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Valorisation piscicole des mares du bassin de la rivière Alibori : L’Ong AquaDeD et le PPI engagés

Mauvaise qualité sanitaire des produits congelés (surtout en zone rurale où l’électricité est problématique), déstabilisation du système piscicole familial, déstructuration des marchés locaux, insécurité alimentaire en protéines d’origine halieutique, etc. Nombreux sont les problèmes causés par l’importation massive des poissons congelés. Ceci, au détriment de la production locale, notamment dans les communes rurales pauvres du bassin de la rivière Alibori où la pêche artisanale se pratique dans plus de soixante-dix (70) mares (naturelles, semi naturelles et artificielles) d’importances écologique et socio-économique remarquables.  Pour corriger la maldonne, l’Ong Aquaculture et Développement Durable (AquaDeD Ong) et le Programme de petites initiatives (Ppi) s’engagent pour la valorisation piscicole des mares du bassin de la rivière Alibori.

C’est convaincu que la question de la pisciculture dans les mares naturelles et semi-naturelles du bassin de la rivière Alibori est non seulement une question de sécurité alimentaire mais aussi de protection de l’environnement que l’ONG Aquaculture et Développement Durable (AquaDeD Ong) grâce au Programme de petites initiatives (Ppi) du FFEM / Petites Subventions 5.4 de l’UICN France (https://uicn.fr/wp-content/uploads/2019/12/liste-projets-ppi-5.4.pdf ), a initié le 1er cycle d’élevage de poisson en happas dans les retenues d’eau de Banikoara, Gogounou et Kandi. Lancée 11 juin 2021 sur les sites de Batran et de Sori, l’opération vise à promouvoir la pisciculture familiale autour des mares et affluents de la rivière Alibori afin de contribuer à l’amélioration de leur gestion et de leur gouvernance. A cet effet, 45 membres des comités de gestion de mares et jeunes actifs ont été formés aux techniques piscicoles de base. En synergie avec l’ATDA du pôle 2 et les mairies concernées, ces comités de gestion ont été dotés en intrants et matériels d’élevage de poisson. Ainsi, l’ensemble des comités appuyés ont reçu entre autres, 4200 alevins de tilapia et de Clarias, 30 sacs d’aliments granulés, 16 poches fixes de filet d’élevage (happas), des pesons, épuisettes et bacs divers d’opérations. A travers cette action, l’ONG AquaDeD a travers le PPI espère impulser une nouvelle dynamique pour la valorisation des plans d’eau du bassin de la rivière Alibori et la préservation de la diversité biologique qu’ils abritent.

La situation du Bénin en produits halieutiques

En effet, malgré le rôle primordial du poisson dans l’alimentation, le Bénin accuse un déficit en produits halieutiques avec un très faible apport du poisson par individu par an (9.4 kg) et une faible contribution de l’apport protéique du poisson (28.5%) par rapport aux autres sources protéiques animales (Béné et Heck, 2005). Avec une consommation nationale moyenne autour de 180 000 tonnes de produits halieutiques, le Bénin importe encore environ 70% des poissons et crustacés consommés au niveau national (DSID BENIN, 2019). De 20 000 tonnes de poissons congelés en 2004, les importations ont rapidement augmenté pour atteindre 182 288 tonnes en 2014 pendant que la production nationale stagne autour de 40 000 tonnes (INSAE, 2016). Cette importation massive de poisson congelé constitue une menace aussi bien sur le plan sanitaire, socio-économique que sur le plan de la sécurité et de la souveraineté alimentaire, notamment dans les communes du bassin de la rivière Alibori au nord Bénin.

Si, avec les changements climatiques et la surpêche, les plans d’eau naturels ont atteint leurs limites, il n’en est pas de même pour la pisciculture au regard des énormes potentialités du pays, notamment dans les communes du bassin de la rivière Alibori qui comptent parmi les plus vulnérables du Bénin et où 10 à 15% des ménages ont une consommation alimentaire pauvre et limitée notamment en ce qui concerne les sources de protéine (AGVSAN, 2018). Comme l’indique, le Plan Stratégique de Relance du Secteur Agricole (PSRSA), la pisciculture offre la possibilité d’augmenter de 50% la production du poisson et constitue ainsi une activité à promouvoir dans les zones avec un potentiel comme les communes du bassin de l’Alibori.

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