi, une part de responsabilité. Il aime l’arbre, l’utilise pour ses différents besoins mais reste sourd et indifférent quand il faut planter. On appelle ça ” aimer la saucisse et être contre le cochon”. Mardi prochain, journée nationale de l’arbre, on fera comme d’habitude. Ministres, maires et tutti quanti vont solliciter les médias pour assurer ” le spectacle” sans jamais savoir ce que devient le plant mis en terre le lendemain. Un arbre, pour qu’il s’assure lui-même, il faut un minimum de 4 à 5 ans. Des années, qu’un reboisement collectif ne puisse régler.

Il faut alors écouter les appels à repenser l’organisation de cette journée ? Et si on fait le choix d’une Agence nationale de reboisement pour s’occuper concrètement du verdissement de nos espaces libres ? Ça ne gênerait personne sauf les conservateurs et autres, qui y ont un intérêt. Et au-delà ? Il y a le choix des essences. Pas toujours conséquent.

Le Bénin à des besoins immédiats. Dans ce cas, on peut penser à des essences à croissance rapide comme le teck. A côté, on peut réfléchir aussi, à long terme en faisant des choix comme l’iroko, le caïlcedrat et non toujours l’acacia. On a besoin aussi du bois-d ‘œuvre. Si on regarde dans notre flore, il existe aussi des essences à croissance rapide, par exemple le samba. Ce que le fétiche ” oro” élargue à chaque sortie. C’est une espèce de forêt dense. Ça donne beaucoup d’ombre et c’est utilisé aussi comme bois-d’œuvre. Il s’agit ici de restituer notre environnement de départ. C’est pour ça, qu’il faut d’ailleurs, repenser la journée nationale de l’arbre. Et si le Chef de l’Etat décide de marquer le début de son second quinquennat par la mise en terre d’un plant. Ce ne serait qu’un signal. C’est ce que je crois.

Didier Hubert MADAFIME

Partager
Publicités
Le coton bio, le dernier challenge du Professeur Talon en Afrique

Publications similaires

Laissez un commentaire