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Madagascar: Le Pam avec l’appui du gouvernement installe des unités de transformation du manioc en gari

Sauveur pendant la période de soudure et pouvant permettre aussi de générer des revenus, le gari au Madagascar, jouit d’une attention soutenue. Des unités de transformation du manioc en gari, sortent des terres…

Le Programme alimentaire mondial (Pam) et l’Organisation internationale du travail (Oit) apportent leur appui au renforcement de la résilience communautaire et l’autonomisation des femmes dans le Sud Madagascar. Fidèle à sa mission de sauver des vies, mais surtout de les changer, le Pam s’est engagé avec les communautés, dans la transformation du manioc en gari. Ceci, en partenariat avec DÉFIS et en mettant en place des unités de transformation au profit de groupements de femmes tout en assurant le renforcement des capacités techniques de ces femmes qui sont les actrices principales des sites de transformation.

Aux dires de Blandine Legonou, Chargée de Programme appui aux petits producteurs à l’accès au marché du Programme alimentaire mondial/Madagascar, le Pam est parti du constat que le Sud Madagascar est dans une situation quasi chronique d’insécurité alimentaire et nutritionnelle, alors qu’il est un grand producteur de manioc. Un grand paradoxe que les deux organisations avec l’appui du gouvernement de Madagascar entendent résoudre. «Cette initiative de transformation du manioc en gari est parti du fait qu’…il y a une forte production du manioc et pour Madagascar en général, il y a au moins 4 millions de tonnes de manioc par an. Mais, on constate malheureusement que l’insécurité alimentaire et nutritionnelle perdurent», confie Blandine Legonou. Pour elle, l’explication est toute simple : «Le manioc est très périssable et le mode de conservation des communautés est vraiment aléatoire. 4 mois après la récolte, il n’y a plus de manioc du tout parce que le manioc est tout simplement consommé frais et ensuite séché dans des conditions vraiment précaires. Posé sur le toit, il y a une forte déperdition ; ça devient de la poudre inutile envahie par des insectes. Or, à la récolte, il y en a tellement que le manioc est vendu à 4000  aria, 5000 aria parfois (environ 737 FCFA), la charrette. Donc, les paysans travaillent pour rien… ça fait qu’il y a un grand découragement dans la production du manioc». Pendant ce temps, estime-t-elle, ce même manioc transformé, peut être conservé pendant au moins 2 ans dans de bonnes conditions, en Atchèkè, en bâton de manioc et en gari. «C’est ça que nous avons pris comme option ici», mentionne-t-elle.

Picture taken in Amboasary southern Madagascar

De 02 unités de transformation à une trentaine…

«Les unités se sont rapidement multipliées compte tenu de la forte demande des communes à pouvoir disposer de stocks de gari, sauveur pendant la période de soudure et pouvant permettre aussi de générer des revenus», fait observer la Chargée de Programme appui aux petits producteurs à l’accès au marché du Programme alimentaire mondial/Madagascar.  Seulement deux coopératives, signifie-t-elle, ont été installées par le Pam au départ. Mais, vu l’engouement des mères qui ont commencé par envoyer des requêtes au Pam pour demander l’installation d’unité de transformation, le Pam avec l’appui technique de DEFIS, s’est organisé et le nombre d’unité de transformation a rapidement augmenté. «Nous sommes passés du nombre de deux,  à vingt-deux, à vingt-six. On a presque une trentaine aujourd’hui et chemin faisant, l’Oit a perçu aussi la pertinence de cette activité-là et a rejoint le Pam pour développer la transformation du manioc en gari et nous remercions l’Oit d’avoir compris cette initiative et la logique derrière est que nous soyons forts ; que nous puissions aller très loin. Même le gouvernement du Madagascar est engagé dans cette même lutte», se réjouit-elle. Aujourd’hui, poursuit Blandine Legonou, il y a toute une usine de transformation du Manioc en gari et en plus, avec une option de multifonctionnalité. Histoire aussi de transformer beaucoup d’autres produits alimentaires et du coup, permettre cette résilience communautaire tant rêvée.

Fênou-Amba OLOU (Coll)

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