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Conservation des denrées alimentaires périssables : Walf-Pack propose des emballages appropriés

Après 3 années de mise en œuvre, le Projet Walf-Pack est à sa fin. A l’Infosec (Cotonou) vendredi 30 juillet 2021, au cours de la cérémonie de clôture, les différents acteurs se sont réunis pour partager les résultats saillants de ce Projet qui a porté sur l’Amélioration de la durée de conservation des denrées périssables de l’Afrique de l’Ouest à travers l’utilisation d’emballages appropriés.

Le fromage local (waraganshi), le gboman (Solanum macrocarpon) et la viande de poulet local grillé. Ce sont les principales denrées sur lesquelles les chercheurs ont assis leurs recherches. Le choix de ces denrées, aux dires du Pr Philippe Lalèyè, Doyen de la Faculté des sciences agronomiques (Fsa) à l’Université d’Abomey-Calavi (Uac), se justifie par le fait que, beaucoup d’efforts sont faits dans la production et la conservation de ces aliments. Malheureusement, les pertes post récoltes empêchent les populations de tirer pleinement profit de ces denrées.

En effet, fait-il savoir, “les fruits, les légumes et les protéines d’origine animale et végétale sont des denrées périssables et très sensibles aux pertes post récoltes. En Afrique de l’Ouest, en raison de la saison humide, des infrastructures de gestion inadéquates et des systèmes de transport défaillants, ces aliments sont particulièrement sujets à la détérioration”. Selon les estimations du Pr Philippe Lalèyè, ces pertes post récoltes peuvent parfois atteindre 50% et la cause majeure est le manque d’emballages appropriés pour bien protéger et conserver les aliments.

Contribuer donc à une diminution significative des pertes post récoltes le long de la chaîne d’approvisionnement, c’est dans cette logique que s’inscrit le Projet Walf-Pack, fait-il savoir. Il visait, à l’entendre, à mieux conserver les aliments locaux périssables et largement consommés en Afrique de l’Ouest grâce à l’utilisation des emballages alimentaires appropriés. 1/3 des aliments dans le monde, va renchérir Pr Joseph Hounhouigan, Coordonnateur local du Projet Walf-Pack, se perd et au Bénin, en période de production. Ceci, à cause de l’utilisation des emballages inappropriés qui participent à la détérioration des aliments.

Un projet à fort impact potentiel

La malnutrition peut être éradiquée par une consommation régulière des fruits et légumes et des protéines d’origine animale et végétale. “En Afrique Subsaharienne, la malnutrition et la sous-alimentation ne font que s’accroître et pour le cas du Bénin, nous avons environ 1,1 million qui sont sous-alimentés”, précise Pr Joseph Hounhouigan. C’est dire, que le Projet Walf-Pack a d’autres impacts potentiels, fait observer le Doyen de la Fsa/Uac. Il contribue à la réduction de l’insécurité alimentaire et nutritionnelle en Afrique de l’Ouest. “Grâce à la réduction des pertes d’aliments, une quantité énorme de ressources primaires peut être économisée”, mentionne Pr Philippe Lalèyè. Aussi, ces denrées alimentaires susmentionnées sont menées majoritairement par des femmes. La réduction des pertes conduira à une augmentation de revenus et par ricochet, à une meilleure autonomisation financière des femmes.

De plus, l’utilisation des emballages permet un meilleur accès au marché aux acteurs et contribue ainsi à la réduction de la pauvreté et, bien que le projet soit focalisé sur trois produits alimentaires, les solutions d’emballage développées pourraient être utilisées pour de nombreux autres produits similaires. En résumé, pour Dr Lalèyè Philippe, le projet a ouvert une nouvelle ère pour la conservation des denrées alimentaires en Afrique à partir des ressources locales disponibles. Il est à la fois, global, inclusif et innovant. Et, l’application des résultats aidera, soutient-il, le Bénin et les pays de la sous-région, à mieux conserver les denrées alimentaires périssables.

Le Projet Walf-Pack est financé par le Ministère fédéral allemand de l’alimentation et de l’agriculture. Il a été conçu et exécuté en collaboration scientifique entre les chercheurs de la Fsa et ceux de l’Institut de nutrition et des sciences alimentaires de l’Université de Born en Allemagne. En raison de la crise sanitaire mondiale de la Covid-19, les partenaires allemands ont participé à la restitution des résultats par visioconférence.

Fênou-Amba OLOU (Coll)

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