Actualités

Bénin/Cherté des produits vivriers : Gouvernants et Producteurs récusent toute responsabilité

A qui incombe finalement la faute de la Cherté des produits vivriers au Bénin ? S’il est un fait que les populations béninoises, depuis des mois, font face à une hausse sans cesse croissante des prix des denrées alimentaires, personne ne veut porter la responsabilité. Gouvernement et producteurs semblent se défiler…

En sa séance hebdomadaire du Conseil des Ministres mercredi 16 juin 2021, le gouvernement, se penchant sur la situation des prix des produits de grande consommation et après analyse de la situation, a évoqué deux raisons principales pour justifier la flambée des prix sur le marché. Pour lui, elle est due « d’une part, à la faible pluviométrie observée depuis la dernière campagne agricole et, d’autre part, à l’exportation massive de la production vers les pays voisins ». La crise sanitaire liée au coronavirus est aussi indexée. Mais, en attendant les conclusions du comité ad’hoc mis sur pied à cet effet, le Conseil a instruit les Ministres concernés, aux fins de veiller à éviter les sorties incontrôlées de produits agricoles, en attendant la prise de mesures plus spécifiques. D’ores et déjà, la récolte est importante. Plusieurs centaines de tonnes de vivres, aux dires de la Ministre du commerce Alimatou Shadiya Assouman sur l’Ortb, en partance pour l’extérieur du pays ont été bloquées. Il s’agit, entre autres, du maïs, sorgho, haricot, mil, soja, gari. A Dékanmè au petit matin du dimanche 11 juillet dernier, la police va encore intercepter, quatre camionnettes chargées de patates douces. Au total trois (03) tonnes.

Du côté des producteurs, cet état de fait est dû au manque de politique du gouvernement pour les accompagner. Face, par exemple, au pourrissement des denrées notamment quand la production est abondante, « c’est nous qui perdons. En absence de mesures d’accompagnement, nous, nous nous trouvons des débouchés pour ne pas avoir à travailler en vain ». Ce n’est pas une question de manque de patriotisme mais plutôt de rentabilité et de survie, clament certaines langues.

Pour des observateurs, la Covid-19, la question sur la pluviométrie et autres, sont des prétextes.  Le gouvernement aurait pu anticiper sur tout cela. Et, même s’il a été pris au dépourvu, devrait plus tôt prendre des mesures pour que le peuple béninois ne vive pas le chaos dans lequel il est plongé actuellement alors qu’il affirme que le pays est depuis 2016, le 2ème producteur de produits vivriers dans l’espace Uemoa. Pour eux, si l’intérêt porté au coton pouvait être le même partout, le pays s’en porterait mieux. C’est l’absence de politique qui amène, analysent-ils, chaque producteur, commerçant à, selon son humeur, fixer son prix de vente et livrer ses marchandises à qui il veut.

A travers un post sur les réseaux sociaux et relayé par crystal-news, le Professeur Simon-Narcisse Tomety indique qu’« un pays d’eau qui n’est pas capable de constituer six mois de réserve alimentaire pour nourrir ses enfants, c’est une faute lourde. La continuité de l’offre de services publics en alimentation est un droit basique… Si la production cotonnière est bonne et qu’on vienne nous dire que celles des vivriers surtout du maïs est mauvaise, il y a problème. Le faux débat du commerce transfrontalier des vivriers me fait honte ». Pour lui, l’Office national d’appui à la sécurité alimentaire (Onasa) aurait dû être restructuré au lieu d’être supprimé par le gouvernement de Patrice Talon en 2016. « On aurait pu restructurer au lieu de faire disparaître l’Onasa. C’est une faute lourde du gouvernement surtout dans un contexte d’agriculture pluviale et de changements climatiques. C’est une imprudence », estime-t-il. Une analyse que le gouvernement, lui, n’épouse pas. Au cours du rendez-vous média qu’il a tenu vendredi 9 Juillet 2021, son porte-parole, Wilfried Léandre Houngbédji, a estimé que la structure était sous le coup d’une mauvaise gestion. Un justif que Sylvain Akindès, ancien Ministre chargé des Relations avec les Institutions, la Société Civile et les Béninois de l’extérieur sous le général Mathieu Kérékou, qualifie de légèreté déconcertante.

En attendant la fin de la saga des passes d’armes, le peuple béninois, lui, devra, l’estomac aux abois, “s’armer de patience et de patriotisme”.

Fênou-Amba OLOU (Coll)

Partager
Publicités

Publications similaires

Laissez un commentaire