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Levée de la mesure interdisant l’exportation des produits vivriers : Peines et joie des Béninois

En sa séance du Conseil des ministres ce mercredi 06 octobre 2021, le gouvernement du Bénin a levé la mesure interdisant l’exportation des produits vivriers. Pour le gouvernement, «… à la faveur des premières récoltes, il se trouve que la disponibilité des vivriers s’est accrue et les prix maîtrisés». Une décision diversement appréciée …

Les prix des produits vivriers ont-ils pour autant baissé ? C’est, entre autres,  l’interrogation qu’a soulevé la levée de la mesure interdisant l’exportation des produits vivriers par le gouvernement. Le constat, en effet, au marché Dantokpa, le plus grand de l’Afrique de l’Ouest, ce jeudi 7 octobre 2021, laisse confus quant à la  nouvelle donne. Avec le prix du Kilogramme (kg) du Haricot (Blanc et rouge) respectivement à 900 F Cfa et 600 F Cfa, du Soja à 600 F Cfa, du maïs à 250 F Cfa, de l’huile (d’arachide locale et rouge ‘’zomi’’) respectivement à 1000 et 1200, on se perd dans la décision du gouvernement. Le mil et le Sorgho, maintiennent la balance avec aussi des coûts élevés. Au point où, à l’arrivée, seuls les acteurs applaudissent des mains. Chez l’acheteur pas grande chose à se mettre sous la dent. “Malgré l’interdiction, je n’ai réellement pas constaté de baisse au niveau des prix. Qu’on la lève, pour moi, c’est du pareil au même”, confie dame N. G rencontrée au marché. Pour celle-là qui vient s’approvisionner en gros à Dantokpa afin de revendre ses articles dans sa boutique de vente à Godomey, avec la levée, la flambée actuelle va s’accentuer.

Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, d’un autre côté, le gouvernement est porté en Triomphe. «Voyez comment mes tomates pourrissent…avec cette décision,  la situation sera désormais maîtrisée. Les bonnes affaires vont pouvoir reprendre», jubile une vendeuse en gros de l’or rouge même si, en général, sur nombre de visages, la nostalgie du temps où le Béninois pouvait s’offrir son gari à 250 le Kg, de même que le haricot, etc, se lisait. C’est dire que, certes, la reprise normale des transactions commerciales est désormais actée mais, le défi demeure intact.

Mais au-delà, l’autre interrogation que des observateurs se posent est de savoir, ce qu’est finalement advenu ou qu’adviendra-t-il des arrestations de produits supposés destinés à l’exportation? La question reste tout entière.

Pour rappel, le Conseil des Ministres, en sa séance du 16 juin 2021, avait instruit le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche ainsi que le Ministre de l’Industrie et du Commerce, de veiller à empêcher la sortie incontrôlée de produits agricoles, en raison de la flambée des prix des denrées alimentaires de première nécessité. Une situation que le gouvernement justifiait par la rareté des pluies et la vente des productions agricoles béninoises aux pays voisins par des agriculteurs à la recherche du profit. Dans la foulée, il va s’en suivre une guérilla contre les contrevenants. Plus de 3000 sacs, soit plusieurs centaines de tonnes de vivres en partance pour l’extérieur sont arraisonnées. «Ce qui permet aux Béninois d’avoir les produits disponibles et de dépenser moins par rapport à ce qui se passe dans les autres pays», a confié Alimatou Shadiya Assouman, Ministre de l’industrie et du commerce. Quant au sort réservé aux vivres saisis, le Ministre de la décentralisation et de la gouvernance locale, Raphaël Akotegnon, par courrier adressé aux Préfets des départements, et ‘’pour éviter que les produits saisis ne pourrissent” et “Déférant aux instructions du Président de la République, a décidé par la suite de la vente de ces produits vivriers et intrants agricoles saisis par les commissariats, avant d’y surseoir des jours après.

Fênou-Amba OLOU (Coll)

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