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Bénin/PADéFiP : Les pisciculteurs et techniciens des ATDA du Zou outillés sur les systèmes piscicoles

Dans la mise en œuvre de ses activités, la Composante 2 du Projet d’Appui au Développement des Filières Protéiniques (PADéFiP), accorde une importance au renforcement des capacités de ses bénéficiaires. A cet effet, il a été organisée une formation à l’endroit des pisciculteurs et techniciens de l’ATDA 5 sur les systèmes piscicoles et densité d’élevage.  C’était du 29 septembre au 1er octobre 2021 à Covè sur le Site de Séraphin Bokossa, pisciculteur clé de la commune. La formation a été officiellement lancée par Cossi Dénis Agandan, Coordonnateur du PADéFiP.

‘’Être en mesure d’identifier et d’implémenter les systèmes d’élevage piscicoles adaptés à son contexte socio-économique’’ ; c’est la quintessence de cette formation qui a réuni les acteurs de la famille piscicole du Zou, venus des neuf communes, ATDA et coopératives piscicoles du département. Sur ce, les participants ont eu droit entre autres à des rappels sur les principales espèces retenues pour la pisciculture ; des présentations sur les avantages et inconvénients liés aux différentes structures et systèmes piscicoles adoptés notamment les systèmes : extensif et semi-extensif ; semi-intensif et intensif.

Avec une approche participative basée sur l’andragogie, les communications et discussions ont permis aux participants non seulement de découvrir les exigences de chaque système piscicole en termes de densité, alimentation/nourrissage et suivi-technique mais aussi les possibilités qu’ils offrent en ce qui concerne les rendements. 

De nouvelles perspectives s’ouvrent…

Dans un contexte où seuls les systèmes intensifs sont promus auprès des pisciculteurs pour la plupart sans fonds de roulement conséquent, cette formation a ouvert l’horizon aux participants qui, pour la majorité, découvraient d’autres façons de valoriser leurs étangs. Il faut noter que cette thématique a été retenue à dessein suite au diagnostic initial réalisé par le personnel clé de la composante en 2020. Ce diagnostic a en effet, relevé que près des 2/3 des pisciculteurs du Zou et des Collines n’étaient plus en production du fait de l’inadéquation des systèmes exploités avec les conditions de marché et les exigences en fonds de roulement notamment pour l’achat des provendes importées. Comme le témoigne Dénis  Fanou pisciculteur à Zâ-Kpota.  

« Cette formation nous a ouvert les yeux. Comme moi, nous sommes nombreux à avoir 5 à 10 étangs qu’on n’est pas capable de faire fonctionner à cause de notre faible capacité financière. Nous ne savions pas qu’on pouvait les valoriser avec les systèmes extensifs et semi-intensifs en y mettant un peu d’alevins et de fertilisants…Si on peut récolter jusqu’à 80 kg de poisson dans un étang de 200m2 juste avec de la fertilisation, alors pourquoi ne pas combiner les systèmes sur nos sites ; pourquoi abandonner nos étangs au comblement comme nous le faisions jusque-là ? Désormais, nous savons que pour la durabilité de la pisciculture, chaque pisciculteur doit opter pour le système qui correspond à ses capacités financières. Ceux qui sont capables d’investir dans l’achat d’aliments extrudés peuvent le faire tandis que les moins nantis comme nous, peuvent aussi continuer à élever le poisson en restant cohérents avec leurs conditions. »

Au-delà des systèmes d’élevage, la formation animée par Fidèle Sossa , spécialiste de la filière piscicole du groupement APDRA-AquaDeD-Iram, a été aussi l’opportunité de discuter de quelques outils de suivi (GMQ, rendement, pêche de contrôle…), des approches innovantes de détermination des densités basées sur les objectifs de production ou encore des contraintes des pisciculteurs notamment en ce qui concerne le marché d’écoulement.

Par ailleurs, en attendant la deuxième session de cette formation au profit des pisciculteurs du département des Collines, prévue pour se tenir du 04 au 06 octobre 2021 à Dassa-Zoumè, notons que les pisciculteurs éligibles bénéficieront par la suite des subventions en infrastructures piscicoles (SIP/PADéFiP) de la part du Projet.

Quid du PADéFiP

La République du Bénin, à travers le Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche (MAEP), bénéficie d’une subvention de l’Agence Française de Développement (AFD) pour financer la mise en œuvre du Projet d’Appui au Développement des Filières Protéiniques (PADéFiP) dont l’objectif global est de contribuer à l’augmentation des revenus des producteurs du Centre du Bénin ainsi qu’à l’accroissement de la disponibilité en protéines accessibles financièrement en milieu rural. Le PADéFiP est structuré en 3 composantes à savoir : (i) Composante 1 : Appui à l’essor de la filière soja, (ii) Composante 2 : Appui au développement de la filière piscicole continentale et (iii) Composante 3 : Gestion du projet.

Avec une maîtrise d’ouvrage assurée par le MAEP, la planification, la mise en œuvre et le suivi de la composante 2 sont confiés au Groupement « APDRA-AquaDeD-Iram » dont l’action doit notamment permettre de : (i) accroître durablement la production piscicole par l’extension et le renforcement du système de pisciculture continentale paysanne et en promouvant au niveau des pisciculteurs des innovations technologiques adaptées, (ii) mettre en place et/ou renforcer des organisations de pisciculteurs afin qu’elles puissent offrir des services de qualité à leurs membres, (iii) professionnaliser les pisciculteurs par l’accès à un encadrement technique efficace des pisciculteurs, à un suivi régulier de leurs exploitations et à des moyens financiers pour le développement de leurs exploitations, (iv) faciliter l’accès des populations des 2 départements ciblés  (Zou et Collines) aux sources protéiniques à moindre coût.

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