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Bénin/Consommation du maïs frais bouilli ou grillé : Kétou en plein !

”Le pic de la cherté du maïs grillé ou bouilli n’excéde pas 50 F Cfa à Kétou”

Dans plusieurs régions du Bénin, la consommation du maïs frais bouilli ou grillé, par ces temps, bat son plein. A Kétou aussi, on s’en délecte avec une commercialisation de masse. Producteurs et vendeuses font de bonnes d’affaires. Immersion dans une filière artisanale  à grande importance socio-économique considérable…

Berceau du Guèlèdè, dans le Département du Plateau. Nous sommes à 138 km de Cotonou. C’est l’heure des récoltes dans la Commune de  Kétou.Il est 13h et déjà, les foyers servant à griller le maïs frais ou à les bouillir commencent à apparaître devant les portails, sur les trottoirs, etc. Un foyer, un grillage, du charbon pour faire le feu, de l’eau, un tabouret pour s’asseoir, des épis de maïs frais à côté, etc. C’est en effet, l’essentiel qu’il faut réunir pour se faire un peu d’argent en cette période de récolte de maïs.

Un vrai régal…

Alors que d’autres producteurs préfèrent encore garder leur champ de maïs pour le récolter à l’état sec, d’autres se lancent dans la vente de la céréale alors qu’elle est toujours fraîche. Et, les acheteurs, généralement les bonnes dames, ce n’est, en réalité pas, ce qui manque. Encore moins les clients qui d’un instant à l’autre, prennent d’assaut la multitude des points de vente.

Christian Adjibadé, élève en classe de quatrième et fidèle consommateur du maïs grillé confie tout souriant : « Je ne pense pas qu’il y ait des vendeuses de maïs frais ou grillé sans clients ici à Kétou. Les consommateurs sont vraiment nombreux ». Il justifie son point de vue par son habitude alimentaire. « Tant qu’il y a encore du maïs frais dans les champs, je ne peux pas ne pas prendre du maïs grillé dans ma journée. Et je suis tout de même persuadé qu’ils sont nombreux à être comme moi. Je n’invente rien. Il faut vous rendre dans la ville pour constater les faits de vos propres yeux. Manger du maïs, c’est un vrai régal » a-t-il poursuivi.

S’ils sont nombreux à instar de Christian, à aimer la consommation de l’aliment, c’est surtout le prix d’achat qui permet cela. En effet, le pic de la cherté du maïs grillé ou bouilli n’excéde pas 50 F Cfa à Kétou. Il suffit déjà d’avoir une pièce de 25 F Cfa pour se procurer son régal. « Lorsque le maïs sort des champs pour la première fois, c’est cher, très souvent. Certaines personnes les achètent en gros dans les champs et viennent les revendre au marché. Même si cela n’apporte pas un bénéfice extraordinaire, ce n’est pas non plus négligeable. On est obligé de faire avec. En vrai, personne ne te prendra un seul épis au delà de 50 F Cfa dans une société où presque tout le monde a une ferme où il cultive sans doute le maïs» avoue Adédjokè, vendeuse de “maïs grillé” à Ilèkoun.

L’abus, à éviter

Si plusieurs aiment consommer le maïs frais grillé ou bouilli, il faut toutefois se rendre compte de l’évidence que cela pourrait avoir des retombées négatives sur la santé. Jaurès Lokonon, Nutritionniste nous donne son avis de spécialiste. «Primo, le maïs grillé est un produit non nettoyé  (produit Phyto). Secondo, au cours du bruinissement du maïs par la chaleur, certaines mutations des chaînes lipidiques se produisent dans le maïs le rendant *susceptiblement cancérigène*», a-t-il expliqué d’une part. D’autre part, le Dr Lokonon pense que le maïs grillé serait meilleur s’il ne faut tenir compte que de son apport énergétique. «Au plan énergétique, le maïs grillé serait meilleur car, il conserverait toujours le sucre qu’il contient», renchérit-il. Le maïs bouilli et égoutté est une source de vitamine B1.

De la céréale…

Selon une étude publiée sur le site de la FAO, le maïs est la culture céréalière la plus produite chaque année. Environ 850 millions de tonnes de maïs grain sont produites sur environ 162 millions d’hectares, pour un rendement moyen de 5,2 t/ha. Le maïs est la première céréale cultivée dans le monde, devant le blé et le riz. Il est la première céréale la plus cultivée en Afrique de l’Ouest et la zone nord du Bénin est le premier producteur Béninois de maïs. Le maïs est la plus énergétique des céréales, convient très bien à l’alimentation humaine et animal. Au Bénin comme en Afrique en général, il est cultivé pour l’alimentation humaine. De croissance rapide et facile, il présente de nombreux atouts nutritionnels.

Selon une publication de l’Agence pour la recherche et l’information en fruits et légumes (Aprifel), le maïs se présente avec 73,40 g Eau, 18,60 g Glucides, 2,40 g Fibres, 0,79 mg Vitamine B5, 23 mg Vitamine B9. Le maïs est également riche en lipides et en protéines. Ces aliments ont un apport nutritif considérable. Le maïs a l’avantage d’être une céréale plus facile à conserver contrairement aux tubercules. Par rapport à ses principes agronomiques, renseigne le www.ongzoneverte.org, aucune autre culture céréalière n’utilise la lumière du soleil de façon aussi efficace que le maïs et son rendement par hectare est le plus élevé des cultures céréalières et avoisine les 10T/ha dans certaines régions.

Fluctuation des prix sur le marché

Le maïs peut être produit en toute saison, mais le choix de la période de production est important afin d’éviter une réduction importante de rendement. En saison pluvieuse, la période de production indiquée va du 15 juin au fin octobre au Bénin. Au Sud-Bénin, la période indiquée va du 15 mars à mi-juillet. Au cours de la semaine du 26 juillet au 1er août 2021, renseigne l’INSAE, les prix du maïs séché en grains ont connu une baisse dans toutes les villes sauf dans la ville de Parakou, où les prix du produit sont en hausse. La hausse des prix du produit s’explique par les spéculations dans les marchés, tandis que la baisse des prix se justifie par la disponibilité du produit sur les marchés.

Filière à grande importance socio-économique considérable

 Deux principales variétés de maïs, à savoir la variété blanche et la variété jaune sont couramment utilisées pour la préparation. Le maïs est comestible sous plusieurs formes. Le maïs est, en effet, parmi les produits vivriers du pays, celui qui fait l’objet du plus grand nombre de transformations alimentaires : une quarantaine de produits en dérivent, précise la FAO. Le maïs est consommé sous des formes  fermentées ou non fermentées : épis grillés ou bouillis, pâtes (owo, akassa, lio, mawè, ablo), couscous, bouillies, beignets, gâteaux, etc. Une partie de la production de maïs est aussi consacrée à la fabrication de bière (chakpalo). La filière artisanale du maïs présente donc, selon la publication, une importance socio-économique considérable au Bénin.

Fênou-Amba OLOU (Coll) & Prince Thomas BAMIGBOLA (Stag)

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