Actualités

Consommation de la pâte de Lafou à Kétou: Plus qu’un aliment, une tradition

D’une utilité socioéconomique, la pâte de Lafou, pâte faite à base de farine de cossettes de manioc obtenue après séchage de la pulpe fermentée de manioc, occupe une place de choix dans l’alimentation de la population kétoise. Immersion


Des glacières hermétiquement fermées pour garder le lafou à chaud, ça cours les quartiers, les rues, les vons et même les maisons à Kétou. S’il y a bien un aliment le mieux consommé à Kétou, c’est sans doute, la pâte de lafou. Dites à quelqu’un qui connaît Kétou que vous vous y rendez et il vous dira sans cogiter : «veuillez bien me ramener du lafou». Le lafou, il est si important qu’il est rare de trouver un individu, qu’il soit autochtone ou étranger du milieu qui n’en prenne pas. « Je suis sûr qu’ici, à Kétou, tout le monde mange le lafou», déclare, tout souriant le jeune élève Israël rencontré dans une rue à Kétou.
La valeur accordée à l’aliment a conduit à l’initiation, au nom de tous les fils de Kétou d’une fête identitaire dénommée :”fête de lafou”. Mais en raison du manque d’organisation, la fête n’a toujours pas une fréquence de célébration. « Pour la fête de lafou, le problème c’est qu’il n’y a pas un calendrier établi en bonne et due forme. Des fois, on en fait même une affaire politique. Il y a également les questions de leadership qui freinent tout autant le processus. La dernière fête de lafou date, par exemple de 2017», nous apprend Emmanuel Arobatan, journaliste à Radio Alakétou.


Apport économique non négligeable !


Le commerce de lafou est rentable. Produit et consommé à Kétou, le lafou est également commercialisé dans les grands marchés en l’occurrence, Dantokpa à Cotonou et même hors des frontières béninoises, au Nigéria. Pour plusieurs dames, vendre du lafou n’est pas source de richesse mais, ça permet quand même de subvenir à quelques besoins vitaux. «Sur une bassine de lafou vendue, je me fais au minimum 2000f de bénéfice. Ça me permet de manger et aussi d’épargner de l’argent», confie Arikè, une vendeuse de lafou. Quant aux acheteurs, c’est intéressant vu ce que ça leur coûte, une boule de lafou. En effet, il suffit de posséder la maudique somme de 25fcfa pour se procurer la boule de lafou et ce, même en saison sèche où le manioc se raréfie dans le milieu, causant une flambée du prix du sac de manioc. Selon Diane, une autre vendeuse, «pendant la saison sèche, le sac de manioc devient cher. Par exemple, dans un passé récent, un sac de manioc se vendait encore entre 1500 F Cfa et 2000 F Cfa. Mais aujourd’hui, on l’achète à 7000F Cfa». Face à cette hausse brusque du prix de la matière première en période post-pluviale, les dames ont leur astuce. «À ce moment, on diminue raisonnablement la quantité par boule», a-t-elle ajouté.

Diabétique, s’abstenir


À ce sujet, tout prouve qu’il faudra encore pousser les recherches mais, il faut déjà dire que les diabétiques ont du souci à se faire. En effet, la pâte de manioc dont-il s’agit n’est pas connue de tous à l’instar de la pâte de maïs. Elle n’a donc pas encore fait l’objet, contrairement au gari d’une étude scientifique approfondie de la part des spécialistes de la nutrition. « Je ne connais pas d’effets secondaires liés à la consommation de lafou », avoue Docteur Funkè, médecin cheffe du centre de santé de la commune de Kétou. Même si elle ignore les effets secondaires que pourrait avoir la consommation du lafou, elle reconnaît par ailleurs le danger que cela constitue pour les personnes souffrant du diabète. « Il est surtout interdit aux diabétiques d’en prendre. Puisque c’est 100% d’amidon dont la transformation ne donne que du sucre », explique-t-elle.

Prince BAMIGBOLA (Stag)

Partager
Publicités

Publications similaires

Laissez un commentaire