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Pr Thierry Alavo à propos de la CLA “On va maintenant avoir à faire tout le temps avec les chenilles légionnaires d’automne”

Mauvaise nouvelle pour les producteurs béninois. La menace de la Chenille légionnaire d’automne (Cla) n’est pas qu’une question de 2016 ou même de 2021. Elle restera permanente. Mais, à défaut de ne pas pouvoir s’en débarrasser définitivement, le Professeur Titulaire en Entomologie, Science des insectes, Thierry Alavo, préconise la voie de la surveillance des plants dès la levée afin de réduire les dégâts.

Elle a déposé ses valises au Bénin pour ne plus jamais repartir. Avec plus de 40 000 tonnes de cultures ravagées en 2016, la chenille légionnaire d’automne fait encore parler d’elle en 2021. Si, ce come-back surprend plusieurs, il reste une évidence pour Thierry Alavo. “Depuis qu’on a remarqué l’infestation des champs de maïs en 2016, la chenille n’est jamais partie. En agriculture, en matière de protection des végétaux, lorsqu’un nouveau ravageur arrive dans un nouveau milieu, chaque année, son incidence augmente”, confiait mercredi 30 juin 2021, le Professeur Titulaire en Entomologie, Science des insectes, Thierry Alavo. Sur l’émission Actu matin de Canal 3 Bénin, l’homme répondait, à propos, aux questions du journaliste spécialiste des questions de l’environnement, Fulbert Adjimehossou. En réalité, la chenille n’a jamais disparu, soutient-il.

Et 2021…

Aux dires du Professeur, cette année, on a senti que les ravageurs sont beaucoup là parce qu’il y a eu un décalage de l’installation de la saison des pluies et donc, au moment où les producteurs ont semé leur maïs, ça a coïncidé avec une deuxième ou une troisième génération des ravageurs. Ce qui a fait que le taux d’infestation, le taux de plant attaqué est plus élevé cette année. Aussi,  avec l’intensification de la production, on ne peut qu’assister à une augmentation de la densité des ravageurs. “L’intensification de la production rime toujours avec celle des ravageurs”, fait savoir Thierry Alavo. Pour lui, l’incidence va augmenter et on va maintenant avoir à faire tout le temps avec les chenilles légionnaires d’automne. Toute analogie faite, il a estimé que c’est la même chose avec le cotonnier et les vers. “Ça n’a jamais disparu. Chaque année, on utilise beaucoup de pesticides et les années qui suivront, on va toujours en utiliser parce que le ravageur est là. Il faut lui faire face” explique le Professeur en Entomologie.

Au-delà des pesticides

“On a besoin de mettre en place un système de protection”, pense Thierry Alavo. Lequel système, selon ses dires, est basé sur plusieurs éléments. D’abord, le moment des semis. “Nous devons travailler pour savoir à quel moment de la saison nous devons semer le maïs pour que son développement ne coïncide pas avec la génération des ravageurs qui ont une densité très élevée”, analyse le Professeur. Deuxième chose très importante, poursuit-il, c’est la surveillance. Parce qu’il s’agit d’un ravageur qui s’encastre dans les feuilles, les épis, il faut faire une surveillance dès la levée. Déjà à partir de quatre ou cinq feuilles, il faut inspecter les plants deux fois par semaine et détecter les œufs, les chenilles néonartes. Parce que c’est à partir de ce moment là qu’il faut faire le traitement pour pouvoir éliminer au grand maximum les ravageurs. “Si on ne fait pas de surveillance et qu’on se laisse surprendre; déjà, en observant les symptômes et que vous voyez que les feuilles de maïs sont déchiquetées, c’est trop tard. Aucun produit ne pourra vous aider. On doit déployer des brigades phytosanitaires pour surveiller, le producteur ne peut pas faire ça. Il faut surveiller dès l’étape de cinq feuilles… “, va-t-il insister.

Par ailleurs, “Nous avons de très bonnes variétés au Bénin. Il y a probablement des variétés qui sont plus susceptibles que d’autres. Il y a certainement des variétés qui vont plus résister que d’autres” et donc, préconise Pr Thierry Alavo, il faut  conduire des Programmes de recherche pour évaluer parmi les variétés de maïs au Bénin, lesquelles peuvent mieux résister.

Fênou-Amba OLOU

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